09/04/2009

2.1.4 Eglîjes èt tchapèles / églises et chapelles

2.1.4 Eglise et Chapelles / Èglîje èt Tchapèles

0003356

 

2.1.4.1 Etude de Robert Moërynck

(A l’ombre de Saint-Pierre, Les édifices religieux de la commune de Bastogne, MDLP 1998)

 

(p.137-159) 1) Les édifices publics

 

1.1  ) Bourcy, l’église Saint-Jean l’Evangéliste

(ancien chœur classé par A.R. du 20/11/1972) (…)

 

(p.140) De la chapelle originelle à l'église actuelle2

 

Plans A :    ±    1530

L'ancien choeur de l'église d'aujourd'hui constitue les seuls vestiges de la chapelle originelle. En 1860, Jean Louis VANDEWYNGAERT, architecte provincial chargé du projet de restauration de l'église (Voir plans B), note au sujet du choeur : [...] "le choeur dans son ensemble,'par sa voûte de pier­re, à nervures en saillie en forme de tors, lesquelles à leurs points d'intersection sont enrichies de clefs pendantes, ornées, éclairé par deux fenêtres à meneaux en pierre se rapprochant du style terciaire (sic) ou flamboyant, peut être considéré comme ayant été érigé à la fin du XVème ou tout au commencement du XVIème siècle. Les huit caissons que décrivent entre elles les nervures, sont peints à la détrempe, cette peinture retrace dans son ensemble, une partie des mystères des chapitres V et VI de l'apocalypse (de) St Jean est en partie très bien conservée. La hauteur de la voûte au niveau du sol est de 4,65". [...]

Plus loin dans sa description des lieux, VANDEWYNGAERT conclut "que le choeur formait, à son origine, la chapelle à l'usage du châtelain de Bourcy".

 

1.  La restauration du vieux chœur 3

"Le 11 juin 1973, le conseil communal de Longvilly décida la restauration du vieux choeur classé en 1972. L'auteur de projet était M. André DOMBAR, un architecte de la région liégeoise. Le projet dut subir plusieurs modifications imposées par la Commission royale des Monuments et des Sites avant d'être approuvé par le conseil communal de Bastogne, le 6 juillet 1984.

L'ouverture des soumissions s'est déroulée le 1er octobre 1984 et la S.A. BAJART, de Floreffe, a été désignée adjudicataire au montant de 2.924.936 francs. Les subsides sont de l'ordre de 60 % du ministère de la Communauté française et de 20 % de la province de Luxembourg.

Les travaux ont débuté le 1er septembre 1986 et ont été sérieusement retardés par des difficultés imprévisibles et concernaient la stabilisation de la voûte. Quand ces travaux de restauration seront termi­nés, on pourra procéder à la réfection des peintures de la voûte. Ce travail a été confié à un spécialiste lié­geois, M. Jacques FOL VILLE.

 

2.  Les peintures du chœur

2.1. Un trésor rendu à nos yeux

"Les travaux de restauration de l'ancien choeur de l'église sont terminés. Après la consolidation des murs et de la voûte, les artistes peintres sont entrés en action.

Le projet de la Commission des Monuments et des sites consistait à sauvegarder ce qui restait des peintures du XVIe siècle. Il n'a jamais été question de les remettre à neuf par de nouvelles couleurs,

 

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2   Archives paroissiales de Bourcy.

3   Extrait de "Ecole Libre. Bourcy. La joie de vivre". Revue des Anciens et Amis de l'enseignement primaire et maternel de Bourcy, 1988.

4  Extrait de "Ecole Libre. Bourcy. La joie de vivre", déjà cité, 1990.

 

(p.141) mais de les nettoyer et de les fixer dans leur état actuel. On a donc "simplement" rempli les petites crevas­ses et ajouté du liant à la poussière de peinture.

Le résultat pourra décevoir par rapport à une véritable restauration : les couleurs ont perdu défi­nitivement leur éclat et certaines parties de la voûte sont fort abîmées. Mais l'ensemble garde toute sa valeur de témoin et reste impressionnant.

L'artiste responsable du travail me disait qu'il n'y a plus, à sa connaissance, que deux églises en Belgique qui ont conservé des peintures du XVIe siècle dans leur état originel.

À Bourcy, les peintures de la voûte du choeur illustrent les premiers chapitres de l'apocalypse de saint Jean. Le sujet a de quoi surprendre les spécialistes. Pourquoi avoir choisi un thème si difficile pour décorer une chapelle de village? Nous possédons dans notre église un véritable monument archéolo­gique et artistique. Nous pouvons espérer qu'un jour on pensera à faire une étude approfondie de ce trésor rendu à nos yeux".

 

2.2.  Quelques pages de l'Apocalypse

"L'Apocalypse de saint Jean, écrite sans doute vers 95 sous l'empereur romain Domitien au moment de la première grande persécution contre les Chrétiens, appartient à un genre d'écrits fréquent au premier siècle. Ces "révélations" -c'est le sens du mot apocalypse- cherchaient avant tout à expliquer les malheurs d'une époque troublée et à y repérer des desseins de Dieu.

On y parle en langage imagé des grands événements qui frappent les hommes (guerres, famines, calamités) et surtout du grand combat que mènent contre l'Eglise ceux qui veulent la détruire. On y parle aussi du ciel, mais c'est avant tout pour donner le sens religieux de ce qui se passe sur la terre, et pour annoncer le monde de paix que Dieu prépare au-delà des épreuves. L'Apocalypse veut soutenir le courage et la patience des fidèles dans les persécutions.

