09/04/2009

2.2 Monumints / monuments: potales (1) niche dans un mur qui abrite une statue; 2) (comme ci-dessous) petite chapelle fixée sur un support; croix - crwas (/ creûs)

22Potales

 

crwès1

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3.0 Langue walone / langue wallonne (analyse d'Aline OCTAVE)

(Octave, 1973, 14)

Si Ambiorix aureut batu Césâr,

Ç' qui n'a t’nu qu'à on coron,

Li monde ètîr aureut causé walon.

 

                                    A.Vermeer

 

 

ORIGINE DU WALLON

 

Le latin populaire est certainement à l'origine de notre langue nationale (…).

Voici une série de mots wallons rencontrés dans des ouvrages en lan­gue romane du XIIe et du XIIIe siècle, plus près du bas latin que du français, et qui nous donneront l'occasion de remonter à l'ori­gine de notre parler local.(2)

 

êwe : eau; adeviner : deviner ; amon (ad mansionen : à la demeure) : chez ;

aveûle :  aveugle ; assîr : asseoir ; baloûfe : (belluca) hanneton ; (…).

 

(1) Vannérus: Revue belge de philologie et histoire.1922

(2) Concordance du wallon et du roman. (Dr H.Bombard), Dictionnaire étymologique de langue wallonne.

 

(p.15) Quelques mots d'origine germanique :

wâfe :  gaufre (NL : wafel) ; crompîre : du hollandais grondpeer (poire de terre) ; dringuèle : pourboire (allemand: Trinkgeld, néerlandais:drinkgeld) ; chorcê (all. Schürze : tablier) ; chnouf (all. Schnupftabak : tabac à priser).

(cf aussi: http://walon.skynetblogs.be )

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3.0 Langue walone / langue wallonne : cârte avou Borci / carte avec Bourcy

cârtedowalonavouBorci

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3.1 Histware / histoire

3.1 Histoire / Histware

 

3.1.1 Chronologie

 

3.1.1.0 Introduction

3.1.1.1 Epoque romaine

3.1.1.2 Moyen Age

3.1.1.3 Période autrichienne

3.1.1.4 Période française

3.1.1.5 Période hollandaise

3.1.1.6 De 1830 à 1914

3.1.1.7 De 1914 à 1918

3.1.1.8 De 1940 à 1944

3.1.1.9 Décembre 44 - janvier 45

 

3.1.2 Histoire religieuse

3.1.3 Démographie

3.1.4 Liste des bourgmestres de l’ancienne commune

3.1.5 Enseignement

3.1.6 Transport

3.1.7 Annexes

 

 

3.1.1 Chronologie

 

3.1.1.0 Introduction

 

RECUL DANS LE TEMPS… (Octave, 1983, 20)

 

 

L'imagination des hommes a toujours été fouettée par "les grosses pierres" brutes ou taillées. Les dimensions de certaines d'entre elles, ainsi que l'audace, la volonté et la somme de travail qu'il a fallu déployer pour les amener sur place et les édifier, les ont fait attri­buer à des êtres surnaturels, dieux, géants, fées, sorcières, diables.(1)

 

L'ERE MEGALITHIQUE

Les archéologues et les préhistoriens sont à peu près unanimes à fixer l'origine des monuments mégalithiques entre 1000 et 2000 ans antérieurs aux Gaulois.

Si beaucoup de problèmes soulevés par ces pierres ont reçu une solution qu'on admet définitive, certains restent non résolus, et les monuments mégalithiques gardent encore une grande partie de leur caractère mysté­rieux. Qu'appelle-t-on " mégalithe" ?

" Pierre brute ou légèrement dégrossie par les mains de l'homme". La plus simple de ces pierres est le " menhir", pierre de hauteur très variable placée verticalement dans le sol, parfois isolée, parfois à deux (jumelles) ou groupées (le groupement est appelé "cromlech") ou encore alignées: elles forment alors, un "alignement". Le "dolmen" est constitué d'une dalle horizontale posée sur plusieurs bloc de pierre. Tandel, dans "Les communes luxembourgeoises », signale " la béchue pierre" (bètchoûye pîre) (pierre pointue) sur le territoire de Michamps: pierre pyramidale disposée en guise de borne.

