09/04/2009

3.1.1.2 Histware / histoire: Mwayèn-Adje / Moyen-Âge: Hôte-Coûr èt sègneûrs / Haute-Cour et seigneurs

3.1.1.2 Moyen Age (Octave, 1973, 31)

 

LA FEODALITE s'organise du IXe au XIe siècle.

 

Le lien qui unissait le vassal à son seigneur fut constitue par l'acte de recommandation.  Par cet acte,  le vassal devenait l'homme de son sei­gneur; par contre le seigneur lui accordait aide et protection. Pour s'assurer du constant attachement de leurs vassaux, les suzerains leur donnaient un bénéfice ou fief;  les féaux en jouirent d'abord à titre viager, plus tard,  comme propriétés héréditaires.

Les souverains partagèrent leurs possessions en duchés, comtés, marquisats et baronnies. A leur tour,  les propriétaires de ces fiefs établirent des arrière-fiefs,  par suite de cessions de biens-fonds à leurs vassaux.

Insensiblement, par suite du luxe des seigneurs, un grand nombre de fiefs durent être vendus; ces propriétés furent cédées, à l'origine,  aux hommes nobles;  peu après,  les roturiers purent s'en rendre acquéreurs.  A partir de cette époque, date la décadence de la noblesse.

Dans le Duché de Luxembourg, les seigneurs les plus puissants avaient haute, moyenne et basse justice. Ils jouissaient des dîmes, des terrages, corvées, rentes en argent et en grains,  droit de chasse et de pêche.

Les seigneurs pour peupler les territoires soumis à leur juridiction ac­cordaient aux manants la faculté de couper du bois dans leurs forêts; ils leur accordaient le droit de pâturage et de glandée,- c'est là, l'origine des droits d'usage. Ces droits s'exerçaient sans ordre ni métho­de, les règlements variaient d'un seigneur à l'autre.  La variété de ces règlements engendra de nombreux abus et amena la dévastation des forêts. Un édit en 1617 d'Albert et Isabelle réglementa l'exploitation de tous les bois domaniaux d'une façon uniforme. Ce règlement resta  le véritable code forestier et Marie-Thérèse le renforça encore en 1754.

Le droit donné à un noble par le Souverain d'établir une Seigneurie hautaine, avec octroi du titre de seigneur et le droit d'établir une Cour de justice ne  se donnait que moyennant de faire  " foy et hommage et de fournir des  soldats". Il fallait,  de plus, verser au Suzerain la part des dîmes. (1)

Lorsque la  justice établie avait juridiction sur les délinquants de droit commun, elle se nommait,  basse, moyenne ou haute justice suivant le degré du pouvoir. La haute justice était compétente pour prononcer la peine de mort et les sentences  étaient exécutées par le Prévôt de Bastogne.( Le Prévôt était un magistrat représentant le pouvoir central;  il avait juri­diction administrative et judiciaire sur un territoire correspondant à peu près à un arrondissement) Bourcy dépendait de la Prévôté de Bastogne.

La mairie de Bourcy se titrait de Haute Cour. Par Cour, on entendait au­trefois, comme aujourd'hui, un tribunal qui rendait la justice. A Bourcy fonctionnait, en outre, une cour foncière, celle de St Remacle, vestige où le village était en grande partie une possession du monastère de Stavelot. Cette  juridiction mineure n'a  pas laissé d'archives. Elle est cependant encore mentionnée dans le courant du XVIIIe siècle (2).

 

(1) A.E.A.  Seign. hautaine de Bourcy:  acte scabinal du 6/10/16I8

(2) H.Bourguignon:   Ard.  et Fan?.  1964

 

(p.32) Sous le régime féodal, il était d'usage d'appliquer le mot "cour" au territoire qui se trouvait placé sous le même juge, ce que nous nommons aujourd'hui, arrondissement judiciaire. Cependant, cette "cour" était moins étendue alors qu'actuellement, eu égard à la division en seigneu­ries et parce que les juges qui y siégeaient n'avaient qu'à décider des questions territoriales ou foncières et féodales.

La mairie de Bourcy était composée des 13 localités (ou bans) suivantes: (année 1624) Arloncourt, Benonchamps, Bourcy, Cobru, Foy, Longvilly, Mageret, Michamps, Noville, O(u)bourcy, Recogne, Vaux et Wicourt (par la suite, Mageret et Benonchamps furent abandonnés).

Ces localités dépendant de la mairie avaient une justice à part, exercée par un dignitaire particulier portant le titre de mayeur, lequel exerçait ses attributions en dehors du pouvoir prévôtal.

Le mayeur nommé par le Souverain présidait et était assisté de deux échevins, d'un greffier et d'un sergent. Il exerçait une juridiction complète sur les habitants, à la réserve des causes criminelles, dont la prévôté avait la connaissance. (1)

Les échevins étaient des notables habitant les villages de la mairie, ils étaient choisis et désignés par le seigneur, ils devaient assister le maieur pour rendre la  justice et devaient s'occuper des divers actes de transactions, partages, prêts, etc..

Les échevins, dit Defacqz, étaient revêtus d'une triple magistrature, ils étaient les juges ordinaires au civil et au criminel, ayant juridic­tion sur les juges des métiers et autres juges inférieurs établis dans la Communauté. A cette qualité éminente, ils joignaient celle d'officiers publics compétents pour recevoir les contrats et conférer l'authenticité aux conventions des parties.

Pour obtenir cet office, l'échevin devait prêter serment entre les mains des gens de justice de la mairie. Il le faisait en ces termes:

"Il n'a rien donné, promit, n'y fait donner, ni promettre, ni ne don­nera ou fera 'donner chose quelconque direct ni indirect" (haute cour de justice – Bourcy - n°436)

Le Grand Conseil de Malines était la Cour suprême de justice de l'Ancien régime. Indépendamment de certaines causes en première instance, il avait à juger en appel, les procès de plusieurs conseils provinciaux et notam­ment du Conseil de Luxembourg.

On conserve à Arlon,  aux archives de l'Etat, la régistrature des oeuvres de loi, de Bourcy, de 1629 et celles des rôles de 1624 à 1731, plus un portefeuille de pièces diverses de 1617 à 1696.