Les extraits illustrés sur la voûte de Bourcy sont tirés de la première partie du livre (la fin du monde) et reprennent les deux thèmes essentiels : vision des calamités terrestres et vision du ciel". [...]

Borcièglîje4
 

2.3.  Une bande dessinée du XVIe

"Le Christ (le Fils de l'Homme) transmet un message de consolation (la main sur l'épaule) à l'apô­tre Jean. Venant de Dieu (le trône), la Révélation (le livre scellé) a été remise au Christ (l'Agneau). La voici : les calamités (les cavaliers) subies par les hommes annoncent la fin des temps et des persécutions ; les élus (les martyrs) sont désormais protégés (l'autel) par Dieu et doivent attendre l'arrivée des autres élus pour participer à la victoire définitive au paradis".

Plans B:    1860

Au fil des siècles, réparations, aménagements, reconstructions et agrandissements successifs métamorphosèrent la modeste chapelle en petite église.

 

(p.142)  VANDEWYNGAERT décrit l'édifice en ces termes: "L'an mil huit cent soixante, le quatorze du mois de juin, [...] j'ai visité l'église dont (sic) s'agit et j'ai reconnu que son ensemble se compose d'une nef de 7,50 de largeur sur 10,20 de longueur ; d'un choeur de 5,20 de longueur sur 4,90 de largeur et d'une sacristie de 2,90 de longueur sur 2,60 de largeur ; le tout tel qu'il est indiqué sur le plan joint au présent devis, représentant l'église actuelle. [...]

Les autres parties de cette église doivent être considérées comme des constructions modernes, la nef à plafond plat de 4,25 au-dessus du sol, est éclairée par quatre fenêtres de 1,60 de hauteur sur 0,76 de largeur. Ces fenêtres sont à arc surbaissé. Au-dessus de la porte d'entrée se terminant rectangulairement, est enchâssé l'écusson aux armes de la maison de Bourcy, à trois coquilles d'or couronnées sur champ d'ar­gent5 . Aux deux côtés de l'écusson se trouve le millésime 17 . 70. Cette porte appartenait au château de Bourcy, à proximité de l'église.

La sacristie accolée au choeur est de construction encore plus récente que celle de la nef, de sorte qu'en examinant l'ensemble global de tout l'édifice, on conclut que le choeur formait, à son origine, la chapelle à l'usage du châtelain de Bourcy.                                                                 

 

Le plafond de la nef, la charpente et la toiture de toute l'église doivent être renouvelés, le dallage et les bancs sont également dans un état de délabrement tel que leur conservation n'est plus possible. Considérant en outre que l'humidité constante à l'intérieur de l'église, et notamment vers le choeur, pro­vient de son encaissement ; considérant que dans la restauration il y a lieu de prévoir l'augmentation pos­sible de la population ; que dès lors il y a lieu à agrandissement ; le mur de face et la tour ne pouvant plus subsister, j'ai dressé le projet de restauration joint au présent devis". [..,]

 

Plans C:    de 1863 à 1865

 

Borcièglîje2

1. Le projet de VANDEWYNGAERT

Le 14 juin 1860, nous le savons, VANDEWYNGAERT se rendit à Bourcy pour examiner l'église et le presbytère avant de dresser un projet de restauration. Plusieurs autres déplacements sur le ter­rain -notamment pour mesurer le terrain à acquérir pour l'agrandissement de l'église- furent nécessaires avant d'établir le "devis estimatif et le cahier des charges des travaux à exécuter pour la restauration de l'église". La constitution du dossier dura jusqu'au 1er juillet 1862.[...]. L'importante restauration propo­sée exigeait:

-   [...] "Le déblaiement du sol à l'intérieur de l'église à 0,50 de profondeur afin de donner un peu plus de hauteur au choeur lequel sera conservé dans son ensemble.

-  Le déblaiement des terres à l’ extérieur de l'église sur tout le pourtour de l'église au niveau du sol projeté.   ./. Ce déblaiement extérieur exige la démolition de la sacristie. ./. La reconstruction de la sacristie.

 

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5 La présente note fut rédigée par VANDEWYNGAERT. " Ces armoiries ne sont pas en rapport avec celles qui sont attribuées à la maison de Bourcy par le R.P. Jean BERTHOLET dans son histoire ecclésiastique et civile du duché de Luxembourg. On lit, tome VI page 216 : La maison de Bourcy ou Bourcy, originaire de la prévôté de Bastogne, portait d'argent à la base de sable chargée de trois coquilles d'or accompagnées de trois perdrix volant, de sable, deux en chef, et une en pointe".

 

(p.143) Le renouvellement des meneaux des fenêtres du choeur, tels qu'ils existent actuellement, pro­longer le banc de communion à un mètre dans la nef afin de donner plus d'aisance au choeur.

Agrandir la nef de 2,50m qui serait éclairée par six fenêtres à meneaux de pierre, dans le style de celles du choeur, exhausser les murs latéraux d'environ un mètre afin de donner à la nef un plafond à trois travées et 7,50 de hauteur.

Construire une nouvelle tour6 en rapport avec le style du choeur et telle que l'indique le plan joint au présent devis pour aider à l'intelligence de l'ensemble du projet de restauration".

