09/04/2009

3.1.5 Lès scoles / les écoles

3.1.5 Enseignement

 

INSTRUCTION (Octave, 1973, 94)

 

Chez les Gaulois,  l'instruction était dans les mains des druides qui étaient à la fois, prêtres, médecins et juges.

Charlemagne fut le principal artisan des écoles. Il fit paraître dans ses domaines,  des ordonnances obligeant tout curé d'entretenir à ses frais un clerc, chargé de la tenue d'une école. Pourtant la position du curé n'é­tait pas brillante, et avec ses maigres revenus, n'était pas toujours à même d'entretenir un clerc-maître d'école. Aussi le canon XIX du Concile de Trêves de 1236, porte: "Que les curés ou les vicaires ayant huit marcs d'argent de revenus" entretiennent un "écolier ou un maître d'école let­tré, pour les servir dans leurs offices." Dès que les ressources du curé le permettaient, il était obligé de tenir, au dire des Chartes, un maître d'école ayant suivi les cours d'une  école latine. Si les ressources de la cure n'y suffisaient pas, c'était le curé en personne qui devait faire l'école aux enfants.

Le prêtre donnait alors surtout des leçons de catéchisme et de français. Les enfants apprenaient en même temps à rédiger les pièces nécessaires dans le commerce ordinaire de la vie. Aux plus avancés, on apprenait le calcul élémentaire et la manière d'établir un compte d'après le système monétaire alors en usage.

Les parents désireux de faire instruire leurs enfants participaient aux frais, en lui payant 2 à 3 sols par mois.

Quant aux résultats obtenus par ces écoles, il faut bien se dire que le but était d'apprendre à lire et à calculer: apprendre à écrire venait ensuite, ce qui s'explique par les difficultés qu'elles éprouvaient à se pro­curer les objets nécessaires à écrire. On ne connaissait pas encore la bonne vieille ardoise,  le papier était cher, pour écrire, on utilisait la plume d'oie qu'il fallait tailler. Il fallait tenir compte aussi des temps de guerre, des calamités diverses, des travaux des champs où participaient même les jeunes enfants, des distances à parcourir, des longs hivers,  peut-être un peu aussi de l'indifférence.

Le nombre des analphabètes était relativement élevé, beaucoup de personnes signaient à l'aide d'une simple croix.

Mais vers le 18e siècle, les parents, comprenant la nécessité de l'instruc­tion, envoyèrent de plus en plus les enfants à l'école, du moins jusqu'à leur première communion et surtout durant les mois d'hiver, c'est-à-dire du 1er novembre jusque Pâques.

La loi du 30 avril 1836 imposa aux provinces l'obligation d'accorder des secours aux communes pour l'instruction primaire. A partir de 1837, l'ac­tion de la province fut jointe à celle de l'État: obligation d'avoir dans chaque commune au moins une école communale adoptée ou privée. Mais hélas les instituteurs ne recevaient que des ressources locales, ce qui veut dire des allocations insuffisantes.

L'instituteur était alors choisi par les parents des élèves, de gré à gré, et qui fixaient entre eux létaux des rétributions mensuelles. Ils fournis­saient à l'instituteur un local meublé pour l'instruction, le logement et le chauffage (les habitants intervenant chacun dans le chauffage pour une quote-part). Il lui était payé pour chaque élève la somme mensuelle de 17 cents,   somme versée par les parents solvables, plus, une subvention de la commune pour les enfants indigents.

 

Le florin,  base du système monétaire valait 20 sols ou patards.

Le liard= 1/4 de sol ou de patard - le patagon= 48 sols ou 2 florins 8 sols.

Il y avait aussi des 1/2 sol en argent et des liards en cuivre et des doubles liards.

 

(p.95) Suite à la loi de l'instruction primaire du 25 septembre 1842, l'instituteur devait être porteur d'un "brevet délivré par la com­mission d'instruction publique".

Vers les années 1842/45, il existait déjà des concours d'instituteurs annoncés par les communes, dans les journaux et mentiomant les avantages.

Par exemple: traitement fixe 400 frs ; subvention pour l'instruction des enfants indigents 100 frs ; rétribution des enfants solvables 200 frs ; plus le logement.

