09/04/2009

3.1.1.1 Histware / histoire: èpoke romin.ne / époque romaine

3.1.1.1 Epoque romaine  (Octave, 1973, 23)

 

Les Romains, conquérants, organisateurs et constructeurs, ont doté notre pays d'un admirable roseau routier. Ces routes étudiées et repérées par d'éminents chercheurs ont été retracées et approfondies, pour ressusciter ces antiques chemins, pour rechercher la raison de leurs tracés, pour interroger les sites, les vestiges de ruines peu apparentes, ruines qu'il faut parfois découvrir sous la surface du sol.

Un laborieux travail de prospection et d'études permit de découvrir le réseau antérieur des Gaulois. La présence de mégalithes et la toponymie allaient, entre autres, les guider pour reconstituer les antiques itiné­raires et leurs abords.

Ces merveilleuses routes rayonnant en sept branches autour de Bavay sont-elles uniquement des créations dues au génie romain ?

Si les légions de César pénétraient sur notre sol avec aisance, disons même avec une certaine rapidité, c'est que certaines pistes leur ouvraient le passage.

Un des premiers soins des Romains lorsqu'ils occupèrent la Gaule fut d'abord l'aménagement des anciennes pistes gauloises en voies militaires plus nombreuses. Il fallait assurer des communications rapides entre les divers camps militaires pour faciliter le déplacement des troupes; il fal­lait aussi approvisionner ces garnisons.

Ils améliorèrent certaines routes en les élargissant, les rectifiant et par contre, en négligèrent d'autres, moins utiles. Petit à petit, des chemins secondaires ou "diverticula" servirent de trait d'union entre les grandes chaussées. Tout le long de ces grands axes, ils créèrent des camps  (Castia) et des fortins (Castilla). Plus tard, l'Etat Romain établit sur ces routes, des relais, des stations publiques.

Les gros propriétaires et les soldats retraités fondèrent des exploitations rurales (villae) à courte distance de ces routes. Ces villas agricoles Etaient d'ordinaire, établies sur des promontoires comme pour rester en quelque sorte, en communication avec les autres. Comme le dit l'Abbé Sulbout dans ses études: " Les "villae" étaient loin de présenter de médiocres demeures. Des pavements de mosaïques, richement décorés, attestent de la richesse du maître vivant dans l'aisance et la sécurité. Il exploitait avec ses colons la terre ou quelque industrie, le bois, la pierre,  les métaux, ou se livrait à l'élevage.

Une nombreuse population attirée par la chasse, le négoce, le trafic devait sillonner le pays en tous sens, d'où des échanges commerciaux par chariots entre les régions de l'Empire. Le réseau routier fut aussi la voie ouverte à la culture, aux arts partis de Rome et qui se diffusèrent dans toutes les régions. En un mot, si au début les routes romaines jouè­rent un rôle militaire stratégique, elles eurent bientôt une importance économique et administrative incontestable.

 

(p.24) Suivons rapidement un itinéraire.(1)      

                                       

Partons de Bavay (Bagacum) capitale gallo-romaine, située entre Valenciennes et Maubeuge,  à moins de 10 km de la frontière belge. De Bavay, sept voies menaient vers les régions voisines comme une étoi­le à sept branches qui constitua le réseau routier de la Belgique romaine. La route que nous prenons est celle dite de Bavay-Trêves, qui entre en Belgique à Montignies-St-Christophe,  se poursuit par Chastres, les hauts-plateaux de l'Entre-Sambre et Meuse jusqu'à Bouvignes-sur-Meuse, puis vers Nassogne (l'antique Nassonacum), traverse le bois de Nassogne, la forêt de Freyr, atteint Sprimont-sous-Amberloup. Par Flamierge, Mande Saint-Etienne, la chaussée atteint Bastogne, où elle croise les chaussées principales Arlon-Tongres et Reims-Cologne.

Par Marvie et le Bois de Jean Collin, la chaussée pénètre dans le Grand-Duché de Luxembourg, où elle traverse la Haute-Sûre, passe au Sud de Diekirch et de son menhir,  puis au Nord de Waldbillig et de son dolmen. La chaussée franchit la Basse Sûre avant d'atteindre Trêves, capitale de la Belgique première.

La tradition rapporte qu'à Bavay se dressait autrefois une colonne heptagonale dont les faces correspondaient aux sept chaussées (l'existence de cette colonne n'a pas été prouvée)La colonne posée au milieu de la Grand-Place de Bavay et qui fut détruite à la fin du XVIlIe siècle,  ne datait que du commencement du XVIIe siècle. On la remplaça en 1816 par un petit obélis­que. En 1872, on substitua à ce modeste monument une grande colonne couronné d'une statue de reine.C'est la colonne actuelle des sept Chaussées ou « Colonne Brunehault ».Elle porte l'inscription suivante: « Ce monument a  été réédifié en l'an 1872 au point central où aboutissaient les Sept Chaussées. Ces voies furent construites par Marcus Agrippas,  lieutenant de César Auguste, vers l'an 25 avant J.C. et restaurées par la reine Brunehault morte en 613 ».

