09/04/2009

3.1.1.1 Epoke romin.ne / Epoque romaine

11Octavep27villarominne

La cave F1 est en annexe sur le mur Nord-Nord-Est.

Les murs de celle-ci avaient une épaisseur de 80 cm, sauf celui exposé à l'Est qui n'en n'avait que 65.

Le fond de la cave était constitué de terre battue. Une rigole de 30 cm de large remplie de pierrailles, longeait les murs.

Le mur occidental était percé d'un soupirail; la voûte de la cave était encore partiellement bien conservée.

Dans la pièce G, aucun mur intérieur.

L'entrée devait se trouver sur une espèce de "hall" (H) ouvert au Nord-Est-Est, clôturé du côté Sud-Sud-Est par un mur bas, peut-être avec ba­lustrade, au bout duquel se dressait vraisemblablement une colonne.

On doit supposer la porte d'entrée donnant accès dans la pièce A ou B. Dans la façade Sud-Sud-Est, une porte cochère permettait d'accéder dans la pièce G, mesurant 11 mètres sur 13 mètres 60 (mesures intérieures) qui doit avoir servi de grange ou d'écurie.

 

(l) "Ce n'est pas à cette ruine que fait allusion Tandel dans les Com. Lux. en parlant de ruines à Magie-Haye, ni H. Schuermans dans les A.I.A.L.1899

 

(p.27) Les occupants disposaient donc de cinq places et d'une cave. Il se pourrait, toutefois, que les pièces E et D étaient  destinées à des fins professionnelles.

Dans la pièce E, débouchait la cave par un escalier en bois; ces deux locaux combinés peuvent avoir servi pour la préparation et la conser­vation des produits laitiers. L'éclairage de cette pièce E, ne pouvait se faire que par le mur septentrional. On peut supposer que la pièce D servait de cuisine. La véritable demeure était donc constituée par les places A, B et C.

L'aspect du bâtiment en élévation est plus problématique. Il est fort problable que les murs étaient en maçonnerie sur toute la hauteur; en tout cas, aucun fragment de torchis n'a été recueilli. Les deux ailes saillantes peuvent être reconstituées sous forme de tourelle à un étage.

Le seul fait certain, est que le toit était recouvert d'ardoises, car il fut retrouvé quantité d'ardoises trouées, les unes de forme carrée aux deux coins opposés coupés, (34 cm sur 34, épaisseur 1,5 cm à 2,5) les autres de forme triangulaire (37 cm de base sur 26 cm de hauteur).                                                                             

Comme matériaux de construction, c'est essentiellement la dalle de schiste qui fut employée. Les pierres étaient soigneusement appareillées, la face taillée, pour autant que possible vers l'extérieur, et assemblées au moyen d'une terre battue assez dure, faisant fonction de mortier.

(p.28) Ce bâtiment construit apparemment d'un seul jet et d'après un plan préétabli, auquel on n'a constaté ni transformations ni ajoutes, fut démoli par suite d'un incendie. En effet, une couche de cendres recou­vrait les ruines, plus spécialement les pavements, preuve certaine que les habitants n'ont plus cherché à remettre leur demeure en état.

La durée de l'occupation de la villa n'est pas bien délimitée. On peut s'en tenir au IIe et IIIe siècle en général, sans exclure la seconde moitié de ce dernier siècle.

On ne trouve plus trace, actuellement des fouilles effectuées à cet endroit. Le propriétaire a cultivé à nouveau son terrain.

 

Trouvailles

C'était la vaisselle la mieux représentée dans cette villa. Des masses de tessons de cruches rouges, grandes et petites y furent trouvées. La pite est fine, un peu sableuse et recouverte d'un engobe lisse; d'autres fragments de goulot de cruche en terre blanche, très cuite et rugueuse, un autre en terre beige et rugueuse, décoré d'un bourrelet à incisions. Des fragments d'assiettes de forme assez commune, de gobelets noirs, des objets en métal, deux objets en fer, trois en bronze, deux petites meules en pierre volcanique, une petite meule entière en grès, etc.

 

Nous réclamons votre indulgence si nous quittons un instant le cadre de Bourcy, mais il nous semble intéressant de citer ici, la découverte faite à Foy (territoire de Noville).

 

Découverte à Foy. (l)

 

En 1862, Monsieur Mathieu propriétaire à Foy, découvrait dans son champ situé au lieu-dit "derrière la Croix Ste Barbe", une statuette en bron­ze massif d'une hauteur de 25 cm. Aucune inscription ne permettait de l'identifier, mais comme la parcelle contenait de nombreux débris de construction romaine, les spécialistes conclurent à cette époque que la statuette représentait un légionnaire romain; personnage tête nue, à chevelure longue et bouclée, portant une tunique et sur l'épaule une peau de bête sauvage dont les pattes retombantes semblent trop peu lar­ges pour figurer celles d'un lion; (vraisemblablement la peau d'un loup) par derrière, cette peau est retenue avec la tunique par une ceinture à traits en losange, simulant des dessins frappés sur le cuir; une bou­cle ronde ferme la ceinture.