Les enfants susceptibles de fréquenter l'école étaient divisés par classes. Ainsi, Bourcy, avait en ces années,  26 enfants divisés en trois classes et pour lesquels l'instituteur recevait: (1) Pour la 1ère classe:  3 florins 77 c  pour 1 enfant ; 5 florins 74 c. pour 2 enfants ; 7 florins 54 c. pour 3 enfants ;

pour la 2me classe: 2 florins 77 c. pour 1 enfant ; 3 florins 73 c. pour 2 enfants ; 5 florins 34 c. pour 3 enfants ;

pour la 3me classe: 2 florins pour 1 enfant ; 3 florins pour 2 enfants ; 4 florins pour 3 enfants.

 

Les enfants ayant plus de douze ans et qui voulaient encore fréquenter l'école étaient portés sur l'état des parents ou tuteurs, et soumis aux dites taxes des rétributions affectées au traitement de l'instituteur.

En 1879, le ministre libéral Frère Orban fit voter une loi, appelée: "la loi du malheur de 1879", loi qui déclencha des conflits entre libéraux et catholiques, et qui se répercuta jusque dans nos villages. Elle inau­gurait l'enseignement neutre dans les écoles, les cours de religion ne pouvant être donnés qu'en dehors des heures de classe. Cette loi fut remplacée par les lois de 1884 et 1895; ce fut la fin du conflit entre l'Eglise et l'Etat.

Les vacances d'hiver prenaient cours le 25 décembre jusqu'au 1er janvier, les vacances de Pâques, du Jeudi-Saint au 2e lundi après Pâques, et les vacances d'été, du dernier samedi d'août jusqu'au 1er lundi d'octobre.

Longvilly fut la première localité de la  commune à posséder un local des­tiné à l'usage d'école (avant 1843). Les habitants de Bourcy et Michamps prétextant l'éloignement, se cotisèrent pour trouver également un local adéquat, même Arloncourt posséda finalement sa petite  école privée.

La commune, administrée par des personnes conscientes de la nécessité de l'instruction et afin de remédier à l'insuffisance scolaire de certains adultes, décida par délibération du Conseil communal d'octobre 1874 (A.R. du 1.9.1866), d'établir dans la commune quatre écoles pour adultes (instruction gratuite), plus une 5e section à Arloncourt. Les frais furent supportés, partie par la commune et partie par l'Etat et la Province. Vers 1875, il y fut même annexé une petite bibliothèque.

A mettre également à l'actif du Conseil communal (1) l'achat en 1870, de quatre exemplaires de l'appareil (inventé par Mr Leval, instituteur à Paris) servant à la démonstration du système métrique dans les écoles primaires.

A dater du 1er janvier 1875, toujours par arrêté du Conseil communal, l'enseignement fut   complètement gratuit.

 

(1) Registre aux délibérations communales

 

(p.96) Dès 1864, on parlait de projets de construction d'une école primaire à Bourcy. En 1868, les travaux de construction furent dressés par l'archi­tecte provincial de Bastogne. En 1883, elle fut complètement restaurée.

 

 

INSTITUTEURS DE BOURCY

1863

Henri Joseph BARTHOLOME ( on comptait alors 14 enfants solvables

et 20 enfants pauvres)

1864

LAFFALIZE

1865-1882

Antoine LAMBERT de Rosières

Celui-ci fut mis en disponibilité pour cause de suppres­sion d'emploi.(6 enfants) (guerre scolaire). Il avait épousé Melle V. Schwinnen de Moinet.             

 

L'école communale fut remplacée par l'école mixte adoptée dirigée par Monsieur Jean Joseph MATHIEU de Bourcy, vu le certificat lui délivré par les chefs de famille dont les enfants avaient fréquenté son école depuis 1879.  (MATHIEU s'était engagé à subir l'examen exigé par la loi) (1). Celui-ci fut nommé à l'unanimité du Conseil communal aux fonctions d'instituteur communal, en date du 5 février 1896 (J.J. MATHIEU: né le 22 juillet 1859, il était porteur d'un diplôme d'instituteur primaire délivré par le Jury de l'Etat à Nivelles sous la date du 12 avril 1886. Il resta en fonctions jusqu'à sa retraite en 1920, et dirigeait également l'école  d'adultes le soir, trois fois par semaine. Il est décédé en 1927. Il avait épousé Marie Octave de Bourcy en 1899.

