09/04/2009

2.1.4.2-2.1.4.4 Anècses / annexes

2.1.4.2 Annexe 1 (Octave, 1988, 32 ; 37 & sv.)

 

L’église (p.32)

 

La toute première chapelle de Bourcy aurait été construite croit-on, au XIème siècle par les soins de WALERAN, seigneur de Bourcy.

La chapelle était orientée tout différemment. Comme dans la plupart des églises anciennes, le choeur se trouvait à l'est de manière que le prêtre à l'autel regarde l'Orient, en souvenir du prophète Zacharie qui annonçait l'HOMME, dont le nom est "ORIENT". Aujourd'hui, on ne tient plus compte de l'orientation.

Ci-dessous, le plan de la chapelle de Bourcy avant 1860. L'entrée se trouvait sur le côté. La nef avait une longueur de 11,15 m sur 7,50 m de large.

 

(p.34) Le premier oratoire fut vraisemblablement de dimensions fort modestes. Il fut remplacé par une église plus importante vu l'accroissement sensible de la population.

En effet, on procéda en 1864, à l'allongement de la chapelle et à la construction d'une tour.  Là, se trouvait, comme dans la plupart des églises de l'époque, les cordes pour la sonnerie régulière des offices, de l'angélus, du glas.

Les églises et les chapelles étaient restaurées grâce à la contribution des villageois. Ainsi, pour cette restauration, 8.000 frs furent répartis entre la veuve Maquart, André Weynandy, Henri Barthélémy, la veuve Octave, de Bourcy et, Frederick Lambert, J. Jacquemin, Jean Passau de Michamps (1).

(p.38) D'après les études remarquables de M. Louis LEFEBVRE sur l'église St Pierre de Bastogne (1), la voûte de la chapelle fut décorée en 1530/par un peintre de renom, RENADIN DE WICOURT; celui-là même qui décora, par une même technique, les voûtes de l'église de Bastogne. Ce peintre était le fils de PIET PIRON DE WICOURT, maire de Bourcy à cette époque (2).

On a reconnu dans le décor des fresques, des scènes de l'Apocalypse d'après le dernier livre de St Jean 1'Evangéliste, avec de longs textes bibliques; c'était l'enseignement par l'image, tel que l'avait conçu le moyen-âge pour des gens illettrés.

Nous espérons que L. LEFEBVRE satisfera bientôt l'intérêt de chacun, par ses études approfondies et plus compétentes sur ce sujet.

La clef de la voûte centrale de l'ancien choeur porte l' écusson aux trois coquilles des seigneurs de Bourcy. Au croisement de nervures, on trouve 1'écusson de la famille de BEURTHE et celui de la famille de GRUMELSCHEID, toutes deux apparentées à la famille de STEINBACH, dont le dernier repré­sentant Jacques J. de STEINBACH décéda à Bourcy le 13-03-1809, (les pierres tombales sont toujours visibles dans l'ancien choeur) .

Toujours   d'après les études de L. LEFEBVRE, le 4ème motif sur la nervure   du bas, représenterait 1'écusson du sculpteur

JAN DE KIBURG.   Ce même motif se retrouve dans l'église de Bastogne et, très visible, dans le choeur restauré de l'église d'Asselborn.

On suppose que   la voûte de la nef centrale était également décorée.

'"Par Arrêté Royal du 20 novembre 1972, le choeur de cette ancienne chapelle fut classé par la Commission des Monuments et des Sites, en raison de sa valeur historique et artistique.

Par autorisation du 7 août 1985 (2), la s.a. Bajart de Floreffe a débuté les travaux de restauration extérieure du choeur de la chapelle, le 1er septembre 1986. Le mauvais état de la charpente de la toiture et des parties supérieures des murs, très irréguliers, retarda la poursuite des travaux, vu les frais supplémentaires imprévus que cela entraînait.

 

(1) A.I.A.A. - Années 1970/71 pages 65-187-193.

(2) Ministère de la Justice - Administration des Cultes.

 

(p.40) Lors de la construction de l'église actuelle, il fut décidé de démolir l'unique nef centrale, tout en conservant d'un côté, le choeur de l'antique édifice et, de l'autre côté, la tour.

En 1908 (par A.R. du 7 juillet 1907), on commença la construction de l'église actuelle, qui chevauche littéralement l'ancienne. L'architecte respecta le style gothique, les deux nefs étant formées de voûtes sur croisées d'ogives, aux nervu­res apparentes, dans le style de l'ancienne église.

