09/04/2009

2.1.1.3 Anècse / annexe ; 2.1.2 Fontin.nes / fontaine

2.1.1.3 Annexe  2 (Octave, 1988, 23-24)

 

Comme anciennes fermes, citons les maisons GLESNER (1834), ZABUS, OCTAVE, KRACK, LIFRANGE, OCTAVE-DEUMER (détruite par un incendie en 1958).

Le linteau de la porte d'entrée de cette dernière portait, gravé, le millésime de 1843, avec monogramme du Christ (I.H.S.) tradition de l'époque.

On construisait souvent des extensions aux maisons du type "Marie-Thérèse", comme la ferme DUPLICY-HARTMAN et le château-ferme, en y ajoutant des bâtiments en équerre.

 

Les maisons implantées dans la rue qui contourne l'église forment un ensemble d'une structure particulière, tout comme avant la guerre, la rue "du ministère".

C'est une remarquable image des maisons d'autrefois, maisons d'ouvriers ou de petits agriculteurs. On voit les maisons appuyées les unes contre les autres, comme pour s'épauler l'une l'autre.

Les limites individuelles étaient précédemment fixées par le mode de vie ou par la relative pauvreté de chacun.

 

La station de chemin de fer est devenue rapidement un pôle attractif; les maisons se sont construites aux alentours de la gare pour s'étendre de plus en plus.

 

Les bâtisses sont plus récentes au-dessus du village. Avec l'évolution de la construction, tout pousse à bâtir en moellons et en briques. Ce n'est plus la paysannerie. Ce sont d'abord les commerçants, les artisans qui gagnent leur vie dans la proportion où les autres chefs de famille gagnent la leur. Tout défaut de rentabilité de l'agriculture a sa répercussion sur l'artisanat, à tel point que des métiers artisanaux disparaissent, là où les exploitations agricoles diminuent ou ne sont plus prospères.

 

La physionomie générale se maintint jusqu'à la dernière guerre. Mais à l'offensive Von Rundstedt, les bombardements de l'artillerie et de l'aviation américaine n'épargnèrent pas le village, qui fut détruit en grande partie.

 

Quelques rares témoins subsistent, mais les bâtiments recons­truits ne se réfèrent plus tellement aux modèles traditionnels. La reconstruction a modifié à la fois la structure du bâtiment et son aménagement intérieur.

 

On assiste à une amorce de renversement des tendances de l'habitat. Le ralentissement de l'exode rural, lié au dévelop­pement de l'automobile et des facilités de déplacement vers les centres d'emploi, conduit à la construction dans le voisinage direct du village.

L'espace bâti  s'étend rapidement, selon les prescriptions urbanistiques des plans de secteur. La maison est l'expression fonctionnelle de la vie, donc le résultat d'une architecture nouvelle.

A longue échéance, s'effectue ainsi le lent remplacement de la population rurale par une autre société semi-urbaine, proche de Bastogne en plein développement, et à proximité du Grand-Duché qui offre des emplois à une nouvelle génération animée de besoins et de désirs  nouveaux, génération que nous pourrions appeler les nouveaux résidents.

 

 

2.1.2 Fontaines / Fontin.nes (Octave, 1988, 14-17)

 

(p.14) L'homme s'est toujours trouvé sous la dépendance de l'eau.  Les occupations de nos ancêtres ont été centrées autour des points d'eau, pour le ravitaillement en eau potable, l'abreuvage des bestiaux et le lessivage du linge.

Les fontaines et les sources constituent les premiers captages d'eau que les hommes aient aménagés.  Nombreuses sont les sources à Bourcy. Notre ancien médecin ne disait-il pas : "Le fond du village est malsain parce qu'il a les pieds dans l'eau".

 

Diverses sources étaient aménagées en fontaines publiques Certaines maisons privées combinaient les prélèvements aux sources avec l'utilisation de pompes alimentées par un puits.

Une borne-fontaine se trouvait installée jusqu'à la guerre de 1914-1918 au coin de la maison Haan.

