09/04/2009

2 Patrimwane / Patrimoine: 2.1 bâtîmints / bâtiments

2.1 Les bâtiments / Lès bâtîmints

2.1.1 Les maisons / Lès mâjons

 

2.1.1.1 L'habitation (Octave, 1973, 62)

 

Les habitations de nos aïeux étaient des constructions basses, au toit de chaume et au sol de terre battue ou aux larges dalles de schiste. Ces chaumières d'antan furent remplacées au fil des années par des mai­sons un peu plus confortables et couvertes de « chèrbins » puis d'ardoises.


3chèrbins

 

Rares font les anciennes maisons qui ont échappé  à la destruction lors de l'offensive von Rundstedt. A Bourcy sont restées debout: la ferme Duplicy avec son long corps de logis, ses dépendances, sa grande cour, la maison Glesner-Octave qui date de 1834 et la maison Octave-Deumer qui datait de 1843, mais fut détruite par un incendie en 1956. Les autres anciennes habitations furent détruites lors des combats et reconstruites en style plus moderne.

 

La maison avait un caractère ancien et vénérable qui s'accordait bien avec les habitants. Elle était sans doute restée clans le même état depuis de longues années. Peut-être quelques concessions avaient-elles été faites à l'esprit du temps: on avait remplacé le feu ouvert où jadis pendait la crémaillère, par un poêle de Louvain, les larges dalles de schiste avaient été remplacées par un carrelage.

 

Ces anciennes demeures aux murs très épais,- environ 1 mètre d'épaisseur-, étaient, pour la plupart, toute en longueur, les étables faisant suite directement au corps de logis, suivies de la grange, parfois d'une remise ou d'une autre étable et enfin "la bergerie".

 

La porte toujours ouverte dès les premiers beaux jours, l'entrée donnait directement accès à la première place qui tenait lieu de cuisine avec sa grande cheminée, où les marmites mitonnaient doucement sous la grande chape. On savait qu'au-dessus de la plaque enfumée, des jambons noircis­saient, frères de celui qui pendait au plafond.

 

Un évier en pierre bleue du pays (chèrbin), une pompe à eau immense, la grande table de bois, un banc, des chaises et un de ces vieux buffets, meuble héréditaire, qui renfermait la vaisselle, ces assiettes et ces tasses décorées simplement avec "amour","amitié","bonheur", comme une sa­lutation à l'invité. Les "quinquets" en cuivre ou en verre "sulfure" trônaient sur le rebord de la cheminée, avec le vieux moulin à café, dis­pensateur de l'arôme annonçant la "bonne jatte".

 

(p.63) A côté de la cuisine, une place froide où se trouvait l'écrémeuse, la baratte, et où l'on conservait les provisions pour les besoins journa­liers.

Derrière la cuisine, lui faisant suite, "la tchambe" ou "la stoûve", où dès les premiers froids, la famille se serrait douillettement. Le curieux poêle à colonnes tenait une place importante devant le placard encastré dans le manteau de la cheminée, placard en chêne sculpté qui montait jusqu'au plafond, à plusieurs portes ou plusieurs compartiments et qui renfermait tant et tant de choses.»..

Parfois une plaque de foyer en fonte, appelée « taque » ou « contre­cœur », séparait la cuisine de « la stoûve ». Son but n'était autre que de communiquer la chaleur de l'âtre de la grande cuisine à la grande chambre commune: dans ce but, elle occupait une ouverture de grandeur convenable pratiquée entre les deux places. Autour de la taque se trouvait une armoire qui finit par faire partie intégrante de la taque, de façon à prendre elle-même le nom de taque et où, bien souvent, le bas servait à remiser le bois de chauffage renouvelle chaque jour en provision des longues soirées.

La grande horloge dans sa gaine de bois tenait une place immense dans la place; c'était son balancier de cuivre qui scandait conscien­cieusement les heures de joie et les heures de peine.

