09/04/2009

3.1.1.7 Histware / histoire: 1914-1918

3.1.1.7 De 1914 à 1918

 

LA GUERRE 1914-1918 (Octave, 1973, 110)

 

La nuit du 31 juillet au 1er août fut une nuit mémorable. La paix et le calme des villages fut troubles par de fiévreuses sonneries de clo­ches, par des appels de clairons:" Soldats levez-vous, courez à la dé­fense du sol menacé". Heures marquées par d’émouvantes scènes d'adieu. (1)

Le 2 août 1914, à 7 heures du matin, le ministre d'Allemagne remettait au Gouvernement belge la note du Gouvernement allemand, annonçant l'intention de violer le territoire et demandant une neutralité bienveillante, à défaut de laquelle le règlement des rapports serait laissé à la décision des armes

Le 3 août, le Gouvernement belge remettait une réponse négative. Dès ce mo­ment les préparatifs de résistance s'accentuèrent, l’ordre vint d'abattre les arbres pour obstruer les routes, surtout dans la partie nord-est de la province.

Le 4 août, Monsieur de Broqueville annonçait la violation du territoire.

L'Allemagne est reliée au Nord du Luxembourg par 4 grandes routes, dont 2 tra­versent le Grand-Duché :

 

1 la route Recht-Petit-Thier-Vielsalm,

2 la route St Vith-Beho

3 la route Allerborn-Longvilly-Bastogne

4 la route Wiltz-Bastogne.

Bordant toute notre frontière, la région fut tout de suite piétinée par l'envahisseur. Le premier soin de l'ennemi fut de détruire le téléphone, le télégraphe et les correspondances restées en souffrance dans les bureaux de poste.

 

Les troupes entrèrent à Beho dès le 4 août et se dirigèrent vers Bovigny. Le 5 août, vers 4 heures de l'après-midi, 5 uhlans passèrent la  frontière grand-ducale d'Allerborn à Longvilly et arrivèrent à Bourcy,  place de la gare. Le 7 août, il en arriva 35, puis une compagnie de cyclistes qui fit déblayer les routes de Moinet et de Boeur encombrées d'arbres abattus. D'importants mouvements de troupes commencèrent le  lendemain;  ils emprun­taient aussi les routes secondaires: le  sentier de Troine à Buret, la vieille route de Boeur-Bourcy (au lieu-dit Bâneû (‘Banneux’), on raconte qu'un ca­valier allemand, fit une chute dans l'étang et perdit son cheval. Ils occupèrent bientôt tout le réseau des voies de communications. Cependant les armées françaises avaient, elles aussi, pénétré sur notre sol pour nous porter secours. (C'est la version historique officielle; en fait, la France préférait mener une guerre forcément destructrice sur le sol belge ...La  cavalerie fit une courte apparition avec le corps du général Sordet (12.000 à 13.000 chevaux =  3 divisions). A Dame-Havez sur 1'ancienne route romaine, il y eut un bref combat entre des Allemands et des éclaireurs français.  Ils se  firent acclamer le 5 août à Neufchateau,  Bouillon, Florenville, St Hubert, Libramont, à Bastogne le 6 août, le 7 à Houffalize. Le 1er soldat français mort sur le sol belge tomba à Houffalize le 7 août à 7 h 30 du matin. Mais bientôt l'ordre retentit de refluer, les troupes françaises durent céder le pas sous la forte pression de l'invasion allemande.  Le 10 août, Bastogne fut envahi par les casques à pointe.  Chaque avance des forces allemandes était marquée par des sévices exercés sur des civils, sévices plus ou moins im­portants suivant les localités. Parfois, ce ne furent que de pures manoeu­vres de terrorisation dans le but de mater les habitants et faciliter les réquisitions; ailleurs, la férocité et l'excitation sauvage des troupes allemandes firent des victimes, telles que les deux civils exécutés à Bertogne, ou des destructions, telles que l'incendie des maisons à Mabompré, Ortho, etc.