Une fontaine avec   abreuvoirs, dénommée "La Jaquette", toujours entourée d'une   surface boueuse, était située dans le fond du ravin, entre la   maison Schaak et Reimester.  Elle est maintenant complètement comblée.

Une autre fontaine située à proximité des soubassements de l'entrée de l'église, alimentait les voisins en eau potable et servait régulièrement d'abreuvoir aux bestiaux.

Une autre encore, au carrefour des rues, au voisinage de la maison Krack : fontaine, double abreuvoirs et bac pour le rinçage du linge.

Le lavoir public est un élément caractéristique du paysage campagnard d'autrefois.

Celui situé sur la route de Noville, petit bâtiment en contre­bas de la route datant de la fin du 19e siècle, fut vraiment le lavoir public de l'agglomération, fruit d'une nécessité de 1'époque.

(p.15) Ce lavoir public contenait deux grands bacs en pierre calcaire, que l'eau traversait successivement, un orifice permettant l'écoulement des eaux usées.

Le battage du linge s'effectuait sur de belles dalles en pierre, épaisses, lisses et inclinées. Sur toute la longueur des bacs se trouvait une grosse planche en bois permettant aux ménagères de s'agenouiller et diminuant ainsi leurs courbatures (au lavoir près de chez Krack, on travaillait debout).

Les ménagères venaient terminer la lessive au lavoir, où régnait une animation bruyante au rythme des battoirs et ... des langues.

Ce lavoir était déjà désaffecté depuis plusieurs années avant la guerre, sans doute par un abaissement des eaux des nappes aquifères, par abandon de l'intérêt des pouvoirs publics et par l'arrivée des machines à laver sur le marché. Il fut complètement anéanti à la contre-offensive des Ardennes .

Comme suite à l'installation des égouts en 1988, une station d'épuration des eaux usées  a été construite sur l'emplacement de l'ancien lavoir.

(p.16) Ci-dessous, un ancien petit bâtiment disparu qui se trouvait sur l'actuel emplacement du parking de l'église. Cette bâtisse originale cachait à l'intérieur une grande pompe. Le puits se trouvait à droite sous une large pierre de schiste; sur la gauche, il y avait un grand bac fait, lui aussi, de quatre pierres schisteuses. La même construction se trouvait dans la cour Octave-Zévenne-Glesner.

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(p.17) Le puits Maquet se trouvait sous un gros noyer, au bout de la rue derrière l'église et donnait une eau potable très froide.  Il est probable qu'elle provenait de couches assez profondes, car même dans les années de grande sécheresse, l'eau était toujours constante.

Au coin de l'ancienne "rue du ministère", un autre puits approvisionnait la rangée de ces anciennes petites maisons occupées longtemps par les familles Jengout, Ehlen, le facteur Denis, la laiterie Excelsior de Noville, l'ancienne école des filles et le logement de l'institutrice.

Presque toutes les maisons du haut du village possédaient qui un puits, qui une pompe, pour ses besoins. Les margelles de ces puits étaient surmontées d'un encadrement en bois muni (d'une petite porte. Il suffisait de faire descendre un seau attaché à une chaîne et, à l'aide d'une manivelle, de le faire remonter à la surface.

L'avènement de la distribution d'eau à domicile en 1966, a rapidement effacé tous ces vestiges.

Les puits et les fontaines ont été comblés et démolis sans pitié.  Il faut reconnaître qu'on ne peut toujours maintenir en place des équipements qui ont perdu leur raison d'être.

S'approvisionner en eau, porter le lait à la laiterie, nécessitait l'utilisation d'un matériel approprié.  Nous rappelons que l'on se servait d'un porte-seaux, appelé aussi "palanche" (hârkâ) qui répartissait la charge en même temps sur les deux épaules.  Cet outil simplement taillé dans un bloc de bois, portait une échancrure destinée à recevoir la nuque, tandis que la partie creusée s'adaptait aux épaules; les chaînes rivées aux deux bouts supportaient les seaux qui se trouvaient ainsi placés des deux côtés du porteur.

14:31 Écrit par justitia & veritas dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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