 

2.  Le cheminement du dossier

Plus d'une année fut encore nécessaire avant l'obtention d'avis officiels tels que l'approbation par la Commission royale des Monuments et des Sites, le 11 juillet 1862, et l'arrêté royal du 19 novembre 1863 autorisant la construction. Toutefois, sous réserve d'approbation par l'autorité supérieure, l'adjudica­tion publique avait eu lieu dès le 15 septembre 1863.

 

3.  La concrétisation du projet

L'adjudication publique du 15 septembre -au rabais et à l'extinction des feux- concernait, en bloc, l'appropriation du presbytère et la restauration de l'église. Les travaux devaient respectivement être termi­nés pour juin 1864 et le 1er juin 1865. Quatre entrepreneurs soumissionnèrent : GRAVET-LASSINE, de Bastogne ; VOLTER, de Wiltz ; ROBERT, de Wiltz et DEVAUX, de Neufchâteau. Chaque entrepreneur consentit plusieurs rabais et "trois feux successifs s'étant éteints sans aucun autre rabais", GRAVET-LASSINE fut déclaré adjudicataire pour la somme dé 20.390,67 francs. Joseph GUILLAUME, proprié­taire à Bastogne, fut présenté comme caution et s'engagea solidairement avec GRAVET-LASSINE à l'en­tière exécution des travaux.

Le 2 décembre 1863, la députation permanente approuva l'adjudication. Les travaux pouvaient débuter.

La démolition de l'église fut confiée à Jean Antoine BOURGUIGNON, charpentier à Bourcy, qui se mit à l'ouvrage en mars-avril 1864 et qui consacra 24 journées -à 3,5F- au démontage de la toiture et de la tour et 21 -à 2F- à celle des murs. C'est alors que se posa un problème de solidité des murs qui ne devaient être abattus que partiellement. L'architecte reconnut que ceux-ci étaient construits à l'aide de mor­tier de terre. .

En sa séance du 26 mai 1864, le conseil communal considéra "qu'il serait contraire aux règles de la stabilité d'en laisser subsister une partie pour établir de nouvelles maçonneries sur une base qui n'offre aucune stabilité" et arrêta que "l'entrepreneur démolira les murs de la nef jusqu'au sol et les élèvera de nou­veau en bon mortier de chaux". [...]

Forcément, cette décision approuvée par la députation permanente le 4 juillet 1864 entraîna des frais supplémentaires -935,50 F qui s'ajoutèrent au montant de la soumission- et un allongement des délais

 

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6 Comme l'on peut s'en rendre compte en observant les plans B, la tour existant en 1860 était en bois et repo­sait partie sur la façade ouest et partie au sol. Les plans C révèlent que la nouvelle tour permettait la construction d'un jubé et l'aménagement de fonts baptismaux à droite de la porte d'entrée.

 

(p.143) impartis à la construction de l'église.

 

Le 16 novembre 1865, "en présence de l'autorité communale et des Sieurs ROBERT et VOLTER, délégués de l'entrepreneur", VANDEWYNGAERT procéda au contrôle des travaux. Une semaine plus tard, il conclut la rédaction du procès-verbal de réception par ces quelques lignes : [...] "pendant la visite des travaux, j'ai appelé l'attention de l'entrepreneur sur une partie des ouvrages non entièrement bien exécutés et stipulés ci-dessus. L'ensemble des travaux, en dehors de ce qui précède, étant très satisfaisant et les matériaux employés étant de très bonne qualité et mis en oeuvre suivant les règles de l'Art, chacun suivant sa nature, il y a lieu de recevoir les ouvrages.[...] Il y a lieu de retenir à l'entrepreneur la somme de quatre mille francs pour garantie de malfaçon et d'achèvement des ouvrages pendant une année après l'approbation du présent par la députation permanente du conseil provincial".

Le conseil communal approuva ce procès-verbal le 28 mars 1866. Deux jours plus tard, le com­missaire d'arrondissement marqua son accord et la députation permanente le sien le 11 avril. Le 1er mai, GRAVET-LASSINE signait un reçu de 17.326,17 francs.

Le 12 août 1867, les travaux étant totalement achevés, VANDEWYNGAERT estima qu'il y avait lieu de payer les derniers 4.000 F à l'entrepreneur et que, par le fait de ce paiement, il convenait que "l'entrepreneur et sa caution soient déchargés de toute responsabilité des dégradations qui pourraient surve­nir ultérieurement à ces ouvrages".

Réuni deux jours plus tard, le conseil communal approuva le procès-verbal de réception définitive (p.145) et fit payer les 4.000 F à l'entrepreneur.

 

4. Vingt ans après...

L'église et son mobilier furent restaurés en 1888 pour la somme de 4.600 francs. Un document, daté du 26 décembre 1887 et signé par un certain Auguste MERGET, entrepreneur à Namur, nous apprend que ce dernier "déclare céder et donner entreprise pour l'ameublement de l'église de Bourcy, conformément à ma soumission, au Sieur HIFFE Joseph propriétaire à Bourcy" [...]

 

Plan D:    de 1908 à 1911

 

Dès 1901, existait un projet de reconstruction de l'église pourtant remaniée de fond en comble en 1865 et restaurée en 1888 ; mais, aussi longtemps qu'elle le put, la majorité du conseil communal contra ce dessein.

En 1942, soucieux de connaître l'histoire de son église, l'abbé FAISANT^ s'adressa à l'un de ses prédécesseurs, l'abbé BODSON8. Dans une lettre9 du 23 mars 1942, celui-ci relata comment il vainquit l'opposition du conseil et mena sa tâche à bien.