La "roche de Jon-Haye" (Rotche di Djon-Hé), appelée "trou des nutons" (Trau dès Nûtons), à la limite des com­munes de Noville et Longvilly, et d'où nous viennent les histoires de "nûtons".

De nombreux mégalithes sont assez connus dans les Ardennes: Pour n'en citer que quelques-uns:

Grand-Menil à 14 km de La Roche, "le chêne à la pierre" (en wallon : Tchin.ne à l’ Pîre).

Les trois menhirs d'Oppagne. La pierre Saint Hubert ou le menhir renversé à mi-chemin entre Marche et Waha. Le "Rocher de Fal-Hoth" (demeure de Faule) à Tavigny.

"L'allée couverte du Nord" à Weris, très remarquable.  "Au caillou" à Bertogne.

"Le Ferreux et "Rouge pierre" à Mont-le-Ban.

"Le dolmen de Tillet " autrefois connu sous le nom de "goet", taureau, pierre plate qui passait pour avoir servi, avant l'ère chrétienne, à des sacrifices humains (l)

Histoire : Le jeune guerrier arrivant le der­nier au conseil (…) était torturé et mis à mort. D'ordinaire le sup­plice consistait à lier la victime sur une grande pierre plate et ronde et à le faire écarteler par des taureaux excités.

 

(1) W. et M. BROU: Le secret des druides et Chaussées Brunehault.

 

(p.21) Mousny-lez-Ortho

Sur ce que l'on appelle le plateau de Rive et d'Ortho se trouvent les « Blancs cayaus » (« Blancs Cailloux"). Trois énormes blocs de pierre. Deux d'entre eux sont juxtaposés dans la direction Est-Ouest ; le troisième beaucoup plus gros domine le tout et est clivé en son milieu par une fente ver­ticale, véritable embrasure d'où l'on peut voir le soleil se coucher au SO, au solstice d'hiver. Autour de ces trois blocs, une multitude de blocs de même nature, mais de dimensions moindres, sont placés en cercle. Ce curieux site "druidique" était probablement un cromlech. Les blocs sont en quartzite blanc. (1)

 

Légende

La tradition veut qu'un berger avec ses deux chiens et ses mou­tons se trouvait là un soir lorsque passa un pèlerin exténué. Le berger refusant de partager avec lui sa pitance, lui jeta une pierre. Un éclair déchira les airs et le tonnerre se fit entendre. Berger et moutons, muets pour l’éternité avaient été changés en pierres. Le voyageur n'était autre que Notre-Seigneur qui, en pèlerin, allait honorer Saint Thibaut.

Et combien d'autres pierres anciennes, servant en quelque sorte de repères ou de poteaux indicateurs antiques ont existé, mais ont été détruites, réutilisées par les habitants à des fins diverses.

 

Bourcy fut-il habité à l'époque néolithique ? C'est un point que nous ne saurions éclaircir. Il est très difficile d'établir d'une façon certaine l'origine d'une localité.

A notre connaissance, on n'a jamais trouvé d'outillage en pierre dans la région.

 

(1) W. et M. BROU: Le secret des druides.

 

Avançons dans l'histoire au fil des siècles, avec, parfois, une halte plus prolongée à certaines époques, l'histoire locale étant toujours liée à l'histoire nationale. (Octave, 1973, 22)

 

Les empereurs romains jusqu'au Ve siècle.

Les rois Francs (Ve-VIIIe siècle)

Charlemagne, puis les petit-fils de celui-ci (Charles le Chauve, Lothaire et Louis le Germanique).

Notre région fut attribuée à Lothaire puis à Charles le Chauve.

De 963 à 1136: la Maison d'Ardenne.

Du XIe au XIIe siècle dynasties héréditaires :

Maison de Namur. Maison du Limbourg. Les Comtes de Luxembourg à partir de 1332.

Le Comté de Luxembourg est élève au rang de Duché de Luxembourg en 1354 par l'empereur Charles IV. Il s'étend de la Meuse à la Moselle et de l'Amblève jusque Metz.