Les très anciennes maisons laissaient encore apercevoir dans un des murs,une alcôve, enfoncement aménagé pour un lit qu'on pouvait fer­mer dans la journée.

Au mur, des images pieuses, des portraits de famille de plusieurs générations, jaunis, mais vénérés.

 

(1) La taque fondue primitivement dans un but purement utilitaire était sans ornement, mais bientôt le désir d'égayer un peu cette plaque noire y fit appliquer les décors les plus variés. Les princes régnants, les abbayes, les villes, les châtelains y firent apparaître leurs armes, leur devise; les métiers, les corporations en firent de même; parfois des scènes bibliques, mythologiques et des ornements les plus divers. (J. Fischer-Perron: Les taques.) Il y eut un certain nombre de fonderies dans le Luxembourg vers le XVe et XVIe siècle.

 

(p.64) Un escalier en bois conduisait à l'unique étage et au grenier. Ce vieux grenier de campagne plein de vieilles choses, de vieux meubles, de chaises dépareillées, du berceau où tous les enfants, de génération en génération, s'étaient endormis sous le balancement attentif de l'aïeule, d'un vieux coffre contenant peut-être les défroques d'une grand-mère coquette ou son vieux paroissien, des caisses de vieux livres, de revues; des bottes d'oignons ou d'échalotes qui séchaient sur un journal ou des touffes de menthe et de camomille suspendues à une poutre; au total, un tas de choses sous une ombre mystérieuse et sous les toiles d'araignées...

 

Pour éclairage, d'abord une sorte d'éclisses de chêne refen­dues, bien sèches, que l'on allumait et plaçait dans une encoche aménagée à cet effet à même la table; il fallait la surveiller et remplacer souvent. L'huile pour 1'éclairage était alors un luxe. Plus tard, les bougies, le pétrole avec les "quinquets" de différents modèles, à mèches plates et réservoirs transparents, les suspensions à la grosse poutre du plafond et enfin, vers 1928, l'électricité.

Sur le côté du seuil des portes de certaines habitations, se trouvait un long bac fait en larges dalles bleues qui servait d'abreuvoir pour les animaux. Les habitants étaient des privilégiés, car le bétail à abreuver à l'écurie exigeait de faire un certain nombre de fois le chemin de la fontaine à l'étable. On se rend mieux compte de ce qu'était alors le problème de l'approvisionnement en eau. Comme il suffit à présent d'ouvrir le robi­net pour voir couler l'eau, les jeunes comprendront difficilement qu'il y a 50 ans seulement, l'approvisionnement en eau était encore une corvée.

Ce n'est qu'à partir de 1898 que furent installées en différents endroits, dans la commune, des bornes d'eau potable (avant la guerre 1914/18, une borne se trouvait encore au coin de la rue de l'église et de la rue de Noville- près de la maison Haan).

Le château d'eau qui alimente la commune fonctionne seulement depuis mai 1967. Il est situé au lieu-dit "Chaînont" entre Bourcy et Michamps. Les eaux proviennent de la tranchée de drainage située dans le bas du village de Michamps.

 

 

2.1.1.2 Annexe 1  L’habitat (Octave, 1988, 19-21)

 

La prédilection des Francs pour le bois, se traduira au Moyen-Age par la construction de maisons en bois, au toit de chaume. Plus tard, les mesures de protection contre le feu, prises par diverses ordonnances de police, amenèrent l'usage exclusif de la pierre en construction.  On retrouvera cet habitat en pierres, revêtu de crépi et blanchi à la chaux.

 

Le toit, reposant sur des charpentes solides, était recouvert de "chèrbins" : ardoises épaisses en schiste, légèrement arron­dies .

En général, ces ardoises naturelles ont une taille allant en croissant du faîte à la corniche du toit, pour opposer une résistance plus forte au vent, là où il y a le plus d'emprise. Les toits de "chèrbins" anciens exerçaient ainsi une pression énorme, d'où le besoin de charpentes solides.

Ces ardoises naturelles ont cédé le pas à l'éternit, à l'ardoise rectangulaire d'importation.