Elle fut inaugurée et consacrée solennellement en juillet 1911 par Mgr. HEYLEN.

(p.41) En 1938, on procéda à l'exhaussement de la tour, mais après les dégâts de la contre-offensive des Ardennes, elle fut de nouveau restaurée. On en profita pour y installer une nou­velle charpente à 3 cloches et le mécanisme de la sonnerie fut électrifié.

Une cloche, enlevée par les allemands pour l'industrie de guerre vers la fin de l'occupation, fut retrouvée dans la cour de la caserne de Bastogne.

Elle fut ramenée solennellement en cortège à Bourcy vers octobre 1944. L'abbé FAISANT et la population toute entière s'associa à son retour au bercail.

(p.44) Arrêtons-nous devant ce monument qu'on appelle église...

Il se distingue des autres maisons, son clocher dépasse les habitations voisines et son architecture est différente.

Les clochers ont été de bonne heure complétés d'une flèche, qui par son élévation attire les regards. Ils sont souvent terminés par une croix ou par un coq, parfois par les deux à la fois, comme à Bourcy, en guise de girouette. L'origine en est indécise.  Selon les uns, c'est pour rappeler la trahison de Pierre; selon d'autres, le coq serait le symbole de la vigilance du pasteur.

L'église n'est pas une maison ordinaire; dès qu'on y entre, on éprouve une impression de calme de recueillement. Ce lieu qu'on appelle "église" signifie "assemblée", lieu où l'on s'assemble pour prier.

Devant la porte des premières églises, existait une fontaine pour se laver les mains avant d'entrer. Cet usage fut remplacé par les bénitiers situés à l'intérieur. Après le porche, on trouve de chaque côté, un bénitier en pierre bleue. L'eau bénite est le symbole de la purification, un acte de foi.

(p.46) Avant la guerre, le retable en bois du maître-autel com­prenait deux petites niches dont l'une abritait la statue de St Jean 1'Evangéliste et l'autre, St Antoine de Padoue.

Le grand autel ou maître-autel est de beaucoup simplifié depuis la reconstruction. Il est surmonté du Christ en bois qu'on peut attribuer au XVIème siècle et qui se trou­vait dans l'ancien cimetière. Il fut placé au-dessus de l'autel par les soins de l'abbé SCHARTZ.

Les vitraux de l'après-guerre sont de facture moderne.

Le mot "autel" vient du latin "altare" signifiant "chose élevée".  Il est ordinairement surélevé de plusieurs marches. Dès l'origine du monde, les hommes ont élevé des autels pour offrir des sacrifices. Le premier autel fut la table du Cénacle Ce souvenir fait maintenir à nos autels la forme d'une table.

Actuellement, l'autel est à l'avant du choeur. Le prêtre dit la messe face aux fidèles, au centre de l'assemblée.

Depuis quand ce changement ? Depuis les années 1962-1965. En effet, à la fin d'une semaine de prières pour l'unité des Eglises, du 18 au 25 janvier 1960, en l'église St Paul Hors-les-Murs à Rome, le Pape Jean XXIII eut comme une inspiration. Il décida alors la préparation d'un Concile oecuménique pour l'unité des Eglises (Vatican II). Le premier résultat fut la réforme de la liturgie . On en est donc revenu à la langue vivante, plus compréhensive pour tous.

Un concile dure plusieurs années. Il se fait par étapes. Après le décès du Pape Jean XXIII, le Pape Paul VI, le continua et définit ainsi bien d'autres réformes, entre autres, la messe dite face au public, la suppression du banc de communion, de la chaire à prêcher, la simplification du baptême ..etc...

En un mot, c'est le "retour aux sources".

 

(p.48) L'église compte deux autels latéraux.

 

L'autel du Sacré-Coeur se trouve à droite. Sur celui-ci se trouve également la statue de St Joseph. St Joseph n'est l'objet d'un culte que depuis le 19e siècle, depuis qu'il a été proclamé patron de l'Eglise universelle.

Du côté gauche, l'autel de la Vierge, une statue habillée et la statue de N.D. de Lourdes.

Les païens honoraient leurs divinités par des lumières alimentées d'huile ou de cire. Les chrétiens s'en servirent également. Au 16e siècle, la pratique devint universelle et de nombreux conciles exigèrent qu'une lampe brûle jour et nuit, pour un rappel aux visiteurs.  Des tolérances plus larges s'étendent actuellement à d'autres luminaires modernes .

La table de communion signifiait la table de l'égalité, de la fraternité, riches ou pauvres.  On en est revenu aux premiers temps de l'Eglise, en s'approchant simplement du prêtre, la main nue. De ce fait, les bancs de communion ont disparu des églises.

En faisant le tour de notre église, on aperçoit contre les murs, les quatorze tableaux représentant les scènes de la Passion et de la montée au calvaire. Une tradition nous laisse entendre, que la Vierge à Jérusalem aimait parcourir la voie douloureuse suivie par son fils. Le Pape Benoit XIV contribua à propager cet exercice.

Nous voyons aussi diverses statues, dons émanant de familles de Bourcy : Jean-Marie VIANNEY, dit aussi le Curé d'Ars, patron de tous les curés et, du côté gauche, Ste Thérèse de l'Enfant Jésus et l'Enfant Jésus de Prague.

La chaire de vérité, artistement sculptée, est actuelle­ment déplacée de la nef centrale gauche.

Le mot "chaire" signifie "siège".  Jadis, 1'Evêque prêchait ordinairement assis sur un siège d'honneur, symbole de vérité. Suite aux réformes, le prêtre se tient dans le choeur face aux fidèles.  La chaire de vérité, les deux autels latéraux et les deux confessionnaux datent des années 1912.

 

Borcièglîje3
 

2.1.4.3 Annexe 2  (Octave, 1973, 79)

 

L'ANCIENNE CHAPELLE de Bourcy, déjà dédiée à saint Jean l'Evangéliste fut comme nous l'avons dit,  construite ou réédifiée en style ogival tertiaire, au XVIe siècle (1530), comme on peut encore le voir aujourd'hui. L'ancien choeur de l'édifice a été conservé lors de la construction de l'église actuelle.

Les sources pour l'histoire de la cha­pelle sont extrêmement pauvres; il n'existe à notre connaissance aucun plan ancien de l'édifice. L'ancien choeur dénote que la chapelle devait être de fort petite dimension, car il n'a qu'une petite profondeur sur une largeur de quatre mètres environ. Il y a une vingtaine d'années,  il servait encore de chapelle annexe. On effectua à plusieurs reprises des travaux de réparations,  de reconstruc­tion et d'agrandissement à ladite chapelle comme nous le trouvons ren­seigné dans certaines archives.  (1)(2)

En 1833, une adjudication fut faite pour une réparation du mur de la cha­pelle, on s'aperçut ainsi que les pierres étaient simplement jointes avec du mortier de terre.

En 1864, on procéda à sa réédification, c'est-à-dire à l'allongement et à la construction d'une tour. En effet, une demande d'autorisation de faire agrandir la chapelle fut introduite au ministère, le 19 novembre 1863 (3). Cette demande fut agréée et celui-ci alloua un subside de 6.500 frs, égal à celui que la  province allouait sur les exercices 1864/65. Le Conseil communal devait pourvoir au surplus de la  dépense. Celle-ci s'élevant à 21.326 frs, une partie des frais, soit 8.000 frs furent repartis par ca­tégories de fortune parmi les habitants de la  paroisse.

Naguère, dans le village, comme dans d'autres localités des Ardennes, les habitants participaient, non seulement aux frais de construction, d'entretien, de réparations de l'église ou du presbytère, mais ils devaient également participer aux travaux dans la mesure de leur possibili­tés, soit en faisant le trans­port, soit en tant que manoeuvres En 1870, suite à un don, on réalisa l'achat d'un nouveau che-min de croix en chromolithographie avec cadre en chêne(3). Le premier chemin de croix était en papier sur toile mince, l'humidité l'avait rendu méconnaissable.

 

(1) Arch. communales.

(2) Bul.Sté A.H.Liège T.I-I862

(3) Ministère de la Justice   (Adm.  cultes)

 

 

2.1.4.4 Annexe 3 (in : Ardenne et Famenne, 4, 1964, 154-156)

Un chef-d'œuvre en  péril : les voûtes peintes de l'église de Bourcy

 

Un grand périodique français, Archeologia. Trésor des âges, consacre une rubrique régulière aux « chefs-d'œuvre en péril ». Nous constituerons volontiers pareil dossier pour les monuments d"Ardenne et de Famenne qui courent de graves dangers... en souhaitant toutefois qu'ils soient peu nombreux.