La main droite levée devait tenir une haste (lance) à en juger par la direction du trou cylindrique, aujourd'hui vide, qui traverse cette main; quant à l'autre main tendue en avant et inclinée, elle doit avoir tenu une patère à l'aide de laquelle le personnage fait des libations.

D'après la personne qui a trouvé cette statue, les yeux étaient en pierres précieuses, (disparues). (2)

 

(1) L.Lefebvre: A propos du dieu Intarabus.

(2) Bull.Com.Art-Hist. T.3I.pge 293

 

(…) (p.30) En 1892, Monsieur Mathieu entreprit de nouvelles fouilles dans cette parcelle demeurée inculte,(sur la hauteur, à l'angle de la route de Bastogne et du chemin qui conduit au château de Recogne)sur une surface de 30 m de long sur 25 m de large et 1 m de profondeur. Vu le grand nombre de pierres et de morceaux de tuiles plates retrouvée à cet endroit, une construction romaine devait manifestement s'élever à cet emplacement.

La découverte principale fut alors, celle d'une pierre blanche très dure cassée en plusieurs morceaux, d'une longueur (reconstituée) de 92 cm de long sur 45 cm de large et 10 cm d'épaisseur (l). Elle portait l'inscrip­tion dédicatoire ou votive suivante, faite sur 6 lignes et qui peut se traduire comme suit :

"Au dieu Enarabus et au Génie de la centurie d'Ollodagus, ce portique, que Velugnius Ingenuus avait promis, après sa mort, Sollavius Victor, son fils adoptif l'a fait construire".

Il découlait donc de ces découvertes qu'un temple a bien existé à Foy et que le portique était vraisemblablement dédié à 2 divinités: l'une gauloise: Enarabus, considéré comme le dieu guerrier des Trévires, et l'autre romaine: le Génie d'une centurie. Certains estiment qu'en cet endroit, dès les premiers siècles, il y aurait eu une station militaire.

En 1935, Monsieur Gaspard charruant son champ contigu à celui de Mon­sieur Mathieu trouva un petit socle en bronze portant une dédicace. Cette découverte ne sera connue que beaucoup plus tard, en 1964, par le plus grand des hasards et confirmera qu'il y avait bien à cet emplacement à Foy, un sanctuaire dédié au dieu gaulois Enarabus et dont nous donnons ici l'inscription traduite en français:

"Au dieu Intarabus, Ategniomarus, fils de Respectus, a accompli à juste titre sa promesse."

 

Notons pour terminer, et selon l'opinion de M. Vannerus, historien luxembourgeois, le mot Foy et les lieux voisins, dits Mabafoy et Nabafoy, ont une relation certaine avec le mot latin "fanum" lequel veut dire "temple".

 

D'autres petites découvertes eurent lieu à Noville (l955) aux lieux-dits à l’ Creûs ("a l'Creux"), à Mwarlé ("Moirlé") et â Potau ("au poteau").

A Bourcy, des investigations plus poussées devraient être poursuivies, notamment en différents endroits; " Sur la tombe", "la Tombe" et "en-dessous de la Tombe", ces endroits ne signifient-ils pas que jadis se trouvait là quelque sépulture ? N'oublions pas que nos ancêtres ont donné à ces lieux une dénomination d'origine naturelle. En tenant compte de la situation des lieux, un plateau élevé disposant d'une large vue sur la région, ce qui permettait d'apercevoir à l'est comme au sud l'ancienne voie romaine. La densité des cimetières est liée à celle des grands-routes, sachant que chaque habitat a eu son cimetière et qu'il se trou­vait habituellement le long des chaussées ou le long d'un chemin qui re­joint une chaussée importante.(prov. de Lux: 216 cimetières, 85 villas et 325 km de routes).

Nous ne poursuivrons pas plus avant les découvertes faites tout le long de cette voie romaine. Sachons seulement que de nombreuses trouvailles furent faites déjà au siècle dernier sur le territoire de Rouvroy, Steinbach, Limerlé et Cetturu. De nombreuses fouilles sont faites par le cercle Segnia d'Houffalize, un peu partout dans la région, fouilles qui donnent des résultats des plus intéressants.

 

(1) Cette pierre se trouve au Musée du Cinquantenaire (Bruxelles).

 

(p.31) Nous nous sommes attardés quelque peu à la période romaine, mais elle fut très importante et nous faisait entrer directement dans l'Histoire.

10:57 Écrit par justitia & veritas dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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