09/04/2009

3.2.3 Lès travaus / les travaux: secteur tertiaire

3.2.3 Secteur tertiaire

 

SILHOUETTES DISPARUES  (Octave, 1973, 125)

 

le marechal-ferrant

Cravatte,  J.Jacquemin, E.Ries.

Disons avec Verhaeren (La multiple splendeur) :

........Et vous, enfin, batteurs de fer, forgeurs d'airain,

Visages d'encre et d'or trouant l'ombre et la brume,

Dos musculeux tendus ou ramassés, soudain

Autour de grands brasiers et d'énormes enclumes...

 

Plus de chevaux à ferrer, plus de roues à bander, plus de forgerons.

LE RETAMEUR BOXER

D'origine allemande dissit-on, il venait une ou deux fois l'an, pour 2 jours, tout au plus. Il s'installait au milieu du bourg, sous l'oeil in­téressé ou moqueur des gosses, tirait de se vieille roulotte vermoulue, le soufflet que sa "vieille" actionnait, l'oeil vague, assise sur une caisse.

Il réparait les casseroles et les seaux troués ou à l'anse arrachée, tous les humbles ustensiles de ménage à rafistoler pour quelques sous.

LE MARCHAND DE CHIFFONS, de vieilles ferrailles, de peaux de lapins, de peaux de taupes etc.

LE MARCHAND DE ‘SAURÈTS’ du vendredi. Il venait de Bastogne tôt le matin, le panier au bras: il avait sa clientèle régulière et s'en retournait le panier vide de poissons, mais rempli d'oeufs.

 

LE MARCHAND D'ŒUFS

Le plus typique dont on se souvient, fut sans doute le Verviétois " le vieux Emile " qui, régulièrement chaque semaine, un immense panier à chaque bras faisait le tour des fermes. Le vieux chapeau délavé, les lunettes de myope" glissant sur le bout de son nez, avec sa voix de crécelle et son accent vervietois: « Les oeufs baissent », savèz, m’ fîe, « cette semaine »; et il comptait méthodiquement d'un geste empreint de gravité en prélevant les oeufs de la corbeille pour les mettre dans son panier: "trois-six-neuf-une douzaine, "trois-six-neuf- plus trois-deux douzaines, et ainsi de suite. Puis sortant de sa poche un sac de toile, qui se fermait simplement à l'aide d'une ficelle, la monnaie rap­prochée sous le nez, il vous comptait l'argent.

 

Il y avait aussi les MARCHANDS AMBULANTS, les COLPORTEURS,  les  gagne-petits, avec un panier de quelques merceries, lacets, épingles de sûreté, peignes. Puis les plus importants, comme Alphonse Collin-Hens, qui chaque matin quittait le village avec sa voiture et son cheval pour faire ses tournées régulières dans les bourgs environnants. Attert de Bastogne puis Dedoyard de Baconfoy. Celui-ci, parfois accompagné de son fils, ouvrait les deux battants arrière de sa voiture arrêtée au moyeu de la rue, et comme une envolée, les ménagères accourues, regardaient, palpaient, discutaient, et marchandaient, les coupes de drap, de tissus, chemises, tabliers, lainages. Et combien d'autres encore, marchand des quatre-saisons, le boulanger (Mathieu de Buret), etc.

 

LES MENDIANTS aussi étaient assez réguliers dans leur visite, soit chaque semaine, comme les deux petites vieilles de Wardin comme on les appelait, la petite, un peu bourrue, et sa soeur récitant, sur le seuil, un ave et un pater en promettant la récompense divine.

(p.126) D'autres, moins réguliers peut-être, mais que l'on reconnaissait, les uns à l'air peu engageant et qui faisaient peur aux enfants, comme un cer­tain " garou" , les autres, à l'air de bons vieux à la barbe blanchie.

Le soir venu, ils étaient certains de trouver un abri pour la nuit, car dans chaque village l'hôte charitable était connu (Louis Octave); après la tartine et le café, ils discutaient les nouvelles apportées des autres localités, lors de leurs pérégrinations, et ils passaient la nuit sur le fenil, pour repartir au petit jour.   

Il n'y en a plus dans nos villages, du moins des vrais, de ceux d'autrefois. Actuellement, la mendicité est officiellement interdite en Belgique.