 

Dans cette Ardenne au climat rude, nos aïeux construi­saient d'après le climat, d'après leurs besoins, en utilisant les matériaux trouvés sur place : le bois, matériau de première importance (le chêne pour les charpentes équarries à la hache), les pierres schisteuses, les ardoises du pays.

Le schiste était fort employé. Il servait à encadrer des baies, à paver les cuisines et les seuils.  Les blocs les plus épais étaient évidés pour en faire des éviers, des bacs servant d'abreuvoirs, des auges.

Ces constructions étaient très simples, aux ouvertures assez petites.  Ici, plus qu'ailleurs, l'emportait le souci d'opposer des murs pleins à la rigueur des intempéries.

 

Ci-contre, copie d'un acte passé devant le notaire Wicourt de Bastogne en 1735, pour la construction d'une maison (A.E.A - Minutes des actes notariés).  En ce temps-là, pas d'architecte, tout au plus un maçon débrouillard .

 

Sont personnellement comparu X ... d'une part et Nicolas Léonardy de Toine, d'autre part, lesquels ont dit et déclaré ce qui suit :

'Savoir, que 'Nicolas Lionardy de Troine promet et s'oblige de faire une maison au. dit X... et une escurie de rouges bettes.

Une maison que Ces volets seront de Ça même hauteur que Ces crêtes de ta grange qui joint. Les dits volets de ta dite maison, auront 50 pieds de long et 15 pieds entre les volets, tant dans la cuisine que dans les chambres', de paver la dite maison, lallée et C'estamine de Cescurie, et faire monter Ce contre-coeur jusqu'au deuxième plancher, et faire toute la charpente nécessaire au dit bâtiment et escuries.

Le tout étant achevé, le dit X... sera tenu et obligé de donner a Nicolas Léonardy, une somme de 21 escus dargent courant dans cette province.

Le dit Léonardy sera tenu de commencer a travailler a la dite maison le 15 avril, si le temps le permet, et finir avant de la quitter, le tout sous obligation ordinaire...."

Notre village, plus que millénaire (1ère trace en 890} s'est dessiné au cours des siècles et resta inchangé pendant bien longtemps.

Autour de l'église, noyau de toute communauté, se regroupent des maisons non jointives, qui s'individualisent au milieu de leur parcelle, avec un usoir plus ou moins important, mais tout en restant très proches de leurs voisines.

L'espace devant les fermes forme un usoir, une aire de manoeuvre où se parque une partie du matériel agricole, peut-être quelques stères de bois. Jadis la fumière en occupait une partie dans une légère excavation. Selon les vieux, la richesse du paysan se mesurait à l'importance de son fumier ! Tout à côté, le potager, dont le travail et l'entretien consti­tuent une partie essentielle et primordiale de la vie quoti­dienne de la ménagère.

Ce type de maison, tout en longueur est celui que l'on retrouve dans les fermes anciennes. Elle comporte un toit unique, sous lequel sont réunis côte à côte, le logis," l'étable, la grange. Toutes les entrées se trouvent dans la façade.

Ces bâtiments offrent de nombreux avantages : on peut circuler sans devoir sortir, pour soigner le bétail et assurer leur surveillance, car il existe des portes de communication intérieure. D'autre part, on limite ainsi les pertes de chaleur et le fenil constitue une couche isolante.

Au 19e siècle, sont apparues les "battières" au mur de la façade avant ou arrière du corps de la ferme.

Il s'agit d'une grange située à l'étage, à laquelle on accède par une rampe (le pont) très résistante, construite de façon à y accéder avec les chariots de fourrage. On y bat les grains.

Ces battières sont encore visibles dans l'une ou l'autre ferme.

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Les toits, dits "à croupette", typiquement ardennais, à première vue, mais on les retrouve aussi dans le Namurois, le Hainaut, en Brabant, au Grand-Duché, en Gaume, en Forêt Noire, ...

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14:47 Écrit par justitia & veritas dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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