1920-1940

1941-1945

1945-1960 

Maurice WAGNER, né à Turpange (Messancy) le 22 septembre 1899; il fit ses  études à l'Institut Ste Marie d'Arlon où il fut diplômé en 1918. Après avoir enseigné quelque temps à Dolhain, il fut d'abord intérimaire à Bourcy, puis nom­mé définitivement le 1 avril 1920.  Durant la guerre 1940/1945, Monsieur Wagner fut emprisonné par les Allemands et remplacé durant cette  période, par Monsieur Roger FRERES de Bourcy.

Il quitta Bourcy en 1960 et fut fêté par l'Administration communale le 21 août 1960,  en remerciement de son dévoue­ment durant ses 40 années de fonction. Il a compté en tout 246 élèves dont deux prêtres.  Il est décédé à Liège en 1964. Il avait  épousé Melle Simon de Bovigny. (L'école d'adultes fut supprimée en 1927)

1960-

Depuis 1960, Monsieur Gilbert MICHEL de Rachamps fut son dévoué successeur. Il est né le 24 novembre 1940 et diplômé de l'école nor­male de Carlsbourg.  Son école comptait en 1971 21 garçons.

(ensuite :)

école mixte

Monsieur Yannick PIELTAIN

Monsieur Pol MAHY

Madame Véronique RIES(à compléter)

(1) Arch. communales.

ECOLE DES FILLES

 

Dès les premiers jours de la déclaration de guerre en 1914, les Allemands occupèrent immédiatement les locaux de l'école mixte de Monsieur Mathieu. Après quelques temps d'interruption,  la fréquentation de l'école repris, mais uniquement pour les garçons.

L' école libre s'installa dans les locaux du presbytère, appelés  "le Patronage",   et mis à sa disposition par Monsieur l'abbé Bodson,  alors curé de la  paroisse.

 

 

-1916

La première institutrice pour l'école des filles fut: Mademoiselle Marie CROUTELLE de Tavigny. 

1916-1918

Lui succéda Mademoiselle Bertha EMOND de Ethe, habitant ensuite Ath.

 

Avec Mademoiselle GODEFROID de Gouvy, l'école des filles fut transférée dans une habitation du « Ministère ». Pourquoi "Ministère"? Sans doute parce que ces petites habitations appartenaient à un nommé Abinet, sur­nommé " le ministre".

1921-1932

Mademoiselle Célina MORMONT.  devenue Madame M. MATHIEU, domiciliée à présent à Gouvy. L'école des filles actuelle fut occupée en 1929.

Mademoiselle O. BRAQUET de Noville assura un intérim quelques mois.

1932-1937

Mademoiselle Jeanne SIMON de Bovigny, devenue Madame R.MAQUET, habitant ensuite Bastogne.

1937-

Mademoiselle Julie WERNER de Vaux-lez-Noville. Sa classe fut fréquentée par 11 filles en 1971.

 

1972-

« Melle Julie a été remplacée par Bernadette Girs (en 1972 ou 1973). »*

 

* Suivant un e-mail de Marylène Widart.

 

Sous le pastorat de Monsieur l'Abbé Faisant, une école gardienne fut fon­dée à Bourcy, grâce à la générosité de Monsieur Victor Abinet, qui fit don de sa maison à la Fabrique d'église.  Après les transformations nécessaires apportées à la maison (360.000 frs).

 

1950-

Mademoiselle SCHMIT de Habay-la-Neuve, fut nommée aux fonctions d'institutrice gardienne en 1950. Sa classe comptait 21 enfants en 1971.

(ensuite)

Mademoiselle Francine  (à compléter)

 

 

Sous le professorat de Monsieur Mathieu, on instaura à Bourcy et dans les autres localités (Michamps et Moinet) une école d'ouvrages manuels pour les filles, une ou deux heures par semaine, le plus souvent le jeudi après-midi; Madame JACQUES née DANDOY rempli d'abord cette fonction Mademoiselle PIERRARD (I906-I908)

Mademoiselle Suzanne SCHLECHTER (1908-1913) couturière à La Mine. Mademoiselle SCHIMBERG Thérèse, couturière à Bourcy et Mademoiselle KRACK.

08:48 Écrit par justitia & veritas dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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