09/04/2009

2.1.7 Gâre / gare

2.7 Gâre / Gare (Octave, 1988, 55)

 

La place de la gare

 

La mise en service de la ligne ferroviaire en 1884, changea beaucoup le visage de la localité.

Elle créa de nouveaux emplois : ouvriers engagés dans les divers chantiers, employés du chemin de fer, des postes, téléphones et télégraphes.

Les marchandises importées de l'étranger étant frappées de taxes, les douaniers furent toujours très nombreux à Bourcy, vu la proximité de la frontière.

Des étrangers s'installèrent. Plusieurs épiceries ainsi que d'autres commerces s'ouvrirent au public.

Les débits de boissons s'établirent à proximité de la gare. A une certaine époque, on en comptait quatre ou cinq qui accueillaient les voyageurs des trains, du tram, les transporteurs de bois, les marchands de bestiaux au porte­feuille garni; en somme, une clientèle diversifiée, au verbe haut et à la "tournée" facile.

L'ancien café, sis près de l'église, lieu pourtant pri­vilégié par la fréquentation après les offices, les mariages, les enterrements, devint maison particulière.  Cet estaminet fut transféré à la gare.

Durant la guerre de 1914-18, l'hôtel HERMAN hébergeait les "Eisenbahn". Ceux-ci surveillaient l'installation de la deuxième voie de chemin de fer avec la main-d'oeuvre de prisonniers russes.  Cette double voie exista jusque 1930 environ.

(p.56) Nous avons dit, ci-avant, que la place de la gare fut, à une époque, très animée. Elle fut aussi l'emplacement des foires.  Le souvenir de celles de 1932 est resté dans les mémoires mais, ce furent les dernières. Cette place fut éga­lement de tous temps, réservée à la kermesse locale.

Le premier bureau des postes et la façade de l'hôtel JACQUEMART.

Cet hôtel fut exploité ensuite par la famille MARTIN-PEETERS, avant de devenir habitation privée de Guillaume DUPLICY. La poste fut transférée dans une pièce de l'habitation d'Emile KRACK.

(p.57) Dès le 4 août 1914, les troupes allemandes traversèrent la frontière Grand-Ducale et arrivèrent à Bourcy par toutes les voies d'accès. Quatre uhlans, au casque à pointe, s'arrêtèrent à la place de la gare.  Les vieux villageois, specta­teurs de cette apparition, rentrèrent chez eux ; les plus jeunes, insouciants et curieux, les regardèrent partir vers Noville. Les jours suivants, tout comme en 1940, les Alle­mands descendirent le village comme une marée envahissante, conquérants et disciplinés.

Les plus anciens racontent que quatre uhlans à cheval, venant de Boeur, empruntèrent la route de Banneux. L'un d'eux s'em­bourba dans l'étang qui se trouve à proximité.

Pour la "petite histoire", il nous revient que durant la guerre de 1914-18, la ferme attenante à l'hôtel du coin, était occupée par la famille MARON. Bien située pour compter les transports allemands qui passaient en gare de Bourcy, elle faisait office d'agence de renseignements pour une orga­nisation clandestine. Vers la fin de la guerre, suite à une dénonciation, M.MARON fut arrêté.

Les Allemands, après bien des recherches, trouvèrent des papiers compromettants cachés sous le pied de l'écrémeuse et dans le fond du chapeau de M. MARON.

Cette ferme fut occupée ensuite par la famille ANTOINE de 1921 à 1932, puis par les familles DUCOMBE et MARENNE. Elle ne fut pas reconstruite après la dernière guerre.

 

(p.58) Le chemin de fer ouvert à l'exploitation le 2 février 1884, ne mettait pas nécessairement fin à l'isolement de certaines régions rurales.

C'est pourquoi la S.N.C.V. procéda 4 ans plus tard, à la mise en service du tram Bourcy-Houffalize. Bourcy devint dès lors une gare de transbordement, tant de voyageurs que de marchan­dises et fut à l'origine de nouveaux débouchés.

C'était il y a presque cent ans !

L'ouverture officielle de la ligne Bourcy-Houffalize, le 14 juillet 1889 connut rapidement un beau succès. Sans doute que le renom touristique d'Houffalize, déjà affirmé, lui était un précieux atout.  Elle desservait les localités d'Hardigny et Cowan, avec un arrêt à Banneu, à Neufmoulin et à l'Ermitage.

Ainsi s'écoulèrent années et décennies - un bon quart de siècle - jusqu'à la première guerre mondiale. En 1917, les Allemands démontèrent la ligne qui ne fut réta­blie qu'en 1922. Cet entracte ne fut pas nuisible à l'entre­prise, mais la concurrence de la motorisation commençait à se faire sentir. Les automotrices firent leur apparition vers 1934.  Après quelques événements fâcheux en 1944, le tram termina définitivement sa carrière le 1er juin 1959.

(p.67) La place de la gare est maintenant déserte. Le trafic ferroviaire fut définitivement supprimée fin mai 1984. Il aura donc vécu exactement 100 ans.

La dénomination "place de la gare" est appelée à dispa­raître; il n'en restera bientôt plus que des souvenirs de plus en plus imprécis.

La desserte des voyageurs est assurée par des services d'autobus réguliers qui relient presque toutes les localités.

(p.68) Reste, un peu à l'écart, le monument aux morts des deux guerres mondiales, qui nous rappelle que des enfants de la commune ont servi la patrie, que des victimes civiles sont tombées innocentes en 1944.

Ce monument fut inauguré en 1947, par les autorités communales, Louis WENKIN de Michamps, bourgmestre à l'époque, le colonel François KRACK, tous les anciens combattants de 1914-18 et de 1940-45, la gendarmerie et la population toute entière.

(p.72) La dernière épreuve de l'époque fut bien sûr la contre-offensive des Ardennes en 1944, avec sa brève fixation du front sur le massif ardennais.

Von Rundstedt fut inexorablement giflé mais, le village vécut des jours sombres. Les habitants terrés un peu partout dans les caves, attendaient avec angoisse la fin du cauchemar. Douloureuse fut la 2ème libération. Les habitants la payèrent cher, au prix de leur sang, de leurs souffrances.

La guerre a saigné la région et a entraîné la destruction d'innombrables bâtiments mais aussi du matériel agricole et du bétail.

(...)

(p.90) La s.a "Scierie et Raboterie" de Bourcy située derrière la station de chemin de fer, fut établie dans le courant de l'année 1946, par Pierre BURLET de Cognelée.  Elle employait alors une vingtaine d'ouvriers.

Les travaux de reconstruction nécessitant une grande quantité de bois, la scierie fonctionna à plein rendement.

La scierie fut fermée en mai 1978, par suite de faillite.

 

 

 

13:12 Écrit par justitia & veritas dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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