"[...] Pour vous être agréable, je vais tâcher de vous redire succinctement ce que je puis me rappeler. Je fus nommé curé à Bourcy en septembre 1901. Sur la lettre que Mr. le chanoine GEOR­GES (mon petit-cousin) joignait aux autres papiers, il me disait : "Vous avez une église à bâtir, mais vous avez tout ce qu'il faut pour cela, sauf l'argent".

C'est bien là une preuve qu'à l'évêché on ne connaissait pas la vraie situation ; j'avais en effet contre moi, au point de vue de la construction, la majorité du conseil communal, la famille D.; M. L. ; la famille S. ; la famille J. de Michamps ; donc les familles les plus cossues. - Bref, j'ai dû lut­ter pendant presque 7 ans pour aboutir et en particulier travailler les élections communales qui, enfin, me donnèrent une majorité par l'élimination de D. père, de L. (ancien instituteur) de Michamps et de B. de Longwilly (sic). - J'avais surtout avec moi MM. B. d'Arloncourt, B. et B. Joseph de Bourcy. Enfin! On commanda les plans (ils doivent se trouver à la commune) à M. CUPPER architecte à Bastogne. On vint en adjudication, (j'ignore les dates) elle fut adjugée pour la somme de 32.000 frs. à M. THIRION de Lamormenil.

On commença les travaux le lendemain de l'adoration en 1907 ou 1908. - La construc­tion marcha rapidement et le corps de l'église était sous toit pour l'hiver. - Les maçons étaient originaires de Houffalize et de Wibrin. - Pendant l'hiver, on travailla à la voûte. Les ferrailles furent travaillées dans l'église-même par un forgeron, aussi de Houffalize. Enfin, on put entrer et dire la messe au mois d'août de l'année suivante. -

J'avais pris l'engagement de mettre moi-même le mobilier sans demander un sou à la commune et c'est ce que je fis petit à petit. - D'abord les deux confessionnaux : j'avais perçu 600frs comme surveillant des travaux et le neveu de l'entrepreneur qui était menuisier à Grand Ménil (sic) les construisit pour les 600 frs. Chacun coûte donc 300frs mais en argent d'avant la guerre de 1914.- Il me

 

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7   Joseph FAISANT (1893-1959), curé de Bourcy d'octobre 1937 à 1958.

8   Alphonse BODSON, (1867-1959), curé de Bourcy de septembre 1901 à août 1918.

9   Certains patronymes, cités in extenso dans la lettre, sont volontairement repris ici sous une initiale.

 

(p.146) fit aussi le banc de communion mais je ne me souviens plus du prix. Au banc de communion, je fis adapter plus tard des plaques de cuivre 1° sur le conseil de M. le chanoine SCHMITZ. Elles furent exécu­tées par M. BARTILOTTI de Marche.

Les autels étant trop étroits, je les fis agrandir en pierre de taille travaillée à Jemelle. -Le prix, je ne m'en souviens plus.

La chaire ne m'a rien coûté, voici comment : M. l'architecte CUPPER eut l'obligeance de faire un devis de tout le mobilier déjà placé y compris la chaire. Les plans suivirent le cours ordinai­re, mais à la commune on refusait prétextant qu'on se compromettait. Entre autres opposants se trouvait un nommé D. de Moinet qui avait déjà fait rejeter une cave prévue sous la sacristie et évaluée à 200 frs. S'opposait aussi à la demande de subsides pour le mobilier, le secrétaire communal. Mais le conseil passa outre grâce au bourgmestre M. BOURG, d'Arloncourt. Les subsides furent accordés et la chaire fut placée, exécutée par le neveu de l'entrepreneur THIRION qui était le frère du curé actuel d'Amonines, M. DEL VAUX Alphonse de Grand-Ménil (sic).

Je m'étais entendu auparavant avec l'entrepreneur qui était un ami personnel ; il m'avait remis les sommes prévues pour les fenêtres. Je profitai de cette somme pour faire placer le vitrail du choeur exécuté par M. VOCH de Bruxelles pour la somme de 1.200frs et qui voulut bien accepter le texte que je lui donnai: "Se nascens dédit socium, convescens in edulium etc" n .

Les autres fenêtres furent exécutées par le même en verre cathédrale, elles reviennent toutes ensemble à environ 2.000frs mais je ne puis certifier la somme exacte.

Enfin, j'étais dans l'église. - M. le doyen JACQUEMIN de Bastogne vint la bénir en présence d'une grande foule de paroissiens heureux de ma réussite.

Il fallait la faire consacrer. Mgr HEYLEN voulut bien prendre un jour sur ceux indiqués pour les confirmations pour venir consacrer l'église en 1911. Si je tiens bien, ce fut le 15 juillet. -Vous devez avoir trouvé l'acte de cette consécration dans les archives puisqu'il me le remit le jour même signé de sa main je pense". [...]

Remarquons, pour terminer, que l'exiguïté du terrain disponible et la volonté de préserver le "vieux choeur" contraignirent Jean Hubert CUPPER, architecte provincial, à cette construction transver­sale qui confère à l'église son allure si particulière. Autorisés en 1907, les travaux se déroulèrent de 1908

 

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10 Ce banc de communion était percé, en son centre, d'une petite porte à deux battants. Les deux parties ainsi formées servent à présent de balustrades devant les confessionnaux. Les plaques de cuivre gravé évoquent des symboles -des épis et des grappes de raisin-, des objets du culte -ciboire et ostensoir-, deux représentations du Christ-Roi et Sacré-Coeur-, ainsi que de nombreux saints.