Bourcy échappa à de tels sévices. Les Allemands occupèrent dès les pre­miers jours l'école de Monsieur Mathieu, l'église, qui fut dégagée de son contenu afin de permettre à la troupe de l'occuper, et bien sûr, nombre d'habitations, également en vue du logement de la troupe.

 

(1) Ch. J. Schmits: Invasion allemande dans la prov. de Luxembourg

 

(p.111) Ils réquisitionnèrent des hommes et des attelages pour assurer divers transports de denrées, faciliter l'approvisionnement des années, et ef­fectuer un peu partout les travaux de déblaiement. Un Allemand serait décédé à Bourcy durant cette période. Sa tombe se trouvait jadis au cimetière de Bourcy dans le coin gauche de l'entrée. Ces restes furent rapatriés, dit-n,  durant l'occupation de 1940/45.

Cependant la seconde avance allemande fut plus importante que la première. Ce fut le passage jour et nuit de l'infanterie, de l'artillerie et de convois de ravitaillement de plus en plus importants.

Les Allemands en voulaient particulièrement au clergé. A Noville, l'abbé X.Collard, curé à l'époque et monsieur Auguste Lecomte furent pris comme otages pendant quelques jours par des Saxons.

A Bourcy, monsieur le curé Bodson, le bourgmestre et le garde-champêtre furent également gardés comme otages au presbytère. Les deux derniers furent libérés rapidement. Il n'en fut pas de même de l'abbé Bodson. (…)

A part cet épisode, rien de grave ne se passa durant ces années. Pour tout déplacement un laissez-passer était nécessaire. Les hommes munis d'une carte spéciale devaient se présenter chaque mois au  "Kontrolle" afin de faire viser leur présence dans la commune.

En 1916, il y a eu quelques jours d'émotion lors de la  réquisition des hommes qui partirent,  (…) pour Bastogne. Mais finalement tout se termina bien grâce à l'intervention du bourgmestre qui, raconte-t-on, flat­ta les Allemands en leur offrant un dîner bien arrosé. Ils rentrèrent quelques jours plus tard, ayant échappé à la déportation.

 

(p.113) Il se créa un "Comité de Secours et d'alimentation du Luxembourg"; c'était un "Comité hispano-américain" de ravitaillement qui avait pour but l'achat de vivres pour les habitants. Comme dans toutes les occu­pations, les rations étaient limitées, mais dans nos villages si on manquait d'un bon nombre de choses (c‘était l'époque de la "céréaline") nul ne souffrit vraiment de la faim. Les saloirs se remplissaient quand même, au nez et à la barbe de l'occupant.

Fin octobre 1918, les troupes allemandes commencèrent à refluer vers les frontières, c'était une armée désorganisée qui avait perdu la mor­gue des années précédentes. Vers cette date, une installation de boulan­gerie allemande occupa à Bourcy, "les prés Colas" durant quelques jours, ravitaillant les dernières troupes. Les enfants du voisinage ne se gê­naient pas pour leur dérober de temps en temps quelques pains. Vers la fin de l'année 1918, des Italiens apparurent dans la région, leur uniforme était verdâtre comme celui des Allemands, vivaient chez l'habitant ou dans les dépendances.  Selon certains témoins, ils souffri­rent surtout du froid, cela se comprend.

La grippe espagnole apparut chez nous dans les années 1918-1919. Elle sévissait partout et de nombreuses personnes en furent touchées, même mortellement.

Pourquoi ce nom de grippe espagnole contre laquelle on se trouvait désar­mé? Simplement dit-on, parce qu'en Europe, les hécatombes avaient com­mencé au-delà des Pyrénées.

Détail important que soulignèrent les journaux du temps, la grippe es­pagnole massacra plus particulièrement les adultes et parmi ceux-ci les gens en pleine force. Elle négligea (ou presque) les enfants et les vieillards. (Au contraire, l'épidémie d'influenza de 1889, de sinistre mémoire aussi, enterra surtout les moins de vingt ans et les plus de cinquante ans.)

