09/04/2009

3.1.1.6 Histware / histoire: 1830-1914

3.1.1.6 De 1830 à 1914

 

TIRAGE AU SORT  (Octave, 1973, 36)

 

Le " tirage au sort", appelons cela "un mode de recrutement" remonte en Belgique à la conscription napoléonienne. Cette loi, née de la guerre et de la révolution,  imposée de force,  fut le produit d'un régime de despo­tisme pour aider l'oppresseur à tenir notre patrie sous son joug.  Quand en l'an VI de la République française avaient  été apposés les premiers placards annonçant l'extension à la Belgique des lois sur la conscription, ce fut la guerre des paysans, petites troupes mal organisées et vouées à la défaite. Les Belges restaient farouches et hostiles à ces enrôlements, et bon nombre furent réfractaires ou déserteurs.

La conscription est restée presque la même durant des années, triste néces­sité sans doute, même lorsque notre pays pu jouir d'une ère de paix et de prospérité. (La nouvelle loi sur la milice du 3 juin 1870, apporta un changement important au système de recrutement de la loi du 8 janvier 1817.)

Jusqu'à l'établissement du service militaire personnel en 1910, (l'année 1909 fut la dernière année du"tirage au sort") la cérémonie de ce mode de recru­tement,  était dans nos communes rurales, un événement très important.

" Tout Belge était tenu de se faire inscrire pour la milice pendant le mois de décembre de l'année où il avait 19 ans accomplis". Vers la fin de février avait lieu le « tirage » pour les jeunes gens inscrits.

Le contingent annuel était divisé en deux parties: l'une active, l'autre de réserve assignée à l'infanterie. Chacune de ces deux parties était répartie entre les provinces, et par la Députation permanente, entre les cantons de milice composés de une ou plusieurs communes. (1)

La répartition était faite proportionnellement au nombre d'inscrits de la levée. Au jour fixé par le Gouverneur et annoncé par affiches, le tirage se faisait  sous la direction du Commissaire d'Arrondissement, assisté de deux membres du collège échevinal.

Le Commissaire d'Arrondissement, après avoir fait connaître le chiffre des ajournés de chacune des deux catégories, paraphait et comptait à haute voie autant de numéros qu'il y avait d'inscrits pour la levée. Il déposait en­suite les numéros dans l'urne.

Les numéros les plus bas en montant jusqu'à ce que le nombre requis de miliciens à incorporer soit complet, désignaient les inscrits qui feront partie de l'armée  active;  les numéros les plus élevés en descendant jus­qu'à ce que le nombre  également requis  soit complet, désignaient les ins­crits qui feront partie de la réserve.

Les premiers et les derniers nu­méros, sont attribués de droit,  respectivement aux deux catégories d'a­journés et dont le numéro avait été appelé pour la formation du contin­gent de l’armée où ils avaient tiré au sort.  L’une de ces listes compre­nait les ajournés de la  partie active du contingent,  l'autre,  ceux de la réserve"(Loi sur la milice)(I)

L'appel du nom se faisait par lettre alphabétique. L'inscrit prenait un numéro dans l' « urne » ou «  tambour », le remettait au commissaire qui, après avoir crié et inscrit le numéro,  le rendait à l'intéressé.

Les " bons numéros" étaient  les numéros les plus élevés. Les "mauvais" étaient  les numéros les plus bas, donnant ordre de service; plus une troisième catégorie, "la réserve"(ou "balance")

Le milicien qui était "dehors" recevait un congé définitif.  Celui qui avait pris un "mauvais" numéro, devait se rendre 1 mois après le tirage, au chef-lieu du canton de milice où avait  lieu la visite au Conseil de révision.

 

(1) Hubert Leemans: Loi sur la milice: 870, p.95, art.19

 

(p.37) Au milicien défavorisé par le sort, on lui fournissait le moyen d'échap­per au service: il pouvait payer un remplaçant. Celui-ci devait satis­faire naturellement aux conditions requises, mais le remplacé était néanmoins responsable, c'est-à-dire,  qu'il devait être désigné pour le ser­vice si son remplaçant désertait, se faisait chasser de l'armée ou était condamné à la dégradation; (il pouvait s'affranchir de toute responsabi­lité en versant à la caisse de l'Etat, une  somme dans les dix jours qui suivaient l'avis que son remplaçant était admis).

Si aucun remplaçant ne se présentait, certains miliciens passaient une annonce dans le journal.

Qu'elle était la rémunération des volontaires? Elle variait. Ainsi, en 1899/1900, elle  était de 1.600 frs, en 1903,  de 1.700 frs et en 1909, dernière année, de 1800 frs.

On devine la  joie de ceux qui exhibaient un bon numéro et la désillusion des autres.  Pourtant ceux-ci manifestaient comme les autres, arborant à leurs chapeaux leur numéro. On buvait sec pour fêter l'heureuse chance, ou pour noyer la déception.

Nous avons trouvé, par hasard, une liste de " tirage au sort" de la commune de Longvilly,  de l'année 1902. Nous la reproduisons ci-dessous, (…).

 

Numéro le plus haut : 130, le plus bas : 20 (appelé aussi  "le bidet") :

 

DELCHAMBRE François  

57

LAMBERT Jules

97

FLAMANG Jules 

44

LAUKES Alexandre

34

FRICOT Lubert

55

LOMMERS Félix

106

GLESNER Melchior 

63

MAQUET François

75

GUEBEL Victor 

95

SCHLECTER Jean

86

JACQUEMIN Eudore  

82

SIMON Joseph

38

JACQUES Joseph  

58

THINES Ch.

40

KENER Louis      

67

TIERNES E.

76

KUPPER L

25

 

 

09:27 Écrit par justitia & veritas dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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