1 l   M. Constant ROSSION nous éclaire : "Comme la citation est stoppée c'est que tout curé de l'époque la con­naît bien ; comme elle était sur un vitrail, elle est religieuse et porteuse d'un message important. Dans ce qu'on appelait depuis le 14e siècle le Salut du Saint Sacrement, il y eut floraison d'hymnes chantées, parmi lesquelles le fameux Ave verum (cf. Mozart) et celui-ci: Verbum supernum (Verbe éternel) dont je cite la strophe qui nous intéresse":

Traduction

se nascens dédit socium,                     en naissant, il se lie à nous,

convescens in edulium;                      partageant notre condition d'hommes,

se moriens in pretium,                        en mourant, il s'offre en rachat,

se regnans dat in praemium.                en triomphant, il se fait notre récompense.

 

Il s'agit évidemment de Jésus-Christ.

 

(p.147) à juillet 1911.

 

1914. Dès le 11 août 1914, les troupes allemandes d'invasion s'emparèrent de l'église "sans avertissement préalable, jetant dehors bancs et chaises, et y établissant leur bivouac. Evacuée le 14, dans l'après-midi, elle avait pu être remise en ordre pour la fête de l'Assomption". Pendant les années d'occu­pation, l'église ne connut plus de profanation.

 

1934. Sous l'impulsion de l'abbé JACQUEMINE la fabrique d'église conclut un contrat - daté du du 27 septembre 1934 - avec la firme François SERGEYS, fondeur de cloches à Louvain, pour l'achat d'une nouvelle cloche et la reprise d'une petite d'environ 185 kg. La nouvelle cloche, harmonisée avec celle existante, pesant 285 kg, fut fondue, transportée et mise en place avant le 10 décembre 1935.

 

1942. L'abbé FAISANT, à Bourcy depuis cinq ans, souhaitait lui aussi l'embellissement de son église. Le choeur était doté de vitraux mais les nefs et les trois baies du jubé en étaient dépourvues. Il s'ouvrit de son projet au chanoine SCHMITZ de Namur. Celui-ci mit toute sa compétence au service de l'abbé FAISANT, il lui apporta l'aide nécessaire en ces temps troublés et servit d'intermédiaire entre lui et le maître-verrier namurois W. LADON. Conçus de façon à conserver beaucoup de clarté à l'intérieur de l'église, les vitraux représentaient des scènes et sujets rappelant le passé de la paroisse. Malgré les diffi­cultés à se procurer le matériel nécessaire et les restrictions d'énergie, notamment de gaz, LADON termina les vitraux pour les premiers jours d'août 1943. Début septembre 1943, l'abbé Faisant exprima la satis­faction de ses généreux paroissiens et la sienne au chanoine SCHMITZ.

 

1944. L'effort de guerre allemand provoqua, dès 1943, la réquisition de métaux divers et causa l'enlèvement des cloches de nos églises. L'autorité militaire allemande chargea la firme belge VAN CAMPENHOUT, de Haren, de ce travail.

 

C'est le 10 mai 1944, jour du quatrième anniversaire de l'invasion, que Bourcy fut touché par cette mesure. Dans un brouillon de lettre 13 de réclamation au sujet des dégâts directs et indirects 14 causés lors de l'enlèvement des cloches, l'abbé Faisant écrivit:

 

"Ce (...) 10 mai 1944, vers 11 h 45, revenant de Michamps, j'apprends que l'on enlève les cloches. Depuis 11 h, une douzaine d'hommes (...) du Namurois travaillent à l'enlèvement des cloches, gar­dés par 2 Allemands. J'ai assisté à la scène (...). Il semble que le travail est dur. Commencé à llh, c'est à 2h05 que la cloche est jetée en bas du clocher et à 2h45 le camion s'en allait (...) Détériorations: (...) extérieur(e) de l'abat-son O. L'abat-son. Roue de la cloche.

 

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12  Emile JACQUEMIN, (1878-1955), curé de Bourcy de 1927 à 1937.

13   Hâtivement écrit au crayon, ce brouillon est partiellement illisible.

14  Une circulaire de l'autorité occupante spécifiait que le contrat passé entre elle et la firme VAN CAMPENHOUT obligeait celle-ci à réparer les dommages directs.   Quant aux frais de réparation des dommages indirects, ils étaient "à charge de la Fabrique d'église. Celle-ci est autorisée à adresser à l'Archevêché une demande de rembour­sement de ses dépenses sur la somme que l'Allemagne versera à ce dernier, à titre de dédommagement, après liqui­dation des réquisitions de cloches".   [...]

 

(p.148) Quatre mois plus tard, après la première libération de septembre, les villageois récupérèrent leur cloche fêlée à la caserne de Bastogne et la ramenèrent en grande pompe à Bourcy.

 

Plan D':     1947

 

Supérieur aux abat-son du clocher (Voir plan D) le faîte de la nef de 1911 formait écran entre la partie est du village et les cloches ; leur appel s'en trouvait tellement atténué qu'un exhaussement du clo­cher s'imposait.

En 1938, l'architecte arlonais Léon LAMY déposa un projet en ce sens et, ipso facto, d'aucuns situèrent l'exhaussement de la tour à 1939. En revanche, M. Albert HAAN, un ancien du village, assurait (en septembre 1996) que cette modification remontait à l'après-guerre.

Qu'en est-il?

En fait, le plan du 19 mars 1938 mentionnant : "Projet d'exhaussement de la tour et placement du beffroi des cloches au-dessus du niveau du faîte de l'église" fut présenté une seconde fois après la guerre portant, en ajout, la date du 6 juin 1947.

Un autre plan, identique au précédent et daté du 20 juin 1947, est intitulé différemment : "Exhaussement de la tour et du beffroi des cloches au-dessus du faîte de la nef. Restauration de l'église et reconstruction de la sacristie complètement détruite par les obus".

Si l'exhaussement de la tour avait été exécuté avant la guerre, l'intitulé du plan du 20 juin 1947 aurait été, tout simplement, "Restauration de l'église, etc."

En résumé, comme l'assurait M. Albert HAAN, la tour fut bien exhaussée après la guerre dans les années 1950, en même temps que la reconstruction de l'église.

1* En réponse à la demande du commissariat de police de Bastogne, datée du 20 mai 1944, tendant à connaître les nom et adresse du titulaire de cette plaque, l'Office de la Circulation routière répondit, le 24 du même mois: "Van CAMPENHOUT Nicolas, Nieuwbrugstraat 83, Machelen-Vilvorde.

 

Borcièglîje1

 

(p.149) 1.2.)    MICHAMPS, LA CHAPELLE SAINT-HUBERT

 

Mîtchamptchapèle

Saint Hubert est né vers 665. Il fut le disciple de saint Lambert dont il devint le successeur.

"Succédant à Lambert sur le siège épiscopal, Hubert mourut le 30 mai 727 (à Tervuren) et son corps fut porté à Liège en l'église Saint-Pierre qu'il avait fondée.

En 743, avait lieu l'élévation de ses restes, mais la dépouille du saint n'était pas destinée à demeurer à Liège. L'évêque Walcaud décidait, en 825, de transférer les reliques à Andage en Ardenne, devenu Saint-Hubert.

À la mort de Hubert, en 727 donc, son étole fut enterrée avec lui, mais en 743 lors de la transla­tion des reliques au maître-autel de la cathédrale de Liège, on retira l'étole de la châsse ; selon la tradition, les guérisons des malades atteints de la rage se multiplièrent selon un rite attesté depuis le IXe siècle. On en faisait encore état au XIXe siècle (4.700 guérisons entre le 1er janvier 1845 et le 12 octobre 1860). Cette étole miraculeuse est un des joyaux de la basilique de Saint-Hubert.

Saint Hubert est fêté non pas le 30 mai jour de sa mort, mais le 3 novembre, jour de sa canonisa­tion". ("Avenir du Luxembourg" 28 et 29 octobre 1995)

 

 

(p.150)  La chapelle.

 

Le Liber memorialis de la paroisse de Noville, dont dépendait Michamps, mentionne pour ce vil­lage une chapelle en 1589 et la reconstruction probable de cet édifice en 1602. Une incursion hollandaise marqua douloureusement la fin de cette année, le village fut partiellement détruit. La reconstruction de la chapelle, mentionnée dans le Liber memorialis, n'aurait pu intervenir que quelques années plus tard.

 

Le plan de détail n 14 de l'Atlas des chemins vicinaux révèle que la fabrique d'église de Michamps est propriétaire de deux prés, d'une pâture et d'un cimetière (parcelle n 20). La construction figurant dans son angle nord-est n'est pas forcément l'ancienne chapelle du village. Le cas n'est pas uni­que où une parcelle est représentée avec une construction alors que la liste correspondante n'en mentionne aucune, c'est par exemple le cas à Mageret : le plan porte clairement la représentation d'une église négli­gée dans la liste au bénéfice de la mention "cimetière". Inversement, une parcelle est dessinée nue alors que la liste y reprend une chapelle, c'est le cas de Vaux-Noville et de Lutrebois.

 

Les cas ne sont pas rares où la parcelle est représentée sans construction. Cette hypothèse est renforcée du fait que le transfert du cimetière (1888) libéra le terrain et que sur celui-ci, mais dans l'angle opposé, à la croisée de deux chemins, se dresse l'actuelle chapelle.

 

Quant à TANDEL -publié en 1891- il écrivait : "La chapelle date d'au moins deux siècles ; les habitants sont décidés à en construire une nouvelle s'ils obtiennent la transformation de l'annexe en vica­riat".

 

Certes, en 1888, les habitants souhaitaient bâtir une nouvelle chapelle mais les fonds faisaient cruellement défaut. L'ensemble de la commune de Longvilly, la chose est notoire, disposait de modestes ressources et vivait constamment à la limite de l'indigence. Sans cesse, l'administration communale se heurtait à des problèmes financiers ; par exemple, en 1888, les sections de Moinet et Michamps qui béné­ficiaient d'une école depuis 1867 avaient, l'une agrandi son cimetière, l'autre déplacé le sien et, pour couronner (p.151) le tout, la section de Longvilly s'agitait en faveur de l'agrandissement de son église récemment res­taurée.

 

Plaie d'argent, dit-on, n'est pas mortelle et, forte d'une survie assurée, l'administration commu­nale se lança à l'eau le 26 avril 1888. Evoquant l'état de vétusté et de délabrement de la chapelle de Michamps, le conseil communal estima que l'édifice ne possédait plus "ni la décence, ni la solidité, ni même la capacité nécessaire à l'exercice du culte". En conséquence, il décida d'adresser à l'autorité supéri­eure la demande de l'envoi sur place de l'architecte provincial.