 

Voici la  liste des anciens combattants de 1914-1918 de la commune, liste que nous avons essayé, de reconstituer le  plus complètement possible. (p.113-114)

 

 

 

Docteur

Albert HUBIN

né le 8 février 1883, à St-Servais, engagé comme volontaire pour la milice de 1903, vint habiter Bourcy le 25 octo­bre 1906. (Il avait construit la maison Dufourny actuelle). Il rejoignit son poste à la déclaration de guerre et fut attaché à la 1ère Section d'hospitalisation de la  2me Division d'armée; comme médecin-adjoint ;

attaché au 8e régiment d'artillerie de tranchée au début de 1917 ;

attaché à l'hôpital de  passage à Calais, puis à l'hôpital militaire à Calais le 2 novembre 1917 ;

attaché au 5e régimt. de Ligne le 25 mars 1918 ;

décédé à Vinckem (Furnes) le 8 mai 1918. (1)

Edouard L. François KRACK

né à Bourcy le 12 octobre 1893,  cadet de neuf enfants. Engagé au 12e de ligne comme volontaire de carrière pour un terme de milice prenant cours le 1er octobre 1911. Il se trouve à Bouillon,  lors de la  dé­claration de guerre,  termine celle-ci au 10e de ligne et au 8e de ligne  comme adjudant. (1) Il fut de nouveau au combat en 1940 (voir plus loin.)

Jean ROULING

né à Arloncourt en 1869. Entré au 6e de ligne en 1889 par tirage au sort du 20 juillet 1889, il est entré en service actif en octobre de la même année. Devenu officier,  il s'est senti attiré par le Congo belge. Entré dans les cadres de la force publique en 1905, il fut bientôt chargé de missions. La guerre de 1914 lui permit de mettre en valeur ses bril­lantes qualités militaires. Grâce à sa volonté farouche, il fut appelé "le sanglier des Ardennes". Le 3 juillet 1916, à Kato (2), il livrait au Hauptmann Godovius, commandant des forces allemandes, un sanglant combat de 6 heures environ,  avec un effectif très inférieur. La colonne ennemie fut complètement détruite et son chef fait prisonnier. Rouling fut gravement blessé de 5 balles dont une lui avait percé l'oeil gauche. Il fut surnommé le "vainqueur de Kato", l'un des combats les plus terribles de la campagne africaine. Major en 1916, il fut nommé lieutenant-colonel en 1919. Pensionné le 28 juin 1921, fut nommé colonel à titre hono­raire en 1924. Il est décédé à Bruxelles le 16 novembre 1939 et repose au cimetière d'Arloncourt. Bastogne a  donné son nom à une rue de la ville. (1946)

Alphonse BREVERS

de Bourcy

Emile BEAULIEU

Longvilly

Joseph  BOCK

Longvilly - tué

C.  CHWINNEN

Longvilly - déporté

A. DEROUANNE

Michamps

Emilien FRERES

(Longv.) Bourcy

Jules GUEBEL

(Longv.) Bourcy

A. GRESSE

Michamps

F. HENQUINET

Longvilly

O. JACQUEMIN

Bourcy (ch. de fer)

T. KESCH

Michamps

PHILIPPART

(Vesqueville) Bourcy

Louis PICARD

Longvilly

L. PIRON

Longvilly

Camille LUC

Longvilly   

O. MARCHAL

Longvilly - tué

P. MARCHAL

Longvilly - tué

J. MOINET 

Michamps

Edouard RIES

 (Moinet) Bourcy

SCHWINNEN

Longvilly - tué ou prisonnier ?

SLEITER ?

Longvilly - décédé en Allemagne

TIERNES

Michamps

Michel FETTEN

(Buret) Bourcy

J. CLOSE

Tué

 

(1) Arch.Armée Bxl: Etats de service.

(2) Kato : à l'ouest du lac Victoria (Congo belge).

 

 

09:26 Écrit par justitia & veritas dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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