 

Céline Paquay-Collin ou " Céline "d’â pont", qui guérissait certains maux et les petites blessures, par la rhubarbe sauvage, le chiendent, le plan­tain, l'herbe St Antoine, toutes ces "herbes spéciales" étant cueillies à la rosée du matin.

 

Catherine Jacquemart-Collin qui durant tant d'années ensevelissait les morts du village.

Beaucoup d'anciens se souviennent encore, vers les années 1927, de " Nanèsse" qui fut à ses débuts une feuille hebdomadaire amusante, mais qui dégénéra bientôt en un réseau d'intrigues mesquines propres à réveil­ler des animosités (éditée à Liège).

 

N'oublions pas de citer "les romanichels", qui faisaient halte à l'entrée du village avec leurs roulottes et leurs chevaux. Les femmes exploraient le hameau avec, accrochés à leurs jupes longues et bariolées, des bambins au teint brun et aux cheveux noirs. Mais on ne les aimait pas, on les disait voleurs, et ils étaient plutôt accueillis avec méfiance. Ils partaient d'ailleurs rapidement.

 

ECHOS SUR LES METIERS D'HIER ET D'AUJOURD'HUI

(Octave, 1973, 128)

 

Comme dans le plupart des hameaux ardennais, Bourcy comprenait autrefois en majorité des cultivateurs et leurs aides,  le berger,  le vacher, le porcher, un meunier, peut-être un artisan,  comme Biaise le tisserand, un tailleur, un cordonnier.

 

L'exploitation de "La Mine" et la tannerie de Michamps fournirent un gagne-pain à nombre de famille. Ensuite vinrent s'ajouter des menuisiers (H. J. Brunet, Kollé, D.Lassine, Dussart,.. ), sabotier, (E. Jacquemart) des bûcherons, des marchands de bois, des maréchaux-ferrants.

On nous raconte qu'un frère Kollé, menuisier, avait inventé une scie circulaire actionnée par un gros chien. L'animal était enfermé dans une immense roue à aubes entièrement fermée. En voulant se maintenir en équilibre, il actionnait la roue qui grâce à une courroie reliant une petite roue à la scie, faisait actionner celle-ci. Toutes les heures on remplaçait le chien

par un autre. (R.Maquet)

 

Odon Warland débuta au château de Bourcy comme domestique, tout en roulant à ses moments perdus, des cigarettes qu'il vendait aux habitants; puis de­venu petit ambulant,  il parcourut les villages voisins avant de s'installer à Liège, puis à Bruxelles, où il fonda la Société Odon Warland" et la ciga­rette "Boule d'Or".

 

La " fabrique Maquet" qui était une entreprise de famille,  fournissait la poix pour cordonniers (harpie) et une graisse spéciale pour grosses chaus­sures. L'aîné des fils, Alphonse Maquet,  surnommé "Vîje ôle" (à cause de la graisse de fabrication à base d'huile de poisson) reprit d'ailleurs cette fabrique à son nom personnel, mais se spécialisa un peu plus tard dans la fabrication du cirage.

 

Avec le développement  économique, le construction des chemins de fer, le village cessa d'être uniquement agricole, le monde rural s'ouvrit rapide­ment à de nouvelles activités: tailleurs de pierres et ouvriers des routes et dos chemins de fer, employés des chemins de fer et des postes.

 

On vit s'ouvrir les premiers cafés (avant l' installation de la voie ferrée un café se trouvait face à l' église, dans la maison Schaak-Bourguin), les épiceries se multiplièrent, un fabricant de limonades s'installa près de l'école communale, et le boucher Franzen-Abinet eut sa clientèle (bien avant les maisons Geuzaine et Annet).

 

Jusque vers 1920, Bourcy possédait une briqueterie exploitée par Monsieur Henri Zimmer: le chantier créé par lui, était situé route de Moinet. Dès le début de l'installation de l'électricité, vers 1928, s'établit route de Hardigny, une fabrique de construction de poteaux en béton. Le trafic s'intensifiant entre les pays limitrophes, les douaniers se fixèrent, dans les hameaux longeant la frontière.  (…)

 

Une  gendarmerie vint s'y installer également, en 1938 (1er chef Massin) et ce jusqu’en 1954. En 1906, Bourcy eut son médecin, mais comme nous l'avons dit, il ne revint pas de la guerre 1914/18. Le docteur Louis vint s'y fixer, au plus grand profit de tous, à partir d'octobre 1924.