 

Un mois plus tard, le 29 mai, revenant sur le même sujet, le conseil communal se montra plus pressant, parla "d'absolue nécessité de reconstruire l'édifice qui menace ruine et ne possède plus la décence voulue par sa destination" et réitéra sa demande d'envoi de l'architecte. À la mi-juin, émettant un avis favorable, le commissaire d'arrondissement transmit la délibération au gouverneur de la province. Fin octobre -le 24- CUPPER, qui s'était rendu sur place, remit son projet de reconstruction au gouverneur.

 

L'année 1889 fut celle de la constitution du dossier relatif à la nouvelle chapelle et à son chemi­nement administratif : approbation des plans et devis par le conseil communal qui sollicite du gouverneur des subsides pour 1/3 de la dépense (23 mars) ; approbation du dossier par la Commission des Monuments qui ne formule aucune observation si ce n'est que l'édifice projeté pourra contenir environ 175 personnes (9 mai) ; nouveau passage du dossier sur la table du conseil qui a l'intention "d'approuver les plans et devis sous réserve d'obtenir de la Province et de l'Etat des subsides s'élevant ensemble à la moitié de la dépense" (15 juillet) ; le ministère de la Justice signale à la députation permanente une observation16 de l'évêque de Namur (9 décembre) ; le moment tant attendu : l'ouverture des soumissions (31 décembre).

Cinq entrepreneurs avaient rentré leur soumission : François SCHMITZ de Derenbach (8.216 F) ; (?) PETER de Moinet(8.390 F) ; Ernest TASIAUX de Bastogne (8.870 F) ; (?) NEVE de Spontin (9.516 F) et Joseph LEBRUN de Bastogne (9.900 F).

 

Les travaux qui, en principe, devaient être terminés pour le 1er septembre 1890, furent adjugés à Ernest TASIAUX 17. Celui-ci consentit, en guise de rabais, à remplacer la cloche actuelle et réparer le beffroi, creuser un canal d'assainissement en maçonnerie du côté nord de l'édifice, remplacer le bois de sapin par du bois de chêne et ne pas compter de plus faits pour cause d'approfondissement des fondations. Ces différents postes évoquent plus une restauration lourde et importante qu'une reconstruction à propre­ment parler.

L'arrêté royal n 18001 du 6 février 1890 autorisant la construction fut transmis un an plus tard

 

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16   [...]   "La sacristie, pour être convenable, devrait avoir 1m de plus en élévation, c'est-à-dire 3,5m au lieu de 2,5.   Il faudrait en outre, d'après ce prélat, y ménager un enfoncement dans le mur pour y construire un "sacrarium" qui doit se trouver dans toute sacristie".

17   TASIAUX:   "Ernest -Nicolas-Joseph (1870-1909) reprit la profession de son père: c'est sans doute à lui que l'on doit la construction de l'avenue Tasiaux" à Bastogne.   (M. FRANCARD et R. MOËRYNCK, Pavêye et pa podrî. Les rues de Bastogne hier et aujourd'hui. Musée de la Parole au Pays de Bastogne, 1991).

 

(p.152) (16 avril 1891) à la députation permanente par le ministère de la Justice.

Compte tenu du temps qui s'écoule nécessairement entre la demande de réception provisoire des travaux et celle-ci -CUPPER en dressa le procès-verbal le 13 décembre 1890- la durée prévue pour la recon­struction fut, semble-t-il, respectée.

 

Le conseil et la population manifestèrent leur satisfaction mais tout ne fut pas pour le mieux dans le meilleur des mondes : il fallait absolument couvrir la dépense entraînée. Réuni le 2 mars 1891, le conseil, considérant que la section de Michamps était pauvre et essentiellement composée de personnes à faibles revenus, - ouvriers agricoles ou industriels employés par la mine de Longvilly et la tannerie de Horritine -, et que des travaux complémentaires à hauteur de 388,02 francs s'imposaient, décida d'introduire une demande d'intervention des pouvoirs publics pour 2/5 du montant. En transmettant la délibération du con­seil au gouverneur (12 mars 1891), le commissaire d'arrondissement émet un avis favorable à la requête, il souligne l'utilité incontestable des travaux dont il est question, ajoute qu'il y a lieu d'approuver le devis et insiste pour que la demande de subsides soit prise en considération.

À son tour, le gouverneur se fait l'écho du conseil de Longvilly auprès du ministre de l'Intérieur (9 avril 1891) et propose que la demande d'intervention de 2/5 pour l'exécution des travaux complémentai­res soit satisfaite à concurrence de 1/5 par l'Etat et 1/5 par la Province. Le ministre rencontre la suggestion du gouverneur, il accorde un subside complémentaire de 78F égal à (p.153) celui de la Province pour l'achèvement complet des travaux et, par la même occasion, rappelle qu'une somme de 1.774 F a déjà été alloué (2 juillet 1890) par son département.

 

Comme le reste du village, la chapelle traversa le demi-siècle suivant sans fait remarquable si ce n'est la découverte par l'abbé Emile JACQUEMIN (1878-1955), curé de la paroisse de Bourcy de 1927 à 1937, d'un débris de sculpture dont il pressent vaguement l'importance. Ne sachant trop comment ni à quoi l'utiliser, il l'expédie au chanoine SCHMITZ à Namur. Celui-ci lui écrit : "[...] cet intéressant mor­ceau de sculpture remonte, je pense, à la fin du XVIe siècle et est un fragment d'une scène de retable. Peut-être serait-ce une sainte femme, Joseph d'Arimathie et Nicodème se rendant vers le tombeau... Nous vous remercions beaucoup d'avoir sauvé ce fragment très exposé à périr puisqu'il est incomplet et qui fait la preuve de l'existence d'un retable à Michamps. En interrogeant les anciens, n'essaieriez-vous pas d'ob­tenir quelques données à ce sujet? [...]".

Pendant les années d'occupation, la chapelle fut l'objet d'un embellissement considérable. En effet, malgré les énormes difficultés d'approvisionnement en matières premières et en énergie indispensa­bles au travail des verriers, la chapelle fut dotée de nouveaux vitraux. Dès avril 1942, le maître-verrier namurois W. LADON qui créait les nouveaux vitraux de l'église de Bourcy poursuivit sur sa lancée en éta­blissant une esquisse du projet suivant : "Choeur: 1. S. Jean reposant sur la poitrine de N.-S. (rappelant le patron de la paroisse de Bourcy). 2. Le calvaire. Nef côté épître: 1. La nativité de N.-S. 2. S. Martin, patron de Longvilly dont Michamps dépendait. S. Pierre, titulaire d'Oubourcy. Nef côté évangile: 1. L'annonciation. 2. S. Hubert titulaire de la chapelle de Michamps".

 

En août 1943, la concrétisation du projet était toujours en cours, car mieux valait voir l'effet des nouveaux vitraux de Bourcy avant de poursuivre. On ne sait exactement quand les vitraux furent posés mais une lettre de LADON, datée du 19 juillet 1945 et adressée à l'abbé FAISANT, stipulait que la somme due pour la réalisation des vitraux s'élevait à 5.154 F. Ceux-ci furent donc bel et bien mis en pla­ce, mais pour peu de temps, avant l'Offensive. Le 14 juillet 1948, les dommages encourus par la chapelle étaient admis à hauteur de 48.988,91 F.

Après sa restauration, les responsables de l'édifice durent faire face à plusieurs reprises à quelques problèmes d'humidité dans le choeur orienté plein ouest.

 

 

(p.154) 1.3.)    OUBOURCY, LA CHAPELLE SAINT-PIERRE

 

Oûborcitchapèle

Saint Pierre

 

Pêcheurs sur la mer de Galilée, Simon et son frère André abandonnèrent tout et suivirent Jésus qui les invitait à devenir "pêcheurs d'hommes". Simon fut surnommé Pierre quand Jésus lui dit: "tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon église" ; il devint le principal apôtre et, plus tard, le premier pape.

Avec Jacques et Jean, il assista à la Transfiguration et aux principaux miracles de Jésus qu'il renia par trois fois lors de la Passion. En compagnie de Jean, il découvrit le tombeau vide au matin de la Résurrection.

 

La chapelle

 

Comme bien d'autres édifices, la chapelle d'Oubourcy est citée en 1589 mais ne figure pas parmi ceux détruits, même partiellement, en 1602.

Si, à la suite des reconstructions de villages, le nombre des bâtiments augmenta peu à peu, Oubourcy qui, apparemment, avait peu souffert, se développa différemment. Au cours des siècles, l'habitat évolua très lentement. 18.

 

(p.155) "Il existe au milieu d'Oubourcy, écrivit TANDEL en 1891, une petite chapelle dont les propor­tions sont en rapport, tout au plus, avec l'importance du village. Autrefois, lorsque des circonstances gra­ves et menaçantes surgissaient, la communauté, se composant alors de trois chefs de famille, s'assemblait prestement sur le Pachis, situé devant l'antique chapelle, et là, après discussion approfondie, on adoptait les mesures les plus propres à assurer la tranquillité, l'indépendance et surtout l'existence de la localité".

 

Un bon demi-siècle plus tard, lors de la bataille des Ardennes, le modeste oratoire fut sévèrement touché.

 

En juillet 1948, Léon LAMY, architecte à Arlon, établit un bilan dont nous ne retiendrons que les principaux postes : plus de 16m^ de murs à reconstruire ; une infime partie de charpente récupérable, le reste étant évidemment à remplacer ; la toiture, le clocheton et les fenêtres à remplacer et, pour mémoire, le renouvellement d'enduits, crépis et autres plafonnages. Quant au mobilier... En chiffres, les répara­tions des dégâts de guerre s'élevaient, au 10 octobre 1948, à 70.675,04 F non subsidiables.

 

Usant tour à tour de la plume, du bâton de pèlerin et s'armant d'une solide dose de ténacité, l'abbé FAISANT remplit toutes les formalités indispensables à la remise en état de l'oratoire 19. Le 31 décembre 1952, sept ans après la destruction, la direction provinciale des dommages de guerre lui demandait encore "afin d'aviser au sujet de votre demande de priorité exceptionnelle de restaurer l'oratoire d'Obourcy (sic) de faire savoir le plus tôt possible [...] l'état actuel de la restauration et remise en état, et éventuellement le montant des avances ou emprunts et tous autres arguments à l'appui de votre demande".

 

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18 4 maisons en 1469, 2 en 1719, 3 en 1793 et 7 en 1891.

19  Il répara même une faute grave commise par d'autres (l'introduction tardive du dossier de reconstruction) qui entraînait la déchéance du droit à l'intervention de l'Etat dans les frais de restauration.

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14:17 Écrit par justitia & veritas dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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