 

(p.24) La voie principale greffée sur la grande artère Reims-Arlon-Trêves, fut celle,  qui,  partant d'Izel,  passait à Straimont, Ste Marie-Chevigny, Bastogne, Bourcy, Haut-Bellain,  en direction de St-Vith, Amel, Zülpich par Gemünd, toujours en suivant une crête de partage des eaux entre deux affluents de la Roer, puis enfin Cologne (C. Peutinger).

Suivant G. Jottrand, plusieurs batailles furent livrées le long de cette voie romaine au cours des siècles: en 712, par Charles Martel et en 1387, par l'armée du roi de France Charles VI contre le jeune duc de Gueldre.                                                          

Mais ce n'était pas seulement les armées qui au cours des siècles se servaient de la vieille voie: le commerce faisait de même, puisqu'on rappelle différents droits de douane et de haut conduit que devaient acquitter les marchands à St-Vith et à Beslain.

En 1253, le duc de Luxembourg Henri II dit "Le Blondel" restitua cer­taines villes en échange des droits de douane et de haut-conduit à per­cevoir sur les marchandises-transportées par ce chemin de St-Vith. (l)

Comme le disait le professeur E. Ewig:" La route Reims-Cologne était l'artère principale des Ardennes franques".

Il y a eu de nombreuses polémiques sur le tracé exact de l'arrivée et de la traversée de Bastogne, mais nous laisserons aux spécialistes le soin de résoudre un jour ce problème.

Reprenons ici le tracé de Monsieur L.Hector (2). Cette chaussée arrivait donc à Bastogne par le chemin de Musy, faisait un coude vers la droite coupant la grand-route de Marche un peu à l'est du pont du chemin de fer et venait se souder à angle droit à la grand-rue actuelle,  à peu près à l'emplacement où se trouvait le magasin Poste-Fraselle, soit à la Porte Haute du Moyen-Age".

De là, elle descendait la grand-rue pour sortir de la ville, en lon­geant le mur du séminaire et arrivait à un endroit devenu célèbre depuis la dernière guerre,"Le Mardasson", en se dirigeant ensuite vers Bizory mais sans atteindre le village, tournait à gauche pour arriver à l'endroit dénommé Miltombe (Maltombe au 17e s.). Il y a quelques années plusieurs découvertes romaines furent faites en cet endroit, non loin de la halte de Bizory, où une chaussée empierrée est encore visible par endroit.

Ce vieux chemin ou "vî voye" suit en partie la ligne de chemin de fer Bastogne-Gouvy, mais est fortement rétréci par l'empiètement des champs. Ce chemin est encore emprunté chaque année par la "procession de Cologne" dont nous parlerons plus loin.

Nous arrivons ainsi, par ce chemin en mauvais état, avec des ornières se remplissant d'eau à la moindre pluie, en un lieu reconnu comme le plus élevé de la commune de Longvilly, appelé "Dame Hevez", où jadis s'élevait la  "potence de la justice"." Le 27 avril 1627,  la  "Haute Cour de Longvilly"condamne deux voleurs au gibet"signe de Haute Justice y planté proche d'un arbre hestre en un lieu fort  éminent appelé  "Dame à Vé" (Dame du Vez) lieu dit formant le point le plus élevé de la chaîne ardennaise (Archiv. de Metz)(sous l'ancien régime la peine capitale était la pendaison).

Cette crête marque la ligne de séparation des bassins de la Meuse et du Rhin. Elle offre d'ailleurs une large vue sur le paysage.

 

 

VILLA ROMAINE (Octave, 1973, 26)

 

A l'endroit dénommé "Aux magiets"(maceriae : ruines) situé à la limite des communes de Longvilly et Noville, section Bourcy, à environ 1400 m. au SE de la voie romaine, en empruntant le "chemin des morts" qui va de Michamps à Noville, ont été décou­vertes en  1953/1954, lors des fouilles effectuées par les soins du Service des fouilles de l'Etat, les ruines d'une villa romaine, villa agricole de type fort simple (l).

Résumons le compte rendu de Monsieur Roosens paru dans le bulletin des musées royaux d'art et d'histoire (1955).

La fouille de Bourcy a révélé un bâtiment, construit sur un plan que l'on peut qualifier de rectangulaire, mesu­rant 24,60 mètres de long sur 12 m 30 de large, dont l'axe longitudinal était exposé au Sud-Sud-Est.

En général, les fondations du bâtiment étaient encore bien en place. Les murs apparaissaient déjà entre 10 et 20 cm sous la surface; ils étaient parfois conservés sur une profondeur de 70 cm. L'assise consistait en un lit de pierrailles de 70 à 75 cm de large sur une hauteur de quelque 25 cm, sur lequel était placé, dans le sens de la longueur, et seulement du côté intérieur, une dalle de schiste. Ce soubassement supportait le mur propre­ment dit, large de 65 cm, composé de dalles de schiste, reliées par une terre battue noirâtre. Les murs intérieurs avaient des assises de dalles posées à plat.

10:58 Écrit par justitia & veritas dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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