Dans le courant de l'année 1946, Messieurs Booz, industriel de Laneuville, et un associé, Monsieur Sterck de Namur, fondèrent "la scierie de Bourcy", avec une vingtaine d'ouvriers. Les travaux de reconstruction nécessitant une grande quantité de bois, celle-ci fonctionna à plein rendement. Le 1er juillet 1968, elle fut reprise en association, avec la maison Burelet de Cognelée (Namur), Messieurs J. Fertons et R. Martin. Cet atelier s'occupait du pelage de

planches, de bois pour lambris et de panneaux pour coffrage suivant un processus spécial de fabrication. (…)

 

 

FOIRES  (Octave, 1973, 109)

 

Depuis les temps les plus reculés, il s'est toujours tenu à Bastogne, des foires très fréquentées où l'on vendait des grains, non pas seule­ment de provenance indigène, mais aussi de l'étranger, d'Allemagne principalement.

Il y avait aussi le marché aux chevaux, chevaux que l'on appréciait déjà pour leur robustesse et leur endurance, ainsi que les marchés aux moutons et aux porcs.      

Un relevé signale qu'en 1799, les 6 foires de Bastogne étaient très célèbres avec leurs 400 chevaux, 500 bêtes à cornes, 600 moutons et 800 porcs.

A côté du bétail, on y trouvait également tous les produits de la terre, denrées saisonnières, ainsi que les mannes, les paniers, les " ramons"..

On ne voyait pas d'échoppes sur le marché, les marchandises se trouvaient dans des tombereaux ouverts dételés, reposant sur leurs brancards. Les fermiers venaient vendre les produits de la ferme ou s'approvision­naient de marchandises en échange. (…)

Les foires d'Houffalize étaient également très anciennes; déjà en 1388, le Comte de Luxembourg autorisait son vassal Thierry de Houffalize à instituer deux foires annuelles: l'une le mercredi avant la Pentecôte, la seconde à la St Barthélémy (24 août); celles-ci confirmées par Charles-Quint en 1528.

En 1682, il y avait trois foires dans la seigneurie de Houffalize: la 1ère commençait trois jours avant, pour finir trois jours après le St Sacrement, la seconde à la St Barthélémy, la 3ème se tenait à Cowan et commençait le second samedi de septembre pour finir le lundi à midi (1).

Dès 1827 et 1833, de nombreuses foires aux bestiaux, surtout aux moutons, avaient lieu dans divers villages. Ainsi, on signale 2 foires annuelles aux bêtes à laine h Noville: le premier mai et le 20 septembre Une à Buret, au mois d'août, également à Wibrin, Bas-Bellain, Clervaux, etc.

En 1853: à Bourcy, dans la première quinzaine de juin de chaque année, se tenait, pendant 3 jours, une foire spécialement destinée à la vente de la laine (2)

En 1895: suite à une demande des habitants, des foires à bestiaux eurent lieu six fois l'an, en mars, avril, mai,juillet, août et septembre. .Celles-ci furent annulées le 22 janvier 1908, par le Conseil communal.(2)

En 1912, Bourcy se glorifiait d'avoir de nouveau ses foires aux bêtes à cornes et aux porcs, qui avaient lieu le dernier lundi de chaque mois, (surveillants sanitaires: Drs Lefevre et Defoy) Finalement elles tombèrerent en désduétude. (2)

En 1932: un nouvel élan les rétablit.Elles eurent lieu, tous les 4e lundi de chaque mois, sauf en décembre, à la plade de la gare; foires aux bes­tiaux et camelots.(L. Defoy est de nouveau Dr inspecteur). Elles durèrent quelques temps.

Déjà, avant 1940, de nombreuses foires étaient en voie de disparition. Seules celles de Bastogne gardaient et gardent encore de l'importance.

 

(1) A.I.A.L. année 1911.      (2) Arch. communales..

 

 

07:02 Écrit par justitia & veritas dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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