En 1441, nous tombons sous la dynastie bourguignonne, puis nous nous retrouvons ensuite sous régime espagnol jusqu'en I715 (interrompu par de bonnes années sous le règne d'Albert et d1 Isabelle (I598-1621) morts sans descendance).

De 1715 à 1792, période autrichienne. De 1792 à la1815, période française.

De 1815 à 1830, période hollandaise. 1830 : indépendance.

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3.1.1.1 Histware / histoire: èpoke romin.ne / époque romaine (Octave,1973) (NB triangle = emplacement d'une villa romaine; chemin des morts: vôye dès mwarts: chemin emprunté par les habitants de Michamps transportant leurs défunts au cimetière de Noville)

11Octave1973p26

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3.1.1.1 Histware / histoire: èpoke romin.ne / époque romaine

3.1.1.1 Epoque romaine  (Octave, 1973, 23)

 

Les Romains, conquérants, organisateurs et constructeurs, ont doté notre pays d'un admirable roseau routier. Ces routes étudiées et repérées par d'éminents chercheurs ont été retracées et approfondies, pour ressusciter ces antiques chemins, pour rechercher la raison de leurs tracés, pour interroger les sites, les vestiges de ruines peu apparentes, ruines qu'il faut parfois découvrir sous la surface du sol.

Un laborieux travail de prospection et d'études permit de découvrir le réseau antérieur des Gaulois. La présence de mégalithes et la toponymie allaient, entre autres, les guider pour reconstituer les antiques itiné­raires et leurs abords.

Ces merveilleuses routes rayonnant en sept branches autour de Bavay sont-elles uniquement des créations dues au génie romain ?

Si les légions de César pénétraient sur notre sol avec aisance, disons même avec une certaine rapidité, c'est que certaines pistes leur ouvraient le passage.

Un des premiers soins des Romains lorsqu'ils occupèrent la Gaule fut d'abord l'aménagement des anciennes pistes gauloises en voies militaires plus nombreuses. Il fallait assurer des communications rapides entre les divers camps militaires pour faciliter le déplacement des troupes; il fal­lait aussi approvisionner ces garnisons.

Ils améliorèrent certaines routes en les élargissant, les rectifiant et par contre, en négligèrent d'autres, moins utiles. Petit à petit, des chemins secondaires ou "diverticula" servirent de trait d'union entre les grandes chaussées. Tout le long de ces grands axes, ils créèrent des camps  (Castia) et des fortins (Castilla). Plus tard, l'Etat Romain établit sur ces routes, des relais, des stations publiques.

Les gros propriétaires et les soldats retraités fondèrent des exploitations rurales (villae) à courte distance de ces routes. Ces villas agricoles Etaient d'ordinaire, établies sur des promontoires comme pour rester en quelque sorte, en communication avec les autres. Comme le dit l'Abbé Sulbout dans ses études: " Les "villae" étaient loin de présenter de médiocres demeures. Des pavements de mosaïques, richement décorés, attestent de la richesse du maître vivant dans l'aisance et la sécurité. Il exploitait avec ses colons la terre ou quelque industrie, le bois, la pierre,  les métaux, ou se livrait à l'élevage.

Une nombreuse population attirée par la chasse, le négoce, le trafic devait sillonner le pays en tous sens, d'où des échanges commerciaux par chariots entre les régions de l'Empire. Le réseau routier fut aussi la voie ouverte à la culture, aux arts partis de Rome et qui se diffusèrent dans toutes les régions. En un mot, si au début les routes romaines jouè­rent un rôle militaire stratégique, elles eurent bientôt une importance économique et administrative incontestable.

 

(p.24) Suivons rapidement un itinéraire.(1)      

                                       

Partons de Bavay (Bagacum) capitale gallo-romaine, située entre Valenciennes et Maubeuge,  à moins de 10 km de la frontière belge. De Bavay, sept voies menaient vers les régions voisines comme une étoi­le à sept branches qui constitua le réseau routier de la Belgique romaine. La route que nous prenons est celle dite de Bavay-Trêves, qui entre en Belgique à Montignies-St-Christophe,  se poursuit par Chastres, les hauts-plateaux de l'Entre-Sambre et Meuse jusqu'à Bouvignes-sur-Meuse, puis vers Nassogne (l'antique Nassonacum), traverse le bois de Nassogne, la forêt de Freyr, atteint Sprimont-sous-Amberloup. Par Flamierge, Mande Saint-Etienne, la chaussée atteint Bastogne, où elle croise les chaussées principales Arlon-Tongres et Reims-Cologne.

Par Marvie et le Bois de Jean Collin, la chaussée pénètre dans le Grand-Duché de Luxembourg, où elle traverse la Haute-Sûre, passe au Sud de Diekirch et de son menhir,  puis au Nord de Waldbillig et de son dolmen. La chaussée franchit la Basse Sûre avant d'atteindre Trêves, capitale de la Belgique première.

La tradition rapporte qu'à Bavay se dressait autrefois une colonne heptagonale dont les faces correspondaient aux sept chaussées (l'existence de cette colonne n'a pas été prouvée)La colonne posée au milieu de la Grand-Place de Bavay et qui fut détruite à la fin du XVIlIe siècle,  ne datait que du commencement du XVIIe siècle. On la remplaça en 1816 par un petit obélis­que. En 1872, on substitua à ce modeste monument une grande colonne couronné d'une statue de reine.C'est la colonne actuelle des sept Chaussées ou « Colonne Brunehault ».Elle porte l'inscription suivante: « Ce monument a  été réédifié en l'an 1872 au point central où aboutissaient les Sept Chaussées. Ces voies furent construites par Marcus Agrippas,  lieutenant de César Auguste, vers l'an 25 avant J.C. et restaurées par la reine Brunehault morte en 613 ».

 

(p.24) La voie principale greffée sur la grande artère Reims-Arlon-Trêves, fut celle,  qui,  partant d'Izel,  passait à Straimont, Ste Marie-Chevigny, Bastogne, Bourcy, Haut-Bellain,  en direction de St-Vith, Amel, Zülpich par Gemünd, toujours en suivant une crête de partage des eaux entre deux affluents de la Roer, puis enfin Cologne (C. Peutinger).

Suivant G. Jottrand, plusieurs batailles furent livrées le long de cette voie romaine au cours des siècles: en 712, par Charles Martel et en 1387, par l'armée du roi de France Charles VI contre le jeune duc de Gueldre.                                                          

Mais ce n'était pas seulement les armées qui au cours des siècles se servaient de la vieille voie: le commerce faisait de même, puisqu'on rappelle différents droits de douane et de haut conduit que devaient acquitter les marchands à St-Vith et à Beslain.

En 1253, le duc de Luxembourg Henri II dit "Le Blondel" restitua cer­taines villes en échange des droits de douane et de haut-conduit à per­cevoir sur les marchandises-transportées par ce chemin de St-Vith. (l)

Comme le disait le professeur E. Ewig:" La route Reims-Cologne était l'artère principale des Ardennes franques".

Il y a eu de nombreuses polémiques sur le tracé exact de l'arrivée et de la traversée de Bastogne, mais nous laisserons aux spécialistes le soin de résoudre un jour ce problème.

Reprenons ici le tracé de Monsieur L.Hector (2). Cette chaussée arrivait donc à Bastogne par le chemin de Musy, faisait un coude vers la droite coupant la grand-route de Marche un peu à l'est du pont du chemin de fer et venait se souder à angle droit à la grand-rue actuelle,  à peu près à l'emplacement où se trouvait le magasin Poste-Fraselle, soit à la Porte Haute du Moyen-Age".

De là, elle descendait la grand-rue pour sortir de la ville, en lon­geant le mur du séminaire et arrivait à un endroit devenu célèbre depuis la dernière guerre,"Le Mardasson", en se dirigeant ensuite vers Bizory mais sans atteindre le village, tournait à gauche pour arriver à l'endroit dénommé Miltombe (Maltombe au 17e s.). Il y a quelques années plusieurs découvertes romaines furent faites en cet endroit, non loin de la halte de Bizory, où une chaussée empierrée est encore visible par endroit.

Ce vieux chemin ou "vî voye" suit en partie la ligne de chemin de fer Bastogne-Gouvy, mais est fortement rétréci par l'empiètement des champs. Ce chemin est encore emprunté chaque année par la "procession de Cologne" dont nous parlerons plus loin.

Nous arrivons ainsi, par ce chemin en mauvais état, avec des ornières se remplissant d'eau à la moindre pluie, en un lieu reconnu comme le plus élevé de la commune de Longvilly, appelé "Dame Hevez", où jadis s'élevait la  "potence de la justice"." Le 27 avril 1627,  la  "Haute Cour de Longvilly"condamne deux voleurs au gibet"signe de Haute Justice y planté proche d'un arbre hestre en un lieu fort  éminent appelé  "Dame à Vé" (Dame du Vez) lieu dit formant le point le plus élevé de la chaîne ardennaise (Archiv. de Metz)(sous l'ancien régime la peine capitale était la pendaison).

Cette crête marque la ligne de séparation des bassins de la Meuse et du Rhin. Elle offre d'ailleurs une large vue sur le paysage.

 

 

VILLA ROMAINE (Octave, 1973, 26)

 

A l'endroit dénommé "Aux magiets"(maceriae : ruines) situé à la limite des communes de Longvilly et Noville, section Bourcy, à environ 1400 m. au SE de la voie romaine, en empruntant le "chemin des morts" qui va de Michamps à Noville, ont été décou­vertes en  1953/1954, lors des fouilles effectuées par les soins du Service des fouilles de l'Etat, les ruines d'une villa romaine, villa agricole de type fort simple (l).

Résumons le compte rendu de Monsieur Roosens paru dans le bulletin des musées royaux d'art et d'histoire (1955).

La fouille de Bourcy a révélé un bâtiment, construit sur un plan que l'on peut qualifier de rectangulaire, mesu­rant 24,60 mètres de long sur 12 m 30 de large, dont l'axe longitudinal était exposé au Sud-Sud-Est.

En général, les fondations du bâtiment étaient encore bien en place. Les murs apparaissaient déjà entre 10 et 20 cm sous la surface; ils étaient parfois conservés sur une profondeur de 70 cm. L'assise consistait en un lit de pierrailles de 70 à 75 cm de large sur une hauteur de quelque 25 cm, sur lequel était placé, dans le sens de la longueur, et seulement du côté intérieur, une dalle de schiste. Ce soubassement supportait le mur propre­ment dit, large de 65 cm, composé de dalles de schiste, reliées par une terre battue noirâtre. Les murs intérieurs avaient des assises de dalles posées à plat.

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3.1.1.1 Epoke romin.ne / Epoque romaine

11Octavep27villarominne

La cave F1 est en annexe sur le mur Nord-Nord-Est.

Les murs de celle-ci avaient une épaisseur de 80 cm, sauf celui exposé à l'Est qui n'en n'avait que 65.

Le fond de la cave était constitué de terre battue. Une rigole de 30 cm de large remplie de pierrailles, longeait les murs.

Le mur occidental était percé d'un soupirail; la voûte de la cave était encore partiellement bien conservée.

Dans la pièce G, aucun mur intérieur.

L'entrée devait se trouver sur une espèce de "hall" (H) ouvert au Nord-Est-Est, clôturé du côté Sud-Sud-Est par un mur bas, peut-être avec ba­lustrade, au bout duquel se dressait vraisemblablement une colonne.

On doit supposer la porte d'entrée donnant accès dans la pièce A ou B. Dans la façade Sud-Sud-Est, une porte cochère permettait d'accéder dans la pièce G, mesurant 11 mètres sur 13 mètres 60 (mesures intérieures) qui doit avoir servi de grange ou d'écurie.

 

(l) "Ce n'est pas à cette ruine que fait allusion Tandel dans les Com. Lux. en parlant de ruines à Magie-Haye, ni H. Schuermans dans les A.I.A.L.1899

 

(p.27) Les occupants disposaient donc de cinq places et d'une cave. Il se pourrait, toutefois, que les pièces E et D étaient  destinées à des fins professionnelles.

Dans la pièce E, débouchait la cave par un escalier en bois; ces deux locaux combinés peuvent avoir servi pour la préparation et la conser­vation des produits laitiers. L'éclairage de cette pièce E, ne pouvait se faire que par le mur septentrional. On peut supposer que la pièce D servait de cuisine. La véritable demeure était donc constituée par les places A, B et C.

L'aspect du bâtiment en élévation est plus problématique. Il est fort problable que les murs étaient en maçonnerie sur toute la hauteur; en tout cas, aucun fragment de torchis n'a été recueilli. Les deux ailes saillantes peuvent être reconstituées sous forme de tourelle à un étage.

Le seul fait certain, est que le toit était recouvert d'ardoises, car il fut retrouvé quantité d'ardoises trouées, les unes de forme carrée aux deux coins opposés coupés, (34 cm sur 34, épaisseur 1,5 cm à 2,5) les autres de forme triangulaire (37 cm de base sur 26 cm de hauteur).                                                                             

Comme matériaux de construction, c'est essentiellement la dalle de schiste qui fut employée. Les pierres étaient soigneusement appareillées, la face taillée, pour autant que possible vers l'extérieur, et assemblées au moyen d'une terre battue assez dure, faisant fonction de mortier.

(p.28) Ce bâtiment construit apparemment d'un seul jet et d'après un plan préétabli, auquel on n'a constaté ni transformations ni ajoutes, fut démoli par suite d'un incendie. En effet, une couche de cendres recou­vrait les ruines, plus spécialement les pavements, preuve certaine que les habitants n'ont plus cherché à remettre leur demeure en état.

La durée de l'occupation de la villa n'est pas bien délimitée. On peut s'en tenir au IIe et IIIe siècle en général, sans exclure la seconde moitié de ce dernier siècle.

On ne trouve plus trace, actuellement des fouilles effectuées à cet endroit. Le propriétaire a cultivé à nouveau son terrain.

 

Trouvailles

C'était la vaisselle la mieux représentée dans cette villa. Des masses de tessons de cruches rouges, grandes et petites y furent trouvées. La pite est fine, un peu sableuse et recouverte d'un engobe lisse; d'autres fragments de goulot de cruche en terre blanche, très cuite et rugueuse, un autre en terre beige et rugueuse, décoré d'un bourrelet à incisions. Des fragments d'assiettes de forme assez commune, de gobelets noirs, des objets en métal, deux objets en fer, trois en bronze, deux petites meules en pierre volcanique, une petite meule entière en grès, etc.

 

Nous réclamons votre indulgence si nous quittons un instant le cadre de Bourcy, mais il nous semble intéressant de citer ici, la découverte faite à Foy (territoire de Noville).

 

Découverte à Foy. (l)

 

En 1862, Monsieur Mathieu propriétaire à Foy, découvrait dans son champ situé au lieu-dit "derrière la Croix Ste Barbe", une statuette en bron­ze massif d'une hauteur de 25 cm. Aucune inscription ne permettait de l'identifier, mais comme la parcelle contenait de nombreux débris de construction romaine, les spécialistes conclurent à cette époque que la statuette représentait un légionnaire romain; personnage tête nue, à chevelure longue et bouclée, portant une tunique et sur l'épaule une peau de bête sauvage dont les pattes retombantes semblent trop peu lar­ges pour figurer celles d'un lion; (vraisemblablement la peau d'un loup) par derrière, cette peau est retenue avec la tunique par une ceinture à traits en losange, simulant des dessins frappés sur le cuir; une bou­cle ronde ferme la ceinture.

La main droite levée devait tenir une haste (lance) à en juger par la direction du trou cylindrique, aujourd'hui vide, qui traverse cette main; quant à l'autre main tendue en avant et inclinée, elle doit avoir tenu une patère à l'aide de laquelle le personnage fait des libations.

D'après la personne qui a trouvé cette statue, les yeux étaient en pierres précieuses, (disparues). (2)

 

(1) L.Lefebvre: A propos du dieu Intarabus.

(2) Bull.Com.Art-Hist. T.3I.pge 293

 

(…) (p.30) En 1892, Monsieur Mathieu entreprit de nouvelles fouilles dans cette parcelle demeurée inculte,(sur la hauteur, à l'angle de la route de Bastogne et du chemin qui conduit au château de Recogne)sur une surface de 30 m de long sur 25 m de large et 1 m de profondeur. Vu le grand nombre de pierres et de morceaux de tuiles plates retrouvée à cet endroit, une construction romaine devait manifestement s'élever à cet emplacement.

La découverte principale fut alors, celle d'une pierre blanche très dure cassée en plusieurs morceaux, d'une longueur (reconstituée) de 92 cm de long sur 45 cm de large et 10 cm d'épaisseur (l). Elle portait l'inscrip­tion dédicatoire ou votive suivante, faite sur 6 lignes et qui peut se traduire comme suit :

"Au dieu Enarabus et au Génie de la centurie d'Ollodagus, ce portique, que Velugnius Ingenuus avait promis, après sa mort, Sollavius Victor, son fils adoptif l'a fait construire".

Il découlait donc de ces découvertes qu'un temple a bien existé à Foy et que le portique était vraisemblablement dédié à 2 divinités: l'une gauloise: Enarabus, considéré comme le dieu guerrier des Trévires, et l'autre romaine: le Génie d'une centurie. Certains estiment qu'en cet endroit, dès les premiers siècles, il y aurait eu une station militaire.

En 1935, Monsieur Gaspard charruant son champ contigu à celui de Mon­sieur Mathieu trouva un petit socle en bronze portant une dédicace. Cette découverte ne sera connue que beaucoup plus tard, en 1964, par le plus grand des hasards et confirmera qu'il y avait bien à cet emplacement à Foy, un sanctuaire dédié au dieu gaulois Enarabus et dont nous donnons ici l'inscription traduite en français:

"Au dieu Intarabus, Ategniomarus, fils de Respectus, a accompli à juste titre sa promesse."

 

Notons pour terminer, et selon l'opinion de M. Vannerus, historien luxembourgeois, le mot Foy et les lieux voisins, dits Mabafoy et Nabafoy, ont une relation certaine avec le mot latin "fanum" lequel veut dire "temple".

 

D'autres petites découvertes eurent lieu à Noville (l955) aux lieux-dits à l’ Creûs ("a l'Creux"), à Mwarlé ("Moirlé") et â Potau ("au poteau").

A Bourcy, des investigations plus poussées devraient être poursuivies, notamment en différents endroits; " Sur la tombe", "la Tombe" et "en-dessous de la Tombe", ces endroits ne signifient-ils pas que jadis se trouvait là quelque sépulture ? N'oublions pas que nos ancêtres ont donné à ces lieux une dénomination d'origine naturelle. En tenant compte de la situation des lieux, un plateau élevé disposant d'une large vue sur la région, ce qui permettait d'apercevoir à l'est comme au sud l'ancienne voie romaine. La densité des cimetières est liée à celle des grands-routes, sachant que chaque habitat a eu son cimetière et qu'il se trou­vait habituellement le long des chaussées ou le long d'un chemin qui re­joint une chaussée importante.(prov. de Lux: 216 cimetières, 85 villas et 325 km de routes).

Nous ne poursuivrons pas plus avant les découvertes faites tout le long de cette voie romaine. Sachons seulement que de nombreuses trouvailles furent faites déjà au siècle dernier sur le territoire de Rouvroy, Steinbach, Limerlé et Cetturu. De nombreuses fouilles sont faites par le cercle Segnia d'Houffalize, un peu partout dans la région, fouilles qui donnent des résultats des plus intéressants.

 

(1) Cette pierre se trouve au Musée du Cinquantenaire (Bruxelles).

 

(p.31) Nous nous sommes attardés quelque peu à la période romaine, mais elle fut très importante et nous faisait entrer directement dans l'Histoire.

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