Aujourd'hui, nous traiterons d'un authentique chef-d'œuvre, dangereu­sement exposé à une disparition prochaine et, en tout cas, fort négligé. Il s'agit des voûtes décorées de l'église de Bourcy. Puissions-nous attirer sur elles l’attention des Autorités compétentes qui auront le mérite de s'atteler à une tâche exaltante.

 

Les voûtes de l'église Saint-Pierre à Bastogne sont justement célèbres. Elles constituent un monument précieux de la peinture murale du XVIe siècle et de l'architecture au début de la Renaissance. L'édifice tout entier est « classé », particulièrement en raison de ses voûtes, lesquelles ont d'ailleurs été soigneusement restaurées après l'offensive des Ardennes.

On a la chance de posséder un monument semblable, mais de moindre superficie, à Bourcy. Ce sont les voûtes de l'église; non pas celles de l'église actuelle, qui date de 1908, mais celles du chœur de l'ancienne église. Ce chœur ancien a été conservé en raison d'une particularité de l'église moderne qui le chevauche littéralement et qui l'a « transformé » en chapelle latérale.

De l'église ancienne, déjà consacrée à St-Jean-Baptiste, ne subsiste donc que le chœur qui est l'objet de cette note.

Comme l'apprend une date gravée dans la pierre : il a été construit en 1530. Les surfaces libres entre les nervures des voûtes sont entièrement décorées par des peintures de cette époque. Ces peintures sont d'une technique apparentée à celle de Bastogne (scènes animées et végétaux stylisés), mais le thème traité est plus intéressant et certainement très rare à cette époque. Parmi des meubles liturgiques (autels, chandeliers, etc.) on voit des per­sonnages qui évoluent : rois, diables, fidèles, anges, tandis que de longs textes en caractères gothiques comblent les surfaces restées libres. On a reconnu dans ce décor, particulièrement animé, des scènes de l'Apocalypse.

On doit encore souligner l'intérêt que présentent à Bourcy, comme à Bastogne, pour les héraldistes comme pour les historiens, les blasons qui ornent les clefs de voûte. Ils ont appartenu aux familles nobles qui, au XVP siècle, ont contribué à l'érection du chœur ou de l'église.

 

(p.156) Quant au mobilier réuni dans la « chapelle », il constitue un ensemble remarquable qui tranche sur la banalité de la nef du XXe siècle. L'autel est du XVIIe s., mais la toile peinte du retable a été remplacée au XVIIIe s. par un tabernacle en bois. L'ancien tabernacle « gothique », en pierre, a été conservé à son emplacement primitif, dans le mur gauche du chœur. Il faut encore mentionner des crucifix anciens, une statue de St-Jean-Baptiste et cinq pierres tombales armoriées.

Actuellement on a plus ou moins isolé le dit chœur ancien du reste de l'église et on en fait un lieu de « débarras », alors qu'on en ferait aisément une sorte de petit musée abritant les souvenirs précieux de la vieille église et une œuvre d'art unique en son genre : les peintures du XVIe siècle. Il faut certes que le monument soit « classé » (avec son mobilier), mais il faut surtout que l'on procède à une étude préalable à la restauration des murs (à l'exté­rieur, un contrefort — dont le rôle est essentiel — nous paraît être sur la voie d'une dégradation totale).

Quant aux peintures des voûtes, elles demandent d'être rafraîchies et fixées car elles s'effacent progressivement. L'Institut national du Patrimoine artistique sera utilement consulté sur les techniques délicates à employer en pareille matière.

Si l'on craint le pire, c'est-à-dire l'anéantissement de la voûte, que l'on procède à un relevé par décalques et photographies en couleurs. D'autre part, nous souhaiterions voir un archéologue spécialisé faire une étude complète de cette œuvre et nous lui ouvririons volontiers les pages de notre revue.

Mais nous espérons encore que toutes les autorités locales, provinciales, et même nationales (comme la Commission des Monuments et des Sites) conjugueront leurs efforts pour que soit restauré et mis en valeur un monu­ment remarquable de notre patrimoine artistique.

 

A.G..

(in: Octave, 1973, 80:)

4Vôssûre

14:11 Écrit par justitia & veritas dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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