Citons pour terminer ce chapitre, les lignes suivantes inscrites sur la page de garde des oeuvres de loi de la Haute cour de Bourcy: " L'an 1655,  la 21e année de la guerre triste et déplorable qui fut com­mencée par Louis XIII, Roy de France,  et continuée par Louis XIV,  prions Dieu,  qu'il nous donne la  paix".

"En janvier 1651,  deux régiments de cavalerie commandés par le Comte de Granpré,  lieutenant du Maréchal de Turenne, occupent les Seigneuries de Longvilly et de Borsy. Les soldats y enlevèrent tous les chevaux de ser­vice, tout le bétail, les grains et  les meubles. La moitié des habitants furent réduits à la besace.  Ils s'adressèrent au Conseil du Luxembourg. (Archives du Gouvernement - Luxembourg)

Le XVIIe siècle fut en effet un siècle de misères pour nos villages, les gens étaient pauvres,  le  peste y fit d'énormes ravages, c'est ainsi que bon nombre de villages disparurent.

 

(1) M. Bourguignon: Ard. et Fam. 1964.

 

 

LES SEIGNEURS DE BOURCY  (Octave, 1973, 98 & sv.)

 

En 890, nous trouvons mentionné une "villa Burcido ac Barris" ou "de Bourcy et Boeur", dans laquelle douze manses furent donnés à l'Abbaye de Stavelot, le 3 octobre 891, par un certain Ricardius qui reçut en échange divers biens situas dans les pagi du Condroz et de Lomme.(1)

Le 6 avril 907, Herduin le comte Otbert et son épouse Hélitrude cédèrent à l'Abbaye de Stavelot, un manse seigneurial à Wampach, en échange de 12 manses "in Villa Burcit", à condition qu'après leur mort, ces biens feraient retour au susdit monastère. (2)

BOURCY était donc propriété de l'Abbaye de Stavelot et portait le nom de : "Seigneurie foncière de St Remacle". L'Abbaye s'en dessaisit, croit-on, au Xe siècle en faveur d'un seigneur de Bourcy, pour une raison mal définie.

Diverses archives nous signalent que durant des siècles, les seigneurs de Bourcy tinrent un rang élevé parmi la noblesse luxembourgeoise. Pour faire partie de ce corps, le récipiendaire devait être possesseur d'une terre avec haute justice, être âgé de vingt-cinq ans et prouver deux quartiers nobles, tant du coté paternel que du côté maternel; il suffisait que les aïeuls paternel et maternel de l'aspirant aient été anoblis ou noblement alliés. Celui dont le père, l'aïeul, le bisaïeul et le trisaïeul en ligne masculine étaient nobles, ou tenus pour tels, du moins pendant les cent dernières années, sans avoir fait aucun acte dérogatoire, était admis moyennant la preuve qu'entre ces quatre ascendants paternels, il y avait eu deux alliances nobles, auquel cas, l'aspirant était dispensé de faire la preuve des quatre quartiers. (3)

 

Au XI siècle, WALLERAME  DE BOURCY, héros d'une légende que nous transcrivons ci-après, et dont l'authenticité ne repose sans doute que sur l'imagination du légendaire, (légende retrouvée dans le couvent de Hosingen) semble être le premier d'une suite de preux chevaliers.

 

Voici cette légende qui enveloppe le premier Sire, de rêverie et de mystère. (4)

" Au XIe siècle, Messire WALLERAMME DE BOURCY, qui après s'être distingué dans maintes aventures, s'illustrait en joutant dans les tournois et en hauts faits d'armes dans les expéditions lointaines, se présenta à la Cour de Luxem­bourg. Sous la bannière du Comte Conrard I, il partit porter secours à l'Empe­reur Henri IV, comte de Flandre, contre des vassaux rebelles, et en récompense de se valeur, le chef de l'Empire l'arma Chevalier et lui fit don d'un bou­clier aux armoiries de la Maison de Bourcy, qui portait " d'argent à la bande de sable". La paix conclue, il rentra dans ses domaines où il se trouva dans une situation financière très fâcheuse; il devait acquitter des dettes au sei­gneur de Houffalize, seigneur farouche et très avare. Cette redevance consis­tait en 2 perdrix de bois, à livrer le jour de la St Jean, avant le coucher du soleil. L'échéance approchait, Wallerame et ses chasseurs parcoururent pen­dant plusieurs jours le domaine sans découvrir le gibier désiré, car l'hiver avait été rude et la neige longue à disparaître. Le Sire de Bourcy savait que s'il ne s'exécutait pas au jour fixé, les gens de son créancier auraient ordre de se livrer immédiatement à des incursions sur ses terres. Le jour de la St-Jean, le seigneur de Bourcy, harassé de fatigue poursuivait encore sa chasse alors que le soleil se couchait derrière les forêts de Noville. Il maudissait sa dette et son voisin, traduisant sa fureur en fouettant ses chiens, éperonnant sa monture et parlant durement à ses gens.

 

(1) Bull. Art et histoire: Liège: 1913.

(2) Chartes de Stavelot: T.I.

(3) C. de Kessel: Armorial luxemb.

(4) Verkooren: Inventaire des Chartes.

(5) Mr le curé Lecocq (-1873)

 

(p.99) Soudain,  les sons harmonieux d’une voix de femme se firent entendre et Walleramme aperçut une jeune fille de grande beauté vêtue d'une  pèlerine. Le châtelain ému de cette apparition, la salua avec courtoisie, l'inter­rogea sur les motifs de sa présence et lui offrit l'hospitalité en son manoir; ce qui fut accepté.

Chemin faisant, la belle inconnue apprit à son compagnon qu'elle était orpheline d'un ancien et haut lignage de pays étranger et qu'elle avait accompli un voeu secret en se mettant en route. Le Chevalier, de son côté, lui fit part de l'objet pour lequel il s'était mis en chasse.  Alors, elle lui offrit de lui montrer un lieu où il pourrait trouver les oiseaux cherchés; et en effet, notre sire se trouva bientôt en possession d'un très beau couple de perdrix qui fut expédié immédiatement sur Houffalize. A Bourcy, l'hospitalité fut cordiale et vers la fin de la  soirée, le châte­lain fit part de ses sentiments à la belle inconnue qui les agréa avec joie. Seulement, elle lui fit jurer de ne jamais prononcer en sa présence un nom sacré, ce qui entrait,  disait-elle,  dans le voeu qu'elle avait fait en quittent son pays natal.

