09/04/2009

1.1.5 Hydronymie

1.5 Hydronymie / Noms dès ruchês èt soûrdants (ruisseaux et sources)

 

1.5.1 Hydrographie

Plusieurs ruisseaux parcourent la localité. Le plus important est "li ruchê d’ Borci" (le ruisseau de Bourcy) qui prend sa source au nord de la ligne de chemin de fer (direction Michamps) traverse le bas du village derrière les maisons Krack et Abinet, dans les prés "su l’ pachis" ou "pré Colas", traverse la route de Noville où se trouvait jadis le lavoir, et continue sa course dans les prés appelés "Clôs Robêrt", où de mémoire d'homme à toujours existé une source qui n'a  jamais tari, même pendant les années de plus grande sécheresse (Le propriétaire actuel y a aménagé un étang.)

(p.2) Le ruisseau se trouvant gonflé par l'eau de la dite source, ainsi que par celle des petites ramifications de ruisselets situés de part et d'autre, continue son chemin en serpentant dans les champs jusqu'au lieu-dit « â Vèvî », vivier, où jaillit également une source très importante, et où, jadis, était situé le moulin de Bourcy, « li molin Houmèn’ ». En suivant la vallée en méandres (…), il descend ensuite vers Hardigny en contournant le rocher.                                

Jadis, un étang, actuellement comblé, se trouvait dans une prairie située à gauche dans le sens de la montée du chemin, alors chemin principal de Bourcy menant vers Moinet, derrière la maison Lifrange-Baltus. L'eau s'en écoulait en dévalant les prairies pour rejoindre dans le bas « li ruchê d’ Borci ».                                                                                                           

Entre Bourcy et Moinet, jaillissent également de nombreuses sources dont plusieurs sont situées dans les environs du « Bwès do Méstèr » (« Bois du Maister »). La Woltz le plus important ruisseau descendant vers le Grand Duché et le « ruchê d’ Monfwè » (« ruisseau de Monfoi ») qui prend sa source derrière la scierie actuelle, descend jusqu'aux « vèvîs Macâr » (les étangs « Macar ») et rejoint la Woltz.                                                                     

D'autres ruisseaux prennent aussi leur source entre Bourcy et Noville aux environs de l'ancienne voie romaine et elles alimentèrent jadis un grand vivier. (Octave,1973)

 

 

1.5.2 La Wiltz, les Wiltz, la Woltz

 

Certains auteurs affirment que le nom propre du ruisseau ou de la rivière "Wiltz, Woltz" a son origine dans le mot celtique "bialt", ce qui signifie "eau".(1) D'autres le mettent en relation avec le mot latin "vadum" qui signifie "gué", donc passage à travers l'eau. D'aucuns même suggèrent sa parenté au mot latin "villa", demeure d'un citoyen romain aisé.

Quoi qu'il en soit, dans le secteur compris entre Bastogne et Tavigny du côté belge, Bavigne et Basbellain dans le nord-ouest du Grand-Duché actuel, il y a quatre courants qui portent le nom de Wiltz, Woltz ou Weltzerbaach. Le plus grand et le plus connu est le ruisseau qui prend sa source à l'ouest de Bastogne (Hemroulle, Savy sur la ligne de partage des eaux des bassins rhénan et mosan) et au sud de Bastogne (ruisseau de Wachenaule, dans le bois d'Hazy).

La Wiltz, après un parcours de quelque 10 km du côté belge, entre au Grand-Duché entre Benonchamps et Schleif pour se jeter, après 35 km d'itinéraire dans les Ardennes luxembourgeoises, dans la Sûre à Göbelsmühle. Sur son parcours, elle touche les localités de Schleif, Winseler, Wiltz (Niederwiltz, Weidingen), Merkholtz-gare, Kautenbach et Göbelsmühle. D'ailleurs son parcours est suivi fidèlement - quelques rectifications et tunnels mis à part - par l'ancienne ligne de chemin de fer Bastogne - Benonchamps - Wiltz - Kautenbach - Göbelsmühle.

Son débit régulier, comportant bien sûr les variations annuelles dues à la fonte des neiges en hiver et aux périodes de sécheresse estivale, fait que la Wiltz se prête bien à l'installation de moulins à eau, indispensables à l'époque pour le farinage et, par endroits, pour le concassage de l'écorce de chêne utilisée pour le tannage des peaux. Les eaux de l'Ardenne sont très pauvres en calcaire, elles se prêtent bien à cet usage. Ce qui explique la présence de nombreuses tanneries avec Wiltz comme centre de gravité.

Le second par ordre de grandeur est le cours supérieur de la Clerve, qui prend sa source dans les "Sauerwisen" au-dessus de Huldange, et qui, augmenté de plusieurs petits affluents, passe par Trois-Vierges et descend vers Clervaux, où elle change de nom pour continuer comme "Clerve, Kliäreff " vers Kautenbach pour s'y jeter dans la "Woltz I" et continuer avec elle jusqu'à Göbelsmühle, pour y perdre son identité dans la Sûre.

Un des affluents de la Woltz II, la Trëtterbaach, a son origine en Belgique où, sous le nom de "Woltz", donc la Woltz III, il prend sa source à l'est de Bourcy, pour se faufiler à travers les maigres pâtures du plateau. Au passage de la frontière, la Woltz devient la Trëtterbaach, qui continue vers Troine (Tratten), Neimillen, Leresmillen, Aasselburermillen, Sassen et disparaître dans la Woltz, la future Clerve.

Enfin, il existe un petit ruisseau du nom de "Weltzerbaach", donc la Woltz IV, qui prend naissance au-dessus de Berlé et descend vers Bavigne au-dessous du Buergknapp au sud de Berlé et descend dans l'étroite vallée de la Béiwenerbaach qu'il rejoint pour nourrir le lac de Bavigne en amont du lac de la Haute-Sûre.

Joss Scheer.

 

(1) Voici l'explication donnée par Jean DEGRAVE

"Les Celtes en Luxembourg. Les noms qu'ils ont laissés" (Vie Archéologique, n° 62, 2004, p.33) "II y a peut-être un élément celtique dans le nom ancien supposé *wil-isa :

Ø      *wel.-/*wil, est une racine germanique au sens de "jaillir" et

Ø      *isa, une racine celtique, "eau, rivière". Nous aurions la "rivière jaillissante"."

 

(in : André Robert, Le moulin de Benonchamps (Vallée de la Wiltz) et autres moulins d’Ardenne, Cercle d’Histoire de Bastogne, 2007, p.106)

22:08 Écrit par justitia & veritas dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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