Le sire n'avait pas tardé à s'apercevoir que la belle inconnue avait un pied de biche, mais que lui importait, le bonheur lui suffisait. Cette union, dûment bénie par le chapelain continua d'être heureuse pour le sire de Bourcy dont toutes les entreprises réussissaient.  Il fit changer ses armoiries: elles portèrent dorénavant deux perdrix essorantes de  sable, becquées et membrées de gueule, une en chef et une en pointe. Cette alliance fut longtemps heureuse.  Pour comble de félicité, deux fils naquirent Walcant et Othon.

Or, il advint qu'un jour, au milieu d'un repas, Wallerame de Bourcy jeta un os à ses chiens,  lesquels se prirent de querelle, et l'un étrangla l'autre: "Sainte Vierge Marie" s'écria le sire.  A peine a-t-il prononcé ces mots, qu'il recule épouvanté. La "dame au pied de biche" entourée de flammes et de fumée comme si la foudre l'avait frappée disparut dans les airs, il ne restait plus rien d'elle. Son époux et ses fils revenus à eux, se si­gnèrent et récitèrent le "Retro Satanas". De plus, ils se crurent obligés de prendre part à une croisade, pensant que cette expédition leur serait méri­toire. Les trois guerriers partirent donc en croisade, mais un seul revint: Walcant. Celui-ci devint un chef respecté de la  famille qui subsista jusqu'à la  fin du XVIIe  siècle.

Le blason fut alors d'argent à la bande de sable, chargé de trois coquilles d'or en mémoire des trois croisés, accompagnée de trois perdrix (…); de plus, ils portèrent pour cimier un buste de châtelaine ayant la face enflammée, accosté à dextre d'un pied de biche et à sonestre d'une flèche et d'une massue.

Leur devise : «  Fidélité et honneur ».

 

L' AN 1138, WALCANT DE BOURCY, part pour la Palestine, unissant sa valeureu­se épée à celles des Sires de Brandenbourg, d'Esch, de Wirnenbourg, d'Ouren, de Biddebourg, de Wampach, de Malberg, de Lellich, d'Enscheringen et de Salckenstein, presque tous voisins de Hosingen et ayant pour le plupart dans cette Abbaye de leurs parentes ou alliées. (J.M..Lauwers, Bxl.)

Au XIIe siècle (1), le seigneur de Bourcy, Gouvy, Cobru, Arloncourt, Longvilly et Hosingen, fait bâtir en cet endroit (Hosingen), un couvent de dames avec obligation de justifier de quatre quartiers de noblesse. Ce couvent fut détruit à la révolution.

En 1270, WARNIER DE BOURCY intervint à l'hommage que Philippe, Comte de Vienne fit du Comte de Luxembourg.

 

(1) E. TANDEL., Les communes luxembourgeoises. T.IV

 

(p.100) LE 17 FEVRIER 1271

Ce fust fait et donnei en l'an del incarnation Nostre Seignor kant li milliaires corroit par mil et deus cent et sexante et dix, le mardi devant karerame prenant.

Philippe, Comte de Vianden et Seigneur de Grimberghen, ayant le même jour repris de Marguerite, comtesse de Luxembourg et de son fils aîné Henri, le château de Vianden avec toutes ses appartenances pour tenir à perpétuité le tout à hommage lige des comtes de Luxembourg et comme forteresse à eux toujours "rendable", déclare autoriser Geoffroi seigneur d'Esch, Ferry Seigneur de Weuerburg, le seigneur de Reuland, Rodolphe de Sterpigny, le seigneur de Brandenburg, Louis de Hoscheid (?) et Warnier de Bourcy, ses vassaux., ainsi que leurs hoirs, à prendre contre lui le parti du Comte de Luxembourg dans le cas où il contreviendrait à ses engagements. a la demande de Philippe susdit, trois de ses vassaux scellèrent avec lui la présente charte.(1)

Philippe Comte de Vienne, pour ôter tout soupçon d'infidélité, s'obligea plus expressément, par un autre acte de la même année; de ne jamais aller contre la teneur de son vasselage, ni en tout, ni en partie; il constitua pour ses pleiges, Geoffroi d'Esch, Conon de Reuland, Ferri de Neuerbourg, Raoul de Sterpigny, le Seigneur de Brandenbourg, Louis d'Othey, Werre de Heisking (?), Warnier de Bourcy, consentant que ces seigneurs prissent les armes contre lui s'il manquait à sa  parole. (1)

 

1350: maisons nobles. "Quant aux seigneurs fieffés des Comtes de Vienne, ils se nommaient: Bourcy, Hozingen, Ham, Holveltz, Fischbach, Bettendorf et Erpeldange"....(2)

20 avril 1390: Le justicier  Marsilis de Bourscheidt règle un différent entre Huart d'Autel, Drossart de Luxembourg et le Seigneur de Burtzich (Bourcy) au sujet de la jouissance de biens et droits sur le villsge de Helzingen (Hochiville). Par défaut de défendeur, le seigneur de Bourcy perdit le procès et sa cause. Il paye 2000 florins de Mayence. (3)

Le 14 novembre 1464: Evert d'Orley, Seigneur de Vaulx et Barbe Taye, sa femme engagent leurs revenus pour 600 florins à Jean de Borchie (Bourcy) et à Else de Besselingen, conjoints.(4)

Au XVIe siècle, Jean de Biersdorff dit de Bellain, seigneur de Bondorf, épousa Catherine de Bourcy, dont l’enfant, Jean II de Biersdorf dit de Bondorff épouse A.M. de Breiderbach, demeurant et décédés à Niederwampach.

Le 20 janvier 1830, Hans de Birsdorf, co-seigneur de Bondorf reconnaît avoir reçu en fief, certains biens détenus par moitié, par Jeanne de Borcy veuve von der Heyden de Jegen, sa nièce et sont sis à Hosingen.(4)

 

Au XVIe siècle, Jeanne Yolande de Bourcy était prieure à Hosingen.

Les Sires successifs de Bourcy donnèrent à Hosingen plusieurs bien-fonds et des rentes considérables affectées sur les villages de Bourcy, Longvilly, Moinet, Limerlé et Gouvy.  Les archives de l'Abbaye ont conservé des obituaires qui témoignent que jusqu'en l'an 1765, on ne cessa de prier dons cette maison religieuse pour la famille de Bourcy qui en avait été la  constante bienfaitrice. La maison de Bourcy se serait donc éteinte au commencement du I7e siècle dans l'antique et illustre Haison de Wirnenbourg de Bondorf et par suite du mariage de Thérèse de Bourcy avec Jean de Wirnenbourg, tous deux inhumés à Niederwampach (5).

 

(1) inventaire des Chartes et Cart.du Mix.Comté puis Buchr :A.Verkooren.

(2) J.Bertholet: Histoire ecclésiastique du Duché de Lux.

(3) Arch. dioc. Liège. n° 1336

(4) J.Vannerus:le fief de Niederwempach.

(5) papiers J.M. Lauwers, Bxl.

 

(p.101) La famille de Bourcy s'est-elle bien éteinte avec le décès de Thérèse de Bourcy et de son époux Jean de Wirnenbourg ? Il nous est permis d'en douter, en lisant E.Tandel (1) qui mentionne que "le 26 mai 1782, eut lieu une transaction entre le seigneur de Hesgin, sgr de Gondelange et Jean Henri de Bourcy d'Aspelt, résidant à Steinbach. Celui-ci représentant le mineur délaissé par Charles Joseph de Beurthé, et à ce autorisé par noble seigneur de Coppin, sgr de Grainchamps, curateur du mineur."

"Le 16 juin 1784, Michel Joseph de Beurthé, seigneur de Steinbach et au­tres lieux et Henri de Bourcy, seigneur foncier de Kickausen, son beau-frère, font une fondation pour la célébration d'une messe annuelle à Gouvy."

Cette famille de Bourcy fut certainement alliée à bon nombre de familles nobles du Luxembourg.

A Villers la-Bonne-Eau et Hondelange (Gourdet) (2), "une dalle encastrée au nom de Alexandre de Monflin, celui-ci décédé en 1711, porte 24 quartiers de noblesse, dont les armes de Bourcy (3 coquilles et 2 merlettes), à côté des armoiries des familles Biersdorf, Breiderbach, Wampach, etc.

 

Elle se serait donc alliée également avec la famille de Steinbach, d'abord au XVIe siècle (Servais de Bourcy, gendre de Marguerite de Grumelscheid épse Georges de Steinbach) et comme il est cité ci-dessus, Henri de Bourcy, beau-frère de Michel J. de Beurthé-Spoux de Marie Gabrielle de Steinbach de Grumelscheid. (…)

 

(1) E.Tandel: Les communes Lux.T.IV, p.502 et 507.

(2) L.Gourdet: Armoiries gles.

 

(p.101-102) (…) (fin 16e- début 17e s.)

Voici donc Martin de Steinbach, Seigneur de Rouvroy, devenu seigneur foncier de la seigneurie de Haute Cour de Steinbach et Limerlé, des seigneuries de Bourcy, Oubourcy, Longvilly et Grumelscheid.

 

(p.103-4)(…) / (p.105) Un document signé J.F. D'Hoffschmidt, adjoint à la mairie de Noville, et adressé au Préfet de l'Arrondissement de Neufchâteau, fait part du décès du seigneur Jacques Joseph de Steinbach de Bourcy, après une maladie de 5 à 6 jours à son domicile à Bourcy. D'Hoffschmidt propose comme maire en remplacement, Monsieur Jean Maquart.(l)-mars 1809.

(…) La famille de Steinbach est certainement celle qui a le plus marqué la localité puisqu'elle s'y est maintenue jusqu'à la révolution.

 

LE CHATEAU   (Octave, 1973, 106)

 

Nous ignorons la date de construction du château. Ce fut sans doute d'abord une maison noble qui subit certainement au cours des siècles plusieurs transformations.

La date la plus ancienne se trouve sur le portique (1683) mais le château devait être antérieur à cette date. On a d'ailleurs retrouvé des vestiges de construction au pied de la façade arrière, lors du placement des conduites d'eau. L'ancienne tour du château aurait été démolie en 1792 par les propriétaires, qui, sachant que les troupes qui envahissaient notre patrie se montreraient plus exigeantes chez les propriétaires d'un donjon qu'auprès des paysans, procédèrent eux-mêmes à la démolition et sacrifièrent ainsi au principe d'égalité.(2)

Ajoutons que la tour carrée aurait été reconstruite en 1875 et une petite aile ajoutée en 1881. (Notes de Mr Delheid)

La date de 1749 " Carolus Josephus de Steinbach" sur le fronton de la porte d'entrée ne renseigne-t-elle pas également la date d'un agrandissement ou d'une transformation.

Le domaine fut vendu par la famille de Steinbach au citoyen Jean MAQUART, né le 28 décembre 1774 à Boemont (Département de la Meuse-France).Celui-ci dragon au 2ème régiment français s'établit à Bourcy en 1801.

Il fut nommé membre du collège électoral de Neufchâteau le 16 décembre 1810, mire de la commune de Noville après le décès de Jacques de Steinbach. Il fut conseiller à la commune de Longvilly en 1838. Il décéda à Bourcy le 28 juillet 1810 âgé de 67 ans.(…)

Z1Tchèstê

10:02 Écrit par justitia & veritas dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

3.1.1.2 Armwèrîes / armoiries

ARMOIRIES  (Octave, 1973, 107)

 

Le privilège, disons, le signe distinctif de la première noblesse fut le blason, les armes ou les armoiries.                                                                    ,

Le 1er blason de la famille DE BOURCY, serait "d'argent à la bande de sable chargée de 3 coquilles d'or, posées dans le sens de la bande, accompagnée de deux merlettes de sable". (1)

Plus tard, Bertholet et de Kessel (2) nous disent que la famille portait "d'argent à la bande de sable chargée de trois coquilles d'or, accompagnée de trois perdrix volantes de sable} deux en chef et une en pointe". Ces héraldistes ont sans doute repris le blason de la famille de Bourcy, laquelle peut avoir remplacé les deux merlettes par des perdrix au nombre de trois, pour un motif inconnu, ou pour donner plus de sens à la légende de Hosingen ? Nous retrouvons ce blason dans le tympan de la façade arrière du château, façade qui fut jadis, considérée comme entrée principale. Dans une pièce du château, une cheminée dont le manteau date de 1759, porte en creux sur une taque, ce même écu couronné, (la couronne perlée est une couronne comtale et le cimier un buste de chevalier.)

 

(1) L.GOURDET: Inventaire des blasons de la Prov. de Lux. pge

(2) Bertholet: Histoire ecclésiastique.p.216

(3) Ch. de Kessel: Armorial du Luxembourg. 1868, pge 39

(reconstitution des premières armoiries:)

Z1Ârmwèrîyes

00OKBorciPiel5

09:56 Écrit par justitia & veritas dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

3.1.1.2 Mwayèn-Adje / Moyen-Âge : ârmwèrîes do l' famile De Bourcy / armoiries de la famille De Bourcy

12Octave1973p107ârmwèrîyesfamileDEBOURCYa

09:53 Écrit par justitia & veritas dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

3.1.1.3 Histware / histoire: périôde autrichiène / période autrichienne: 1715-1792

3.1.3 Période autrichienne: 1715-1792 (Octave, 1973, 33)

 

Dans l'ensemble le règne de Marie-Thérèse fut relativement calme, contrairement à celui de son fils Joseph II qui lui succéda.

L'impératrice Marie-Thérèse apporta des réformes très appréciées:

- l'ordonnance du 18 mars 1743, qui obligea les curés à tenir les re­gistres des baptêmes, mariages et décès.

- le règlement du Conseil de Luxembourg pour l'établissement des mes­sagers dans les endroits de la province où il n'y avait pas encore de service de poste.

- le règlement donnant les dispositions relatives à la maladie des bêtes à cornes, épizootie qui faisait de nombreux ravages dans le bétail.

En 1777, l'élaboration du "cadastre" qui porte d'ailleurs son nom, sous une ordonnance ainsi conçue:

« .....tous les propriétaires, possesseurs ou dépositaires de biens fonds, ou immeubles quelconques, situés au Duché de Luxembourg et Comté de Chiny, sans nulle exception: ecclésiastiques, nobles ou ro­turiers, domiciliés ou forains, doivent fournir une déclaration exacte de tous leurs biens et revenus de quelque nature que ce soit.."

Ce travail dura 5 années, mais ce fut un travail de précision. Nous y reviendrons plus loin.

- ordonnance défendant de couper les grains avant leur maturité et avant qu'une décision ait été prise en pleine communauté à la pluralité des voix.

- autorisation aux communautés de la province de céder aux étrangers qui voudraient s'y établir, des emplacements pour y construire des maisons, soit dans l'enceinte du village ou à proximité. (Dans nos campagnes,les fermes flanquées de tours carrées ont été bâties sous le règne de Marie-Thérèse).

- ordonnance, fixant le prix des grains dans la province, le salaire des médecins, etc, etc..

 

Les ordonnances arrêtés-lois, envoyés de Vienne devaient être lues en chaire à la messe du dimanche et ce, durant deux dimanches consécutifs.

Le règne de son fils Joseph II fut une époque de despotisme systématique. Sa frénésie de réforme en matière religieuse ne connut plus de borne. Il désirait avoir en main un clergé, "éclairé" entièrement soumis à ses vues. La disparition des Ordres religieux jouait un rôle capital dans ses plans: on pourrait disposer d'une immense fortune pour les réformes. Les biens des couvents supprimés en 1783 furent administrés par le Domaine.

Des réquisitions et impôts de toutes sortes furent levés, ceux-ci d'au­tant plus pénibles que nos ancêtres avaient déjà tellement de difficul­tés pour vivre.

A titre documentaire, nous citons, ci-après l'ordonnance de 1789 (1)

Au receveur des Domaines de Bastogne.

« Pour déterminer la valeur en argent des Cens, Rentes et autres pres­tations dues en nature, nos receveurs des Domaines feront un relevé de leurs produits par années communes des années 1786-1787-1788, calculés sur le prix des ventes des denrées qui en font l'objet ou sur l'évaluation, suivant les cops, fractions ou hallages ».

 

(1) Jointes du Luxembourg, n° 267

 

(p.34) La fin de l'occupation autrichienne avec sa politique tatillonne se déroula dans le désordre avec des alternatives de succès et de revers. Les Autrichiens quitteront définitivement la Belgique après la bataille de Fleurus, gagnée par Jourdan en 1794, mais une partie du Luxembourg restera encore quelques temps aux mains des Autrichiens. La signature de la capitulation eut lieu à Luxembourg le 7 juin 1795.

09:48 Écrit par justitia & veritas dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

3.1.1.4 Histware / histoire: périôde francèse 1792-1815 / période française 1792-1815

3.1.1.4 Période française

 

OCCUPATION FRANÇAISE: 1792-1815 (Octave, 1973, 34)

 

Le 1er octobre 1795, la France proclama l'annexion de la Belgique et le 2 octobre, les troupes françaises entrèrent à Bastogne et occupèrent la région.

Le Département des Forêts fut constitué le 23 octobre 1795. Le 6 décembre 1796, les lois françaises sont déclarées exécutoires en Belgique.

Le 26 février 1797, le Directoire promulgue 456 arrêtés-lois, dont les principaux: le système métrique, le calendrier républicain, le Culte de l'Etre suprême, la loi Chapelier (travail), la sécularisation, les listes de proscription, la suppression des signes de féodalité, la nationalisation des biens du clergé, etc.

Les Français, maîtres déjà de l'ancienne province du Luxembourg, à l'ex­ception de sa  capitale, Luxembourg, devaient nécessairement organiser une administration civile pour remplacer l'administration autrichienne que la conquête venait de dissoudre.

Ils choisirent pour siège de cette administration provisoire, Saint-Hubert qui se trouvait sur la route de Bruxelles à Luxembourg. Le bâtiment de l'ancienne Abbaye pouvait se prêter facilement à l'installation des bu­reaux de l'administration républicaine.

L'Administration d'arrondissement jugea indispensable d'avoir à sa dispo­sition une police-armée, disséminée dans les différents points de l'Ar­rondissement, qui puisse assurer le  succès de  ses opérations. C'est ainsi qu'on comptait 270 hommes dans l'infanterie et 150 hommes dans la cavalerie dont 28 cavaliers à Houffalize, 50 à Bastogne, 25 à Neufchâteau et 50 à Saint Hubert, plus  60 hommes dans l'infanterie.

Tout n'alla  pas sans quelques résistances concernant les réquisitions incessantes, les différentes vexations,  la confiscation des denrées et des bêtes à cornes pour la  subsistance de la troupe.

Sur ordre du Préfet du Département des Forêts, la commune de Longvilly dut satisfaire une levée de chevaux pour le service du train des équi­pages militaires, en exécution de la loi du 25 mars 1812. La mairie devait fournir un cheval de la taille de 4 pieds, 7 pouces. Celle-ci, dans l'impossibilité de fournir le cheval réunissant les quali­té requises, fut dans l'obligation d'acheter ce cheval pour faire face à cette réquisition.

De plus, l'armée française, comme lors de toute opération militaire, traî­na derrière elle, des pillards, s'enrichissant au détriment des populations, sous prétexte parfois de fausses réquisitions. Les Français versèrent le contenu de toutes les caisses publiques dans celles de l'armée. Ils enlevè­rent des musées, des bibliothèques, tout ce qui était  précieux pour l'en­voyer en France.

 

(p.35) De tous les impôts établis par les Français, celui qui parut le plus dur fut la conscription qu'on appelait aussi " l'impôt du sang". Les jeunes gens du pays devaient servir la France et beaucoup trouvèrent la mort sur les champs de bataille. Les réfractaires cherchaient refuge dans les forêts. (L'écho des heurts entre l'autorité occupante et les "hors la loi ", nous est répercuté dans quelques arrêtés. (W.Lassance))

Il parut nécessaire au point de vue administratif, financier et judiciaire de créer une division territoriale en Départements et Cantons. L'arrêté du 2 juin 1796 divisa le Département des Forêts en arrondisse­ments et cantons sous préfecture: Neufchâteau comprenait Bastogne,  Fauvillers, Paliseul et Neufchâteau.

Le canton de Bastogne à cette époque comprenait 95 localités avec 5760 habitants. Bastogne,  seul, comptait 940 habitants.

On créa  également cinq tribunaux correctionnels: Luxembourg, Diekirch, Bitburg, St Vith et Habay. Habay pour les cantons de Virton, Etalle, Florenville, Paliseul, Bastogne et Neufchâteau.

Cinq notaires furent nommés pour exercer les fonctions de notaires publics à Bastogne: Nadin, Habay, André, Burnotte et Thiry.

La loi du 2 octobre 1795 avait prescrit la tenue, dans chaque commune, d'un registre civique dans lequel devait être inscrit le nom de tous les citoyens. Ceux-ci recevaient  "une carte civique"; c'est depuis lors que les registres furent tenus dans les communes et des pièces d'iden­tité distribuées, mais le modèle de celles-ci a  souvent changé au cours des années qui suivirent.

Dès 1796, l'Administration centrale décida l'application d'une loi rela­tive à l'établissement de garde-champêtres dans les communes.

Vers 1797, on essaya de réorganiser, modestement d'abord, les services de l'instruction publique et commença à paraître une "presse","L’écho des Forêts".

Avec Bonaparte, la lutte religieuse (voir plus loin histoire religieuse) cessa et la liberté des cultes fut rétablie.

Après l'abdication de l'Empereur en 1814, l'Administration devint plutôt interalliée,  les Russes, les Autrichiens et les Prussiens occupant le pays.

Le Luxembourg fut administré par deux gouverneurs généraux : Grunner, un Russe et Snack, un Prussien, résidant tous deux à Luxembourg.

 

Le 9 juin 1815, le Département des Forêts ayant cessé d'exister, le Luxembourg est promu au rang de Grand-Duché de Luxembourg, tandis que le Traité de Vienne intègre nos provinces dans le Royaume des Pays-Bas; mais chacun sait ce qu'il advint de cette union mal assortie entre les territoires du Nord et ceux du Sud.

Photo: Monument en hommage aux résistants luxembourgeois tués dans la région de Clervaux, à deux pas de Bourcy, en luttant contre l'occupant français, lors de la "Klëpppelkrich" (Guerre des Gourdins):

Z1MonumentzuKlierf

09:45 Écrit par justitia & veritas dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

3.1.1.5 Périôde holandèse / période hollandaise: 1815-1830

3.1.1.5 Période hollandaise: 1815-1830  (Octave, 1973, 38)

 

Le Congrès de Vienne remania la carte de l'Europe. L'attribution du Luxembourg au roi Guillaume Orange-Nassau fut signée le 9 juin 1815.

Ce fut une période de troubles, baignée d'incertitude, de passions politiques.

Guillaume 1er, à part une brève apparition à Arlon, s'est peu occupé de la province de Luxembourg durant les 15 années de son règne. Lorsque, mécontents du régime, la révolution des Belges en 1830, leur offrit l'occasion de s'en débarrasser, les Luxembourgeois furent vite entraînés par le vent de révolte qui soufflait.

Tandis qu'Arlon chassait la petite garnison hollandaise de cette ville, de nombreux volontaires partirent pour Bruxelles pour former un corps de Chasseurs luxembourgeois sous le' commandemant de l'avocat Dominique Claisse de Luxembourg. Nous trouvons comme volontaires pour Bastogne: H.Masbourg, J.P.Siville et P.F. Tosquinet qui dès le 1er octobre 1830 se rendit à Bruxelles à la tête de plusieurs de ses concitoyens qu'il entretint durant le voyage. Il se distingua à Waelhem et à Wilryck. Breveté sous-lieutenant le 9/11/1830, il passa au 2me chasseurs à pied le 30/9/1831, fut nommé lieutenant le 31/5/1834, et décéda tragiquement au camp de Beverlo le 25 juillet 1837. (1)

Le Luxembourg fut donc au 1er rang de la victoire remportée sur les Hollandais.

Le Musée royal de l'Armée conserve un uniforme de ce corps de volontaires (uniforme du volontaire Rogister  blouse de toile bleue sans passepoil de couleur; bonnet à flamme verte, tresse et floche de laine rouge, tur­ban de fourrure noire surchargé de grandes lettres de cuivre L.X.; houzeaux de velours brut à grosses côtes.(1)

Seize Luxembourgeois siégèrent au Congrès, dont Nothomb pour le district d’Arlon et Hubert Hasbourg pour Bastogne.

De 1831 à 1839, le représentant à 1a Chambre pour le district de Bastogne fut

F. D'Hoffschmit de Recogne.

 

Le 19 avril 1839 fut signé le traité des XXIV articles et avec l'accep­tation de Guillaume 1er, ce fut la séparation: notre province actuelle restn à la Belgique, tandis que l'autre partie demeura acquise au Grand-Duché indépendant.

 

(l) L.Leconte: Le 2me bataillon de tirailleurs ou les volontaires Luxem­bourgeois de Claisse. pages 13 et 16.

 

(p.39) Nous ne pouvons terminer cette page d'occupation hollandaise sans parler du fameux projet du"canal Meuse-Moselle", canal plus connu dans notre ré­gion sous le nom de "canal de Tavigny" ou "canal de Bernistap". Cette oeuvre considérable mérite bien que nous lui consacrions quelques lignes.

 

 

CANAL DE TAVIGNY dit aussi de BERNISTAP (1)

 

Entre 1815 et 1830, se trouvait donc sous le régime hollandais; par la conformation même de leur pays, tout en canaux, c'est aux bateaux que nos gouvernants de La Haye songèrent d'abord; et ils se mirent à dévelop­per le réseau des voies fluviales (canaliser la Sambre et la Meuse, creu­ser le canal de Gand à Terneuzen etc.

Ce fut alors que naquit le projet de réunir la Meuse liégeoise à la Moselle Luxembourgeoise et au Rhin, par l'Ourthe et la Sûre canalisées. Ce canal devait être une route de transit pour l'Allemagne et la France; en même temps qu'un canal d'exploitation agricole, le bateau était un moyen de trans­port facile et peu coûteux.

Le promoteur du projet, un futur colonel du génie de l'armée belge, Remy de Puydt, ingénieur de talent et voyant loin et large, avait procédé à diverses études. Il Etablissait, par des chiffres, la possibilité d'exé­cuter une voie navigable partant du confluent de l'Ourthe et de la Meuse, à Liège, et aboutissant au confluent de la Sûre et de la Moselle, à Wasserbillig, en remontant l'Ourthe et en descendant la Sûre.

L'alimentation de cette voie était assurée grâce au débit des deux rivières et par l'établissement de réservoirs suffisants. On utiliserait le lit de l'Ourthe entre Liège et Houffalize et, dans l'actuel Grand-Duché, le cours de la Woltz, puis de la Sûre.

Il prévoyait même plus tard deux embranchements au futur canal: l'un sur la commune de Rendeux s/Ourthe, qui rejoindrait la Lesse en aval de Rochefort et de là, le confluent de la Lesse et la Meuse.

Le second partirait d'Ettelbruck sur la Sûre et remonterait l'Alzette.

On pense plutôt, avec le recul du temps, que de Puydt proposait ces embran­chements pour faire croire ê. un projet de mise en valeur agricole de la Haute Ardenne et détourner l'attention hollandaise de la liaison fluviale qu'il établirait entre le Rhin et la Meuse. L'habile officier réussit très bien, ce projet étant favorable aux Hollandais, mais il ne réussit pas à intéresser les Belges à son entreprise. C'est probablement la raison pour laquelle le projet ne fut pas mené à bonne fin.

Le 1er juillet 1827, un arrêté royal accordait la concession à perpétuité du canal et de ses deux embranchements au groupe formant la "Société ano­nyme - Société du Luxembourg". L'acte de concession accordait un délai de 5 années pour terminer la liaison principale, plus deux ans pour l'exécu­tion des embranchements.

Dès le courant de 1827, les travaux commencèrent à l'embouchure de l'Ourthe, à Liège et, en même temps, à Wasserbillig. La voie principale était, pour la répartition dû travail, divisée en trois parties.

Le première comprenait le cours de l'Ourthe à une demi-lieue en amont du centre de Liège et jusqu'au confluent des 2 Ourthes en amont de La Roche.

 

(1) O. Petitjean: Revue Touring Club 1931/32

 

(p.40) La rivière devait être canalisée par des barrages établis dans son lit et 8l Ecluses à sas ménagées sur des canaux de dérivation. Chaque écluse devait mesurer 3 m50 de largeur sur 20 mètres de longueur, ce qui per­mettrait le passage des bateaux de 60 tonnes.

La seconde partie du tracé utiliserait la vallée de l'Ourthe, passerait par Houffalize pour atteindre l'embouchure d'un ruisseau dit  "du Moulin" (un peu en amont de Houffalize) et continuer sur Tavigny. Entre les deux Ourthes et Houffalize, on devait creuser un canal, soit dans le lit de la petite rivière dont les eaux seraient relevées par barrages,  soit dans des parties de rivières redressées. De Houffalize à Tavigny, on creuserait un canal particulier latéral à l'Ourthe et au ruisseau du Moulin. La lon­gueur totale de cette section devait être de 25.418 mètres: la chute de 170 mètres, nécessitant la construction de 37 écluses,  la plupart à sas multiples.

 

Dans la troisième partie, la section sud en pays Luxembourgeois, remon­terait la Wiltz jusque Kautenbach,  puis la Woltz par Wilwerwiltz et Clervaux. Elle obliquerait vers l'ouest au nord de Clervaux par le ruisseau de Troine et atteindrait, au-delà d'Asselborn, un bief de partage des eaux.  Ce bief s'étendrait entre Buret et le hameau Luxembourgeois Hoffelt. (commune de Hachiville). Sa longueur totale devait être de 5.370 mètres, comprenant,de part et d'autre d'untunnel de 2528 mètres de longueur,  deux sections à ciel ouvert.

L'art de l'ingénieur était de surmonter deux difficultés, l'alimentation en eau à un point du pays situé à plus de  500 m d'altitude au-dessus du niveau de la mer et le franchissement d'une crête qui, de part et d'autre des écluses d'accès au bief, se relevait de 60 mètres.

La partie la plus intéressante était donc le bief à établir entre la com­mune de Tavigny et celle de Hachiville. Il fallait l'établir à une côte qui permettrait d'amener les eaux du plateau environnant, ce qui imposait la nécessité de creuser le canal en tunnel sous la crête. L'emplacement avait été choisi à cause, précisément, des possibilités d'une alimentation abondante en eau, c'est-à-dire entre la première éclu­se ouvrant la descente vers la Meuse, à Bernistap,  et la première écluse descendant vers la Moselle, à Hoffelt, à 50 m environ en-dessous du pla­teau environnant et 60 m en-dessous de la crête de partage des bassins fluviaux.

 

De part et d'autre de cette crête, le bief fut établi à ciel ouvert: la distance entre l'écluse de Bernistap et l'entrée du tunnel, à Buret, est d'environ 2 km. Le travail y fut complètement exécuté;  c'était une tranchée qui allait en s'approfondissant, à mesure que le terrain se relevait, fut taillée dans le roc;  au point où cette tranchée atteignit 10 m 50 de profondeur,  il devint moins onéreux de commencer le souterrain. Celui-ci devait avoir 2.528 mètres de longueur. De sa  sortie orientale à l'écluse de Hoffelt, il n'y avait que 700 m environ de tranchée à creuser.  Cette tranchée fut  également creusée.

Le canal,  y compris le tunnel, suivait dans ce bief une ligne assez droite.

Deux ruisseaux,  celui de Tavigny et le ruisseau de Hachiville recueillaient par deux affluents principaux les eaux du haut plateau environnant. Le projet du colonel de Puydt drainait vers le bief de partage les eaux supé­rieures de ces quatre affluents principaux à l'aide de petits canaux (rigoles) au Sud, les ruisseaux de Boeur et Buret et au Nord les eaux du ruisseau de Roset,  et les ruisseaux de la partie grand-ducale.

 

(p.41) Les tranchées qui devaient amener le canal aux deux entrées du souter­rain furent commencées dans le courant de 1828. Le 13 janvier 1829, elles étaient terminées et l'on entama le percement du tunnel à Buret, percement qui fut long et difficile; la dureté de la roche, l'envahissement des eaux et la pauvreté des moyens à cette époque, ne permettaient d'avan­cer que d'environ 2 mètres par quinzaine.

L’endroit où la société avait établi le dépôt de son matériel, des ateliers de la cantine, etc., se trouvait tout en haut de la crête qui porta pendant longtemps le nom de « Chantier », petit hameau construit en cet endroit.

En août 1831, le tunnel s'enfonçait dans la montagne sur une longueur de 1300 mètres, dont la moitié était maçonnée (rapport officiel).

D'après les renseignements du chapelain de l'époque à Buret, les chiffres mentionnés dans les registres de la cure, sont un peu inférieurs aux précédents: longueur de 1130 mètres 20 cm.

Ces travaux avaient déjà coûté 1.500.000 frs dans ce secteur.

Les travaux, d'abord ralentis à la suite de la révolution de 1830, avaient été complètement abandonnés en août 1831. Il semble que cet abandon fut surtout imposé par manque d'argent. La Société avait arrêté ses travaux avec l'intention de les terminer quand le sort politique des territoires traversés serait fixé.

Après la révolution belge, les deux extrémités de cette voie appartenaient à deux Etats,  qui,  ayant le même souverain, pouvaient se concerter pour étrangler le trafic sur le parcours belge

intermédiaire. Le canal ne pou­vait plus compter, en toute hypothèse, sur un fret en provenance ou à des­tination de la Hollande libre de tous droits de douane et de navigation. Si tout ou une  partie du Luxembourg venait  à être enlevée à la Belgique, celle-ci ne pouvait garantir à la Société,  ni la  continuation des travaux en territoire grand-ducal jusqu'à la Moselle aux conditions de la conces­sion primitive, ni la liberté du trafic et  de l'exploitation convenue sans entraves douanières, péages et redevances sur le territoire grand-ducal.

En réponse au Gouvernement belge qui voulait des précisions sur les tra­vaux, la Société répondit qu'un achèvement  partiel ne l’intéressait  guère et que si le Gouvernement désirait qu'elle  canalisât l'Ourthe, il devait lui en fournir les fonds. Cette réponse  était une fin de non-recevoir: la Société maintenait tous ses droits et entendait rester seule juge de l'opportunité de la continuation des travaux.

La population du Luxembourg tenait au canal, et en 1836, deux députés de la province,  Bercer et  D'Hoffchsmidt dépecèrent a la Chambre une proposi­tion de  loi  pour la  continuation des travaux grâce au produit de  la vente des bois domaniaux en Luxembourg.

 

Mais en 1843, le problème avait changé d’aspect. La Belgique ayant décidé en 1834,  la  construction d'une ligne de chemin de fer d'Anvers-Cologne, avait rendu inutile l'achevèrent du canal,  Dès lors, une transaction s'im­posait. Par une convention conclue avec l'Etat belge en 1846, la Société fut libérée de construire le canal. En même temps la  Société obtenait la concession de la  ligne de chemin de fer de Bruxelles à Luxembourg.  Cette Société prit le nom de  "Grande Société du Luxembourg" et prit, pour objec­tif, celui de construire et d'exploiter aussi bien des voies ferries que des canaux.

Quant au tunnel, il a résisté, jusqu'à ce jour du moins, et le canal de Bernistap s'est rempli d'eau et est envahi par ses roseaux et les plantes sauvages. C'est une curiosité fort peu connue,  mais il est vrai que l'accès en est très malaisé.

09:38 Écrit par justitia & veritas dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

3.1.1.5 1815-1830: Bernistap

Z1bernistap2

09:37 Écrit